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1973 – 1978 : Paris se replace sur la scène française

La période 1973-1978 restera comme la période du renouveau pour le Paris Saint-Germain. Sous l’impulsion de Daniel Hechter,le club va retrouver l’élite, mais va avoir du mal à directement jouer directement les premiers rôles. Entre premier matchs épiques et la fin peu glorieuse de la présidence Hechter, retour sur la renaissance du club de la capitale.

Août 1973 : Le Paris SG ce qui sera sa dernière saison en D2. Du côté des recrues, la star de l’été a pour nom Jean-Pierre Dogliani qui rejoint l’effectif toujours entrainé par Just Fontaine. Les rouges et bleus démarrent parfaitement cette saison par une victoire à Béziers. Du côté de la direction, Daniel Hechter est aux commandes, assisté notamment par Borelli. Le président se donne deux ans pour remonter en D1.

Octobre 1973 : Au bout de trois mois de compétitions, la position du club encourage Daniel Hechter à revoir ses objectifs à la hausse Il table désormais sur une montée dès la fin de la saison. Dans cette perspective, le président se met en quête de nouveau sponsors. Et c’est Bernard Brochant, tout juste arrivé au club qui va trouver une première solution sous la forme d’un contrat sponsoring-maillot. Le PSG signe ainsi avec Canada Dry, et s’offre ainsi le plus gros contrat jamais signé par un club de deuxième division. A cet accord, il faut rajouter une curieuse entente avec RTL. La station de radio s’engage sous la forme d’un prêt de 1 200 000 F (soit 182 939,38 euros), mais que le club devra rembourser s’il n’accède pas à la première division. Un risque énorme encouru par Daniel Hechter, car un échec du PSG équivaudrait presque à la mort du club.

11 novembre 1973 : Pour la première fois de son histoire, le PSG joue au Parc des Princes. Les joueurs s’échauffent devant la tribune Boulogne, c’est le début d’une longue tradition.

Mars/Avril 1974 : Le Paris Saint Germain initie ce qui deviendra une tradition : un brillant parcourt en Coupe de France. Le 2 mars, les Parisiens s’offrent Nancy, alors en D1, lors du match aller des seizièmes de finale. Un match nul au match retour au Parc des Princes devant 18 000 spectateurs, leur ouvre les portes des huitièmes. Au tour suivant, c’est Metz qui se dresse face à l’équipe de Just Fontaine. Comme au tour précédent, Paris s’offre une victoire en Lorraine. Malgré les réticences du PFC, le PSG retrouve le Parc pour le match retour, le tout devant 25 000 spectateurs qui voient le club accéder au tour suivant. Une première épopée qui sera stoppée par le grand Reims et son attaquant vedette Carlos Bianchi.

4 juin 1974 : L’avenir du PSG se joue au Parc face à Valenciennes. Ayant laissé des forces en Coupe de France, les parisiens ont accroché une place de barragiste. Battu 2-1 au match aller, les joueurs de Just Fontaine n’ont pas le droit à l’erreur. Dans un Parc bien garni et au terme d’un match épique, le PSG bat Valenciennes 4-2 et accède à la première division qu’il ne quittera plus.

Juillet/Août 1974 : Pour cette première saison en D1, le PSG ne modifie pas radicalement son effectif. Pantelic arrive de Bastia et va, sans le savoir, lancer la tradition des grands gardiens au PSG. Enfin un certain Mustapha Dahleb arrive de Sedan pour la somme record de 1 400 000 F. Just Fontaine et Paris débutent la saison en première division par une victoire à Sochaux. Le 13 août, devant 14 000 spectateurs, le club de la capitale dispute son premier match de Championnat de D1 au Parc des Princes. Le premier buteur « historique » est François M’Pelé.

13 mai 1975 : La tradition Coupe de France reprend ses bonnes habitudes. Après un bon match nul 2-2 obtenu face à Marseille au stade Vélodrome, le PSG s’impose devant 46 471 spectateurs et accède pour la première fois aux demi-finales de l’épreuve. C’est le RC Lens qui mettra fin aux espoirs d’une première finale nationale. Du côté du championnat, Paris terminera cette première saison en D1 à une bonne quinzième place.

Juin 1975 : Pour cette deuxième saison en première division, le club mise sur la stabilité, avec l’arrivée en provenance du Benfica du défenseur Humberto.

4 novembre 1975 : Le Paris Saint-Germain inaugure son centre de formation à Saint-Germain-en-Laye. La direction est confiée à Pierre Alonzo.

Décembre 1975 : Pourtant amis inséparables, c’est le début du feuilleton Fontaine-Dogliani. En décembre, alors que le PSG n’est pas au mieux en championnat, Just Fontaine est menacé. Daniel Hechter exige une réaction, et pour cela le coach parisien décide de procéder à des changements. Il appel deux jeunes issus du centre de formation : Pilorget et Brisson mais écarte Jean-Pierre Dogliani du groupe qui affronte Reims. Le message est clair, plus aucun joueur n’est titulaire indiscutable. Durant un match amical pendant la trêve hivernal, Fontaine confie le brassard à Humberto. Une décision qui déclenchera la colère de l’attaquant. Il décide alors de quitter le groupe et de rentrer à Paris. Daniel Hechter doit alors intervenir et décide que Doglianidoit jouer, désavouant ainsi son entraîneur. Lors de la 22ème journée, Paris s’impose 4-2 face à Lens avec un doublé de Jean-Pierre Dogliani. A la fin du match, il déclarera qu’il n’a plus confiance en son coach. Le lendemain, les deux anciens amis sont tout près d’en venir aux mains, mais Pantelic et Humberto interviennent. L’attaquant parisien annonce qu’il met un terme à sa carrière. Convoqué au siège pour son attitude, il s’en sortira avec 10 000 F d’amende (soit 1500 euros). La rupture entre les deux hommes sera définitivement consommée quelques jours plus tard. Hechter et Dogliani sont invité d’une émission sur France Inter. Mais quand l’attaquant découvre que Just Fontaine est lui aussi invité, il menace de quitter le plateau, retenu par son président. A la fin, l’animateur Jean-Pierre Elkabbach demande aux deux hommes de se serrer la main. Ils refusent, se lèvent et partent. La réconciliation est impossible.

Juin 1976 : Just Fontaine et Jean Pierre Dogliani quittent le club. En trois années, le coach parisien aura emmené le club en D1, participé à deux quarts de finale et une demi-finale de Coupe de France. C’est Velibor Vasovic, capitaine de l’Ajax championne d’Europe 1971, qui devient le nouvel entraîneur du PSG.

18 septembre 1976 : Les jeunes supporters du club se rassemblent en tribune K, encadrés par Christian Dumont, membre de l’association des Amis du PSG. C’est aussi la naissance officieuse du Kop K.

Juillet 1977 : Jean-Michel Larqué arrive avec un rôle hybride de joueur/entraineur. Daniel Hechter fait aussi signer Carlos Bianchi en provenance de Reims. Arrive aussi un jeune appelé un peu bossu, pas très élégant du nom de Luis Fernandez et destiné à être appelé avec le groupe professionnel au cours de la saison.

Décembre 1977 : La commission de la Ligue, après enquête, dévoile le dossier des comptes truqués du PSG. L’affaire commence réellement en janvier. Daniel Hechter, rentrant d’un séjour à l’étranger, découvre, à la Une de l’Équipe, sa photo avec au-dessus la mention « Wanted ». Dès lors, les principaux acteurs vont se renvoyer la responsabilité. L’accusation porte sur la vente de billets scolaire, de fausses déclarations de recettes et une double billetterie, qui auraient servi à alimenter une caisse noire pour payer les joueurs. Le 3 janvier, Hechter reconnait le système de la double billetterie mais déclare qu’elle fonctionnait à son issu. Le 6 du même mois, le président du PSG est radié à vie par la FFF. La fin de son aventure parisienne. Le 8, Paris bat l’OM 5-1 au Parc. Avant le match, Daniel Hechter se présente en tribune C rouge, ou très vite des applaudissements et des cris « Hechter, Hechter… » descendent des tribunes. A la fin du match, Dahleb vient lui offrir le ballon du match et l’ancien président est porté en triomphe par tous les joueurs.

9 janvier 1978Francis Borelli, jusqu’alors vice-président du club, est le nouveau patron du PSG. L’ère Borelli peut désormais commencer.

 

Arnaud de La Taille

Paris United

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