À dix jours de la finale de Ligue des champions à Budapest face à Arsenal, le PSG a ouvert ses portes ce mercredi pour son Media Day au Campus de Poissy. Plus de 150 médias du monde entier sont venus écouter Luis Enrique et ses joueurs. Le message du staff parisien est clair, malgré le statut de tenant du titre : Arsenal est l'adversaire le plus complet possible.
Quatre angles ressortent de cette journée : la déférence appuyée de Luis Enrique envers Arteta et son équipe, l'incertitude autour d'Ousmane Dembélé, l'effervescence parisienne avec 210 000 supporters en attente d'une place pour la diffusion au Parc, et les confidences plus personnelles du coach espagnol sur sa fin de carrière.
Luis Enrique en VRP des Gunners
Le ton donné par le technicien asturien tranche avec la position de favori que beaucoup voudraient coller au PSG. « Sans le ballon, ils sont la meilleure équipe au monde, sans aucun doute. Avec le ballon, ils peuvent marquer beaucoup. C'est une combinaison merveilleuse » (TNT Sports, Royaume-Uni).
L'éloge se prolonge sur le plan tactique et statistique. « Statistiquement, ils sont les plus forts au monde en défense, ils savent défendre bas et presser haut. Mais ils savent aussi attaquer et garder le ballon. Contre eux, nous n'avons jamais eu la possession » (Gazzetta dello Sport, Italie). Référence directe à la double confrontation de la saison précédente en demi-finale, gagnée par Paris à l'aller comme au retour.
Luis Enrique ne s'arrête pas aux joueurs : il rend hommage à son homologue Mikel Arteta, qu'il a côtoyé au Barça. « Avec Arteta, j'ai partagé une année au Barcelone. Il était un gamin (ragazzino). Je le retrouve comme l'un des meilleurs entraîneurs. Ce n'est pas un hasard s'il a beaucoup appris de Guardiola à City » (Gazzetta dello Sport, Italie). Et de glisser, lucide : « À la fin, l'un de nous devra pleurer. J'espère gagner. »
Le vestiaire parisien refuse le statut de favori
Le discours de prudence descend jusqu'au vestiaire. Lucas Hernandez, passé en zone mixte, balaie l'étiquette : « Parler de favoris dans une finale, c'est un peu trop. Cela va être une grande finale contre le champion d'Angleterre. Ce sera un match où ce sera 50-50 » (Yahoo Actualités France, citant le Media Day).
Warren Zaïre-Emery embraie sur la même ligne : « Il n'y a aucun favori » (Yahoo France). Nuno Mendes, lui, pointe une vraie inquiétude tactique. « Ils profitent beaucoup de coups de pieds arrêtés. On n'a pas de joueurs aussi grands » (Yahoo France). Une différence morphologique que Luis Enrique relativise : « Nous sommes une équipe basse de taille moyenne, mais qui défend bien sur ces coups de pied arrêtés » (O Povo, Brésil ; T13, International).
Hernandez insiste sur la portée historique. « On continue à créer l'histoire, à faire l'histoire de ce club, aussi un peu créer l'histoire de la France. Ce n'est jamais facile d'arriver deux fois d'affilée en finale de Ligue des champions » (Foot Mercato, France).
Dembélé absent de l'entraînement ouvert
L'inconnue physique du moment porte un nom : Ousmane Dembélé. L'attaquant français n'a pas participé à la séance ouverte aux médias et soigne toujours une lésion au mollet droit, contractée lors de la défaite face au Paris FC le week-end dernier (O Povo, Brésil).
Aucun calendrier de retour précis n'a été communiqué par le club. Désiré Doué, lui, semblait détendu après la séance : « Nous sommes impatients, l'ambiance est à la joie » (T13, International). Mais l'incertitude Dembélé reste l'angle médical numéro un à dix jours de Budapest.
210 000 supporters sur liste d'attente pour la diffusion au Parc
Le chiffre donne le tournis et dit tout de l'effervescence dans la capitale. Le PSG met en vente les 10 000 places restantes pour la diffusion sur écran géant au Parc des Princes, d'abord réservée aux membres MyParis. Derrière, 210 000 personnes sont sur liste d'attente pour espérer décrocher un sésame, selon le journaliste Bruno Salomon d'Ici Île-de-France, relayé par Foot01.
À titre de comparaison, l'UEFA n'a attribué qu'un peu plus de 17 000 places au PSG pour la finale à la Puskás Aréna de Budapest le 30 mai. L'écart entre l'offre et la demande est tel qu'une simple projection sur écran géant devient un événement à part entière dans Paris.
Côté Arsenal : sacre, fête à Mayfair et dix jours pour basculer
Les Gunners arrivent à Budapest avec un titre de Premier League en poche, le premier depuis 2004 (lepetitjournal.com, International ; L'Équipe, France). Le sacre a été scellé mardi soir par le match nul de Manchester City à Bournemouth (1-1), but du Français Elie Kroupi avant l'égalisation d'Erling Haaland (Ekhbary, International).
L'Équipe rapporte des détails sur les festivités londoniennes : les Gunners ont fêté le titre à Colney, puis dans une boîte du quartier chic de Mayfair, certains joueurs étant aperçus aux abords de l'Emirates Stadium à 5 heures du matin. Mikel Arteta n'a pas pris part au début des célébrations et a rejoint ses joueurs plus tard, en leur rappelant l'objectif Budapest. Pas de stage prévu : Arsenal prépare la finale depuis son centre d'entraînement de Colney, avec un Media Day organisé jeudi.
Ce que la presse française n'a pas relayé : la confidence sur les 60 ans
L'angle le plus personnel de la journée n'a pas été traité dans les médias français, mais dans une interview à La Nueva España (Espagne, via Levante-EMV). Luis Enrique s'y confie sur son rapport au temps et à la fin de carrière.
« Je ne veux pas être le grand-père cebolleta qui continue d'entraîner... J'espère ne pas me voir au-delà de soixante ans » (La Nueva España, Espagne). À 56 ans, l'Asturien évoque aussi la longueur épuisante de la saison, enchaînée avec le Mondial des clubs sans temps de célébration après le premier sacre européen : « Cette saison a été épuisante, exigeante et avec beaucoup de blessures. Mentalement, je suis prêt pour une autre finale. »
Une déclaration qui résonne autrement à dix jours d'une finale où une victoire ferait de lui un double vainqueur consécutif de la C1 avec Paris, ce qu'aucun entraîneur n'a fait dans l'histoire du football français.
Ce qu'il reste à régler côté parisien
Tout n'est pas calé à dix jours du coup d'envoi. L'état physique de Dembélé reste l'inconnue majeure et conditionnera une partie du dispositif offensif. La gestion des coups de pied arrêtés, pointée par Nuno Mendes et reconnue indirectement par Luis Enrique, sera un chantier des derniers entraînements, alors que l'écart de gabarit avec Arsenal est réel.
Sur le plan mental, le PSG affiche un mélange de confiance tranquille et de respect appuyé envers son adversaire. La déférence martelée par Luis Enrique peut se lire de deux façons : hommage sincère au champion d'Angleterre, ou outil de gestion pour éviter l'excès de confiance dans un groupe qui a déjà soulevé la coupe il y a un an face à l'Inter (5-0). Réponse le 30 mai à Budapest.