Le Club

Période 1978 – 1991 : l’ère Borelli, là où tout a commencé

Après l’histoire de la double billetterie et la radiation de Daniel Hechter, Francis Borelli est nommé président du PSG en 1978. Quelques années plus tard, le club se fait un nom sur la scène nationale, et ses premières apparitions sur la scène européenne.  

 

Rien n’aurait pu arriver

“Qu’importe, on pourra même me traiter de fou. Il n’y a que ces couleurs parisiennes qui illuminent mon cœur.” Cette citation montre à quel point Francis Borelli aimait et avait cette passion inégalable pour son club. L’homme à la mallette noire devient président du Paris-Saint-Germain en lieu et place de Daniel Hechter suite au scandale de la double billetterie du Parc des Princes. Durant les treize saisons sous sa direction, le club connaît ses premiers trophées et s’installe dans l’élite du football français.  Mais rien de tout ça n’aurait pu arriver. Le 2 octobre 1978, Jacques Chirac alors maire de Paris, déclare vouloir créer une association rassemblant le Racing, le Paris FC et la station de radio Europe 1. Une société appelée “Paris 1” qui deviendrait le seul club parisien, ce qui induit la fusion avec le PSG. Le 23 juin 1979, ce projet est définitivement mis aux oubliettes suite à la relégation du Paris FC. Chose insolite cette saison-là, Francis Borelli va connaître une double fonction. Le 4 novembre 1978, Paris se déplace à Monaco sans entraîneur suite à la démission de Pierre Alonzo. C’est alors le président qui fait la composition d’équipe ! Une première (et sûrement dernière) dans l’histoire du club. Le club de la Principauté l’emportera 2 buts à 1.

    

Premiers trophées

Installé dans la première partie de tableau depuis 1979, le club de la capitale va connaître ses premières heures de gloire en 1982. Cette année-là, les joueurs de Georges Peyroche remportent la Coupe de France, et donc le premier trophée de son histoire, après une finale épique contre Saint-Etienne (à voir dans la suite de la saga). Ce qui donnera naissance à l’image la plus émouvante du club. Celle de Francis Borelli embrassant la pelouse du Parc alors que la rencontre n’est pas encore finie. « Le but de Rocheteau, c’est le moment le plus intense de ma vie. Je n’y croyais plus. C’était cuit, pour plaisanter, je disais aux gens à côté de moi : «on ne peut pas ne pas égaliser !». Et puis Rocheteau a marqué… C’était la délivrance ! L’explosion de joie ! Impensable… Alors, j’ai embrassé la pelouse, cette terre bénie du Parc, pour remercier le ciel… comme les Musulmans que je voyais en Tunisie, qui embrassaient la terre pour remercier leur Dieu. » La saison suivante, bis repetita, face à Nantes cette fois. Sacrés champions de France, les Canaris réalisent une saison exceptionnelle et se dirigent vers le doublé en menant à la mi-te mps (1-2). Mais le PSG a recruté un joyau l’été précédent. Safet Susic remet les compteurs à zéro en seconde période, avant de donner le but victorieux à Toko. L’histoire d’amour entre la Coupe de France et Paris prend forme. Lors de la saison 1984-1985 et malgré une finale en Coupe de France perdue face à Monaco, le club connaît une saison difficile avec une 13e place en championnat. La saison suivante, Gérard Houiller prend la place de Georges Peyroche à la tête de l’équipe et remporte le titre de champion de France pour la première fois de son histoire. Emmenée par Joël Bats, Luis Fernandez, Dominique Rocheteau et l’artiste Safet Sušić qui illumine le championnat, l’équipe reste invaincue pendant 26 matches. La suite sera nettement moins heureuse. Un an après son premier sacre, le PSG termine à la septième place. En 1988, le club de la capitale frôle la catastrophe. Son public ne répond plus présent depuis le succès deux ans auparavant et en mai, Paris se retrouve à une piètre 19e place à quatre journées de la fin. Déficitaire depuis un moment, le PSG ne se remettrait pas en cas de descente en deuxième division. Francis Borelli va alors laisser son cœur parler. Et tant pis pour la recette. Le président laisse aux supporters un accès GRATUIT au Parc des Princes pour les deux dernières rencontres. Ces derniers doivent sauver le club. Le 14 mai, les 38.512 spectateurs du match PSG – Auxerre aideront leurs protégés à égaliser en toute fin de match (1-1). Deux semaines après, le club se sauve définitivement grâce à sa victoire face à Lens devant 35.624 spectateurs (4-1). Francis Borelli a réussi son coup.

 

Premières épopées européennes

Lors de la saison 1982-1983, les joueurs parisiens jouent l’Europe pour la première fois. Ils atteindront les quarts de finale de la Coupe des coupes face aux Belges de Waterschei (2-0 à l’aller, 0-3 au retour). C’est lors de cette rencontre au Parc des Princes que le record d’affluence est le plus élevé avec 49.575 spectateurs. La saison suivante, le club de la capitale joue une nouvelle fois l’ancienne Ligue des Champions (la Coupe des clubs champions). Cette fois, les Parisiens se font éliminer en huitièmes de finale par la Juventus (2-2 à domicile et 0-0 à l’extérieur).

Mais toute belle histoire a une fin. Et celle de Francis Borelli est triste. Résistant à l’assaut du Matra, qui pendant cinq saisons tente de ravir au PSG sa position de numéro un dans la capitale, l’homme qui a donné ses premières heures de gloire au PSG et son système de gestion à l’ancienne se trouvent à bout de souffle. Même le kop de Boulogne veut sa démission. Il finira par céder le club en 1991 à Canal Plus. Et laisser un dernier message aux supporters : « Mes derniers mots vont aux supporters, à qui je demande de soutenir leur club. Ce sera là ma dernière volonté de président. […] Vive le PSG ! »

Mehdi