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La création du PSG de 1970 à 1973

Le Paris Saint-Germain, PSG, trois lettres qui évoquent le club de notre capitale. Trois lettres qui sont au cœur de lHistoire dun club aujourdhui devenu un grand parmi les grands. Né de la fusion de deux club franciliens, le Stade Saint Germanois et le Paris Football Club, le Paris Saint-Germain a connu de nombreuses péripéties, tant dans son développement que dans sa création.

 

À la croisée des chemins

Le Stade Saint Germanois est créé en 1904 à l’occasion de l’inauguration des installations sportives du Camp des Loges. Le club amateur entame alors sa carrière en « Promotion de Première Division », l’équivalent à l’époque de notre Nationale 2 actuelle.

Henri Patrelle, président du Stade Saint Germanois

En 1969, alors que le Stade Saint Germanois évolue toujours en Division 4 (équivalent de notre actuelle Nationale 2), force est de constater que la capitale est sous-représentée en première division. Parmi les rares clubs franciliens compétitifs à cette époque, on compte le Racing Club de Paris, qui se voit contraint d’abandonner son statut de professionnel en 1966, faute de moyens et le Red Star qui finit par fusionner avec le Toulouse FC en 1967.

Paris est alors la seule capitale européenne à ne pas être représentée dans son championnat national. La Fédération Française de Football décide donc de la mise en place d’une commission chargée de la création de ce qui deviendra par la suite le Paris Football Club.

Fernand Sastre, à gauche sur la photo

La commission se compose essentiellement de Fernand Sastre, secrétaire général de la FFF à l’époque, Guy Crescent, PDG de Calberson (géant des transports de fret et de la messagerie dans les années 60) et de Henri Patrelle, président du Stade Saint Germanois et vice-président de la FFF.

Après une première assemblée générale en juillet 1969, les trois amis se lancent dans une tournée des plus grands clubs européens pour s’inspirer des modèles en vigueur. À ce moment là, le Paris FC n’a encore ni joueurs, ni locaux. Pierre-Etienne Guyot est débauché de son poste de vice-président du Racing Club de France pour occuper le poste président du PFC.

En visite à Madrid, Guy Crescent rencontre Santiago Barnabeu en personne. Lors de cette entrevue, le président du Real Madrid conseille à Crescent : « Ne comptez que sur vous et sur l’amour des parisiens. Commencez au plus bas comme nous l’avons fait et un jour, peut-être, nous retrouverons-nous face à face au plus haut. ».

Convaincu par le modèle des Socios, Crescent revient à Paris avec l’intention de lancer un appel à contribution publique. Avec un droit d’entrée fixé à 25 francs minimum (environs 4 euros), les parisiens peuvent alors contribuer financièrement à la vie de leur club. Une campagne de communication massive est alors déployée. En février 1970, suite à l’appel d’un certain Pierre Bellemare à l’antenne d’Europe 1, plus de 17 400 personnes s’engagent comme futurs sociétaires du club.

 

« Un acte de foi »

Guy Crescent

La saison 1970-1971 approche à grand pas, et devant le refus de la ligue d’autoriser le Paris FC à entrer directement en première division, les dirigeants du club, encore virtuel, commencent à envisager une fusion avec un autre club de Ligue 1. Le Racing Club de Paris-Sedan, à l’époque 3du championnat refuse la proposition du Paris FC. Les mots de Bernabeu résonnent encore dans la tête de Guy Crescent quand celui-ci décide, avec Henri Patrelle, de considérer une fusion avec le Stade Saint Germanois. Le club de Patrelle est sur le point de décrocher sa promotion en 2division lorsque l’idée est soumise à une assemblée générale extraordinaire en mai 1970. Un mois plus tard naît le Paris Saint Germain Football Club, communément appelé « PSG ». Couchée sur papier le 10 juin, la fusion est effective le 17 juin 1970. Les couleurs Bleu et Rouge de la ville de Paris sont associées au Blanc royal de la ville de Saint-Germain-en-Laye pour l’étendard du club. Le siège social déménage de la mairie de Saint-Germain-en-Laye au 17arrondissement de Paris.

Premier logo du club

Henri Patrelle cède sa place de président à Pierre-Etienne Guyot, en échange dun poste de vice-président, au même titre que Guy Crescent. Fernand Sastre, le troisième des pères fondateurs est nommé membre du bureau. Pierre Phelippon, entraîneur-joueur du Stade Saint Germanois et principal responsable de la promotion du club en deuxième division, est maintenu au poste d’entraîneur du Paris Saint Germain FC pour la saison 1970-1971.

L’été 1970, le club accueille ses premiers joueurs professionnels : Jean-Claude Bras (25 ans, attaquant), Jacques Rémond (22 ans, milieu), Jean-Pierre Destrumelle (29 ans, milieu), Roland Mitoraj (30 ans, défenseur) ainsi qu’un certain Jean Djorkaeff (31 ans, défenseur) alors capitaine de l’équipe de France.

 

Objectif D1

L’objectif du club est clair : rouler sur la Division 2 (actuelle Ligue 2) et s’imposer comme un concurrent viable de première division dès sa deuxième année d’existence. Le PSG joue son premier match de D2 le 23 août 1970 à Poitiers (nul 1-1) et ré-affronte le Stade Poitevin lors de la dernière journée le 30 mai 1971 (victoire 4-1). A l’issue d’une saison ponctuée de 17 victoires, 11 nuls et 2 défaites, le PSG termine premier du groupe Centre. En poule finale, le PSG fait match nul, 2 buts partout, contre l’AS Monaco (premier du groupe Sud) et bat le LOSC (premier du groupe Nord), 4 buts à 2. À l’issue de sa première saison d’existence, le PSG termine Champion de France de D2 et gagne son passeport pour la première division. Côté finances, le club affiche une recette nette de plus d’1,5 million de francs (environ 155.000 euros).

Effectif 1970 – 1971

Devant un tel succès, la ville de Paris se propose de subventionner le club et de lui ouvrir les portes du Parc des Princes dès la fin de sa rénovation prévue pour l’été 1972. En échange, deux membres du conseil de Paris rejoignent le conseil d’administration du club. Le PSG commence alors sa première saison en D1 par une défaite contre Angers (2-0) et plafonne à la 6place du classement après 8 journées de championnat.

En marge de la compétition, pendant la trêve hivernale, le conseil de Paris vote une condition supplémentaire aux subventions qu’il reverse au club : le changement du nom du club en « Paris Football Club ». Henri Patrelle, alors vice-président du PSG et ex-président du Stade Saint Germanois s’y oppose vivement, menaçant de démissionner si cette mesure est acceptée. Mais la mairie de Paris persiste et signe : si le club ne change pas de nom avant le 1e rjuillet 1972, il devra rembourser l’intégralité des subventions cumulées jusqu’alors.

Sportivement, le PSG sombre après la trêve hivernale et termine la saison 16e, à deux places de la zone rouge. Ses homologues promus, l’ASM et le LOSC, eux, sont relégués en D2. En interne, lultimatum posé par la mairie de Paris divise. C’est lors de l’assemblée générale des associés (au nombre de 1191 précisément), le 16 mai 1972 que la motion est rejetée par 3 voix – 623 votes favorables alors que la majorité requise est de 626 voix. Malgré cette victoire du « non », la scission en interne est profonde – en atteste un résultat de vote serré – et une rupture semble inévitable.

 

Une scission douloureuse

Daniel Hechter, à droite.

Le divorce est consommé le 24 mai 1972 entre le Paris FC de Guy Crescent et le Paris Saint Germain d’Henri Patrelle. Ce dernier, fidèle à ses convictions, tient à conserver le nom de « Paris Saint-Germain » et déménage son siège social dans le premier arrondissement de la capitale plutôt que de le rapatrier à Saint-Germain-en-Laye. Le Paris FC conserve alors l’intégralité des joueurs professionnels de l’effectif et est maintenu en première division. Le PSG, lui, est relégué en D3 et doit compter sur les joueurs amateurs de l’effectif initial pour se reconstruire ; le tout, sous le contrôle de la Ligue et de la FFF.

Robert Vicot, qui sort d’une saison remarquable avec les juniors (demi-finale de coupe Gambardella) est pressenti au poste d’entraîneur de l’équipe première pour la saison 1972-1973. Entouré d’anciens juniors et de réservistes, Vicot parvient en une saison à mener le PSG en D2. En juin 1972, le club remporte la coupe de Paris. Le soir de la finale, Henri Patrelle rejoint ses joueurs dans le vestiaire pour leur annoncer l’arrivée au club de nouvelles parties prenantes. A ses côtés : Jean-Paul Belmondo, Just Fontaine et Daniel Hechter

 

Soufiane

 

Bibliographie / Sources

Daniel RIOLO (2010), « L’histoire du Paris Saint Germain », éd. Hugo Sport

PSG :  Ce club qui a failli ne pas exister – Jean-Noël Touron & Sébastien Parraud (documentaire)

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