Nuno Mendes forfait pour plusieurs semaines, le poste de latéral gauche était le seul vrai point d’interrogation de la composition parisienne. Lucas Digne, recruté cet été pour doubler le Portugais, avait débuté les deux derniers matches de Ligue 1. Warren Zaïre-Emery était donné favori par plusieurs observateurs, RMC Sport rapportant que des voix plaidaient pour lui. Luis Enrique a pris une troisième voie : un homme de la charnière centrale, 30 ans, champion du monde 2018.
Le choix avait de quoi surprendre. Hernandez n’avait plus été titulaire en Ligue des champions depuis le 29 janvier 2025 à Stuttgart, soit vingt et un mois, comme le rappelle Le Parisien. Il sortait surtout d’une saison où il avait reculé dans la hiérarchie des défenseurs gauches, derrière Mendes, Digne et Zaïre-Emery.
Ce que Luis Enrique en a dit
En conférence de presse, un journaliste de L’Équipe est revenu sur ce choix présenté comme l’un des forts du coup d’envoi, et sur la performance du Français. L’entraîneur parisien n’a pas esquivé.
« C’est évident. On a un joueur comme Lucas Hernandez, avec son expérience, il a fait un marquage incroyable sur l’un des meilleurs joueurs au monde. Il a tout fait bien et il a marqué un but. Il le mérite car c’est un joueur qui a de l’énergie, qui est positif, qui fait profiter de son expérience. Je suis content pour lui. »
Au micro de Canal+, il avait ajouté une phrase qui dit le fond de son raisonnement : « C’est un joueur d’expérience, toujours prêt avec de l’ambition. On savait avant le match qu’il ferait du bon travail. Il est agressif et il ne fait pas de faute ridicule. »
Un marquage, pas une cage
Sur le terrain, le contrat est rempli. RMC Sport décrit un Lamine Yamal « fantomatique » pendant tout le premier acte, incapable de se détacher d’un défenseur qui ne lui a laissé aucun espace, y compris sur les phases de pressing dans le camp parisien. Hernandez a même débordé de sa zone pour venir épauler Achraf Hakimi, en difficulté à droite.
Il y a une réserve, et elle est de taille. Sur l’égalisation catalane, Hernandez a suivi Yamal et laissé Xavi Espart filer dans son dos pour tromper Matvey Safonov (1-1, 55e). Vouloir coller l’ailier a coûté un but. Le reste de la soirée a montré un défenseur qui serrait les dents, aidé par le repli de Khvicha Kvaratskhelia jusqu’à sa sortie sur blessure.
Sa sortie, à la 78e, a coïncidé avec le seul moment où Yamal a réellement pesé. Warren Zaïre-Emery a pris sa place, et l’ailier l’a éliminé dans leur premier duel pour égaliser (2-2, 79e). Il serait donc faux de dire que le Français a éteint Yamal. Il l’a tenu à distance tant qu’il était sur la pelouse, ce qui n’est déjà pas rien. Vitinha (81e) et Fabián Ruiz (86e) ont ensuite réglé la soirée.
Le but, et une sortie sous les ovations
Le but est venu à la 72e, sur un corner de Désiré Doué. Une tête pour replacer Paris devant (2-1), quelques instants après un poteau de Ferran Torres. La rédaction lui a attribué la note de 7,25, la troisième du PSG derrière Doué (8,88) et Fabián Ruiz (8,02). En 78 minutes : un but, trois tacles et cinq duels gagnés, selon les données SportMonks.
Le Parc l’a salué à sa sortie, et Le Parisien a parlé le lendemain d’une « cape de Super-héros ». Le Monde a titré sur un « héros inattendu ». Deux formules qui disent la même chose : personne n’attendait Hernandez à ce niveau, à cet endroit du terrain.
Ce que ça change dans la hiérarchie à gauche
Sur la durée, un match ne renverse pas une hiérarchie. Nuno Mendes reste le titulaire du poste et son retour est attendu dans quelques semaines. Mais Hernandez a marqué des points dans une concurrence où il partait dernier, et Luis Enrique l’avait déjà utilisé à gauche cette saison, à Rennes le 23 août. La différence, cette fois, tient au contexte : c’était le couloir de Yamal, en Ligue des champions.
Il y a pourtant un nœud. Le même Hernandez est aussi le recours naturel dans l’axe, où Marquinhos, sorti sur blessure contre le Barça, est indisponible pour plusieurs semaines, comme le club l’a confirmé mercredi. Un défenseur qui rend un tel service à gauche devient difficile à déplacer ailleurs.
Lyon dimanche, puis Le Havre
La réception de Lyon, dimanche 25 octobre à 20h45 au Parc des Princes pour la 8e journée de Ligue 1, dira si ce choix devient une habitude ou reste une réponse d’urgence. Luis Enrique, lui, a déjà basculé : « On va profiter de ce match, mais on se projette déjà sur le match de Lyon (dimanche soir) pour montrer notre ambition. »
Le PSG y arrivera avec trois victoires en trois matches de Ligue des champions, neuf points et la première place de la phase de ligue. Avec aussi une infirmerie qui se remplit : Dembélé, Marquinhos et Kvaratskhelia sont sortis sur blessure mardi. Dans ce contexte, la polyvalence de Hernandez n’est plus un luxe, elle devient une assurance.