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Ballon d’Or : critiqué sur sa communication, le PSG assume d’avoir défendu le collectif

Vincent Garcia, rédacteur en chef de France Football, a jugé lundi 26 octobre sur le plateau de L’Équipe du soir que la communication du PSG au Ballon d’Or n’avait « peut-être pas été très claire ». Le club, lui, assume : il n’a pas voulu choisir entre Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia.

Vue générale du Parc des Princes lors d’un match du PSG.
Photo d’illustration : vue générale du Parc des Princes, où le PSG a battu Lyon (2-0) le 26 octobre, le soir de la cérémonie du Ballon d’Or à Londres. · Crédit photo : Icon Sport

La critique a circulé plus vite que le classement. Lundi 26 octobre, sur le plateau de L’Équipe du soir, Vincent Garcia, rédacteur en chef de France Football, a jugé que la communication du PSG au Ballon d’Or n’avait « peut-être pas été très claire ». Le patron du trophée reproche au club d’avoir mis en avant trois joueurs, puis deux, au lieu de faire campagne pour un seul. Paris n’a publié aucun communiqué, mais assume ce choix collectif, selon Le Parisien.

La réponse est arrivée mardi, par la presse plutôt que par un dirigeant. Aucune prise de parole officielle du club n’a été publiée à ce stade. Les explications rapportées par Le Parisien décrivent une décision argumentée, et plus ancienne qu’il n’y paraît : elle remonte à l’ouverture des votes, en septembre.

Ce que Garcia reproche exactement

Le reproche porte sur la séquence, pas sur le résultat. « Je trouve par exemple que la communication du PSG n’a peut-être pas été très claire en essayant de valoriser trois joueurs, puis deux », a détaillé Vincent Garcia, en précisant qu’il ne parle pas en professionnel de la communication : « ce n’est pas mon métier, je ne fais pas de la com ». Sa conclusion est nette : le club aurait dû « rouler pour un joueur », et ce joueur était « le tenant du Ballon d’or, c’est-à-dire Ousmane Dembélé ».

Le journaliste oppose un contre-modèle. Kylian Mbappé, deuxième du classement, a selon lui mené « une très bonne campagne » parce qu’il « a su bien expliquer et bien mettre dans la tête des gens et aussi des jurés ». La démonstration tient en une idée : un message unique et répété déplace des voix, un message dispersé se perd.

Dix Parisiens classés, aucun dans le top 5

Le classement donne du poids à la critique. Khvicha Kvaratskhelia termine 6e, Ousmane Dembélé 7e et Fabián Ruiz 10e. Suivent Achraf Hakimi (13e), Vitinha (14e), Ferran Torres (16e), João Neves (19e), Willian Pacho (20e), Nuno Mendes (23e) et Marquinhos (25e). Dix joueurs classés, et pas un seul dans les cinq premiers.

Le symbole est rare. Pour un vainqueur de la Ligue des champions, il fallait remonter à Chelsea en 2012 pour retrouver une absence totale de joueur dans le top 5, relève Canal Supporters. Harry Kane l’a emporté devant Kylian Mbappé et Lamine Yamal. Le PSG a bien conservé son titre de club de l’année, le deuxième de suite, sans convertir cette domination collective en place individuelle.

Les autres récompenses dessinent la même ligne. Warren Zaïre-Emery a terminé 3e du Trophée Kopa, derrière Lamine Yamal et Pau Cubarsí. Matvey Safonov a pris la 4e place du Trophée Yachine, et Luis Enrique a été devancé par son compatriote Luis de la Fuente pour le titre d’entraîneur de la saison. Des places, jamais la première.

La stratégie collective, et ses arguments

La défense parisienne tient en trois points, tels que Le Parisien les rapporte. Le club ne voulait pas dévier de sa politique, qui place le collectif au-dessus des individualités. Il refusait de froisser les deux joueurs concernés en choisissant l’un plutôt que l’autre. Et il craignait de créer un déséquilibre dans un vestiaire qui vit bien depuis deux ans.

Le raisonnement interne va plus loin. Toujours selon le quotidien, le PSG jugeait quasiment impossible de trancher entre ses trois favoris, chacun avec des arguments différents, et estimait que le rapport entre les garanties et les risques était déséquilibré. Mettre un nom devant les autres pouvait se payer, sans assurance de gagner pour autant.

Le club a aussi un contre-exemple à opposer. Rodri et Lionel Messi ont terminé 4e et 5e sans mener de campagne visible, souligne Le Parisien. La mise en avant médiatique n’est donc pas la condition d’un bon classement, et l’absence de candidat unique n’explique pas tout.

La chronologie confirme en revanche la valse décrite par Garcia. À l’annonce des 30 nommés, Paris avait mis en avant Fabián Ruiz, Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia. Mi-septembre, à l’ouverture des votes, le club a resserré autour des deux attaquants, comme Le Parisien l’avait révélé : Ruiz s’est alors effacé. Le milieu espagnol, qui a remporté la Ligue des champions avec Paris puis la Coupe du monde avec l’Espagne, n’a plus été mis en avant.

À quoi sert une campagne ?

Derrière la passe d’armes, il y a une question sur la nature du trophée. Le Ballon d’Or est décerné par un jury de journalistes, et une campagne sert à leur fournir des arguments : chiffres, contexte, temps de parole. Ce travail déplace des voix à la marge, rarement davantage. Vincent Garcia le dit lui-même : le verdict s’est joué « à pas grand-chose ».

La marge compte pourtant. Dans un scrutin serré, deux ou trois places séparent un top 5 d’une sixième place, une histoire d’une statistique. Pour un club qui vient de remporter deux Ligues des champions de suite, l’argument collectif est cohérent avec son projet, mais il a un coût dans une compétition qui récompense un individu.

Paris en est conscient. Selon Le Parisien, sa ligne reste flexible : comme la saison dernière avec Dembélé, les dirigeants sont prêts à donner la priorité à un joueur s’il se dégage comme le grand favori. La règle collective vaut tant qu’aucun nom ne s’impose, pas au-delà.

Une ligne tenable, pas une vérité

Il manque une voix pour trancher vraiment. Aucun dirigeant parisien n’a commenté publiquement la sortie de Vincent Garcia, et la position du club n’est connue que par la presse. C’est une communication par intermédiaire, ce qui est un peu ironique dans un débat sur la clarté du message.

Le terrain a repris ses droits. Le PSG a battu Lyon (2-0) le soir de la cérémonie, avec Ousmane Dembélé comme seul représentant parisien à Londres, et il occupe la première place de Ligue 1. La question reviendra au moment des votes de l’édition 2027 : si un Parisien se détache, le club devra choisir, et il a déjà annoncé qu’il le ferait.

La polémique dit donc moins de choses sur le palmarès que sur la façon dont le PSG veut être vu. Un club qui refuse de hiérarchiser ses joueurs envoie un message à son vestiaire et à ses futures recrues : personne n’est au-dessus du groupe. Ce message a un prix dans un scrutin individuel. Paris l’assume. C’est peut-être cela, la vraie réponse à Vincent Garcia.

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