Il n’est pas l’un des deux noms mis en avant par le Paris Saint-Germain, et il l’assume. Avec l’Espagne, Fabian Ruiz a multiplié les prises de parole ces derniers jours : un long entretien accordé à AS, une interview au micro de Radioestadio Noche, puis une conférence de presse lundi à Séville, la veille du match contre la Croatie. Toujours le même message : ses trophées doivent parler pour lui.
« Et pourquoi ne pas en rêver ? »
Dans l’entretien accordé à AS, le milieu de 30 ans assume son ambition sans détour : « Le Ballon d’Or ? Et pourquoi pas ? », répond-il. Avant de dérouler son argument principal, le palmarès : « La vérité, c’est que collectivement, c’est moi qui ai gagné le plus de titres. Je crois que ça fait sept ces dernières années. »
« Le Ballon d’Or est un très beau titre, que tout joueur rêve de gagner. Je suis content que l’on me reconnaisse pour le travail que j’ai accompli », poursuit l’Espagnol dans cet entretien. Puis la formule qui résume sa candidature : « Je vais essayer de finir le plus haut possible au classement — et pourquoi ne pas en rêver ? »
La campagne, justement, il refuse de la mener lui-même. Sur Onda Cero, dans Radioestadio Noche, il précise : « Je préfère que ce soit les gens qui la fassent plutôt que moi. C’est moi qui ai gagné le plus de titres, mais la campagne, je la laisse aux autres. » Il glisse même, en riant, que sa salle des trophées est « devenue trop petite » à force de se remplir.
Lundi, à Séville, face à la presse espagnole, il a répété le message, comme le relataient ABC et Europa Press : « Je l’ai déjà dit : il ne s’agit pas de faire campagne, il s’agit de reconnaître ton travail. Nous aimons tous être reconnus pour notre travail. J’ai vécu une immense année, j’ai gagné les compétitions les plus importantes. » Une manière de se démarquer, à l’heure où Kylian Mbappé et Lamine Yamal mènent ouvertement leur propre campagne.
Neuf Parisiens, deux favoris désignés
Car le dossier parisien a ses favoris. Le PSG place neuf joueurs dans la liste des 30 nommés, mais le club a resserré sa campagne de soutien sur Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia, comme nous l’écrivions à la mi-septembre. Depuis, les soutiens se sont multipliés autour du Géorgien — quand Ousmane Dembélé, lui, refuse de se citer dans son propre top 3.
Quant à la concurrence, il ne la vit pas comme une rivalité : « Si le trophée revient à l’un de ceux avec qui je partage le vestiaire, c’est encore mieux. Je ne les vois pas comme des rivaux, mais comme des coéquipiers qui méritent, eux aussi, de pouvoir le gagner. »
Son meilleur atout reste le palmarès : deux Ligues des champions consécutives avec Paris, l’Euro 2024 puis la Coupe du monde 2026 avec l’Espagne, sans oublier les Supercoupes de l’UEFA et la Coupe intercontinentale. Selon AS, il est même le seul joueur à avoir soulevé la Ligue des champions et la Coupe du monde cette saison, en étant titulaire lors des deux finales.
Reste la question du profil, dans une récompense longtemps dévolue aux attaquants : « Un défenseur ou un gardien est tout aussi important qu’un attaquant. Ces dernières années, on a vu Modric et Rodri le gagner », plaide-t-il auprès d’AS. Pour sa première nomination, en 2025, il avait terminé 24e ; cette fois, il ne s’en cache pas, il vise plus haut.
Rendez-vous le 26 octobre à Londres
La cérémonie du Ballon d’Or 2026 est fixée au lundi 26 octobre, au London Palladium, à Londres. L’édition des 70 ans quitte cette année son cadre parisien traditionnel, comme l’a rappelé l’Associated Press. Neuf Parisiens restent en lice pour succéder à Ousmane Dembélé, lauréat en 2025.
Pour Fabian Ruiz, l’équation est simple : continuer à gagner, avec l’Espagne puis avec le PSG. Le classement final, lui, tombera le 26 octobre. Il saura alors si ses trophées ont parlé assez fort.