Actualité PSG

Brest-PSG : après la première victoire, la colère de Luis Enrique

Le Paris Saint-Germain a décroché sa première victoire de la saison en Ligue 1, dimanche 13 septembre à Brest (0-1), et son entraîneur n'a pas aimé ce qu'il a vu. Luis Enrique a parlé du « pire » de ses quatre matches de championnat et d'un soir où il était « le plus agacé ou énervé ». À une semaine du Classique au Vélodrome, trois points ne règlent pas tout.

Luis Enrique, entraîneur du Paris Saint-Germain, lors d'une séance d'entraînement au Campus PSG.
Luis Enrique a critiqué la prestation de son équipe à Brest (0-1), dimanche 13 septembre 2026, malgré la première victoire du PSG en Ligue 1 cette saison. · Crédit photo : Icon Sport

Le Paris Saint-Germain a gagné (0-1), et son entraîneur n'a rien voulu en célébrer. Dimanche 13 septembre, en clôture de la 4e journée de Ligue 1, le club parisien a décroché sa première victoire de la saison dans l'élite française grâce à un but de Ferran Torres dès la 5e minute, sur une remise d'Ousmane Dembélé. Trois points, une remontée au classement, et une conférence de presse d'une froideur rare.

Car le contenu n'a pas suivi. Portés par un Matvey Safonov décisif, les Parisiens ont subi la seconde période, concédé des occasions nettes et touché un montant. Le contraste avec le 6-1 infligé au Slovan Bratislava quatre jours plus tôt en Ligue des champions, au Parc des Princes, a rendu le verdict de l'entraîneur encore plus tranchant.

« Le jour où je suis le plus agacé ou énervé »

« J'étais plus satisfait des trois premiers matches qu'on n'a pas gagnés, et on a fait des matches nuls et une défaite. Aujourd'hui, je pense qu'on a fait beaucoup d'erreurs. C'est toujours difficile de jouer à Brest. Je pense qu'on a très bien défendu presque tout le match mais on a commis beaucoup d'erreurs. Et quand tu fais des erreurs très claires, c'est incroyable qu'on n'ait pas pris de but aujourd'hui. Et on a gagné c'est vrai, mais c'est le jour où je suis le plus agacé ou énervé. »

La phrase est signée Luis Enrique, en conférence de presse, et elle a été reprise mot pour mot par L'Équipe, RMC Sport, CulturePSG et Orange. Devant les caméras de Ligue 1+, il n'a pas nuancé : à la question de savoir ce qui lui avait plu, il a répondu « Vraiment, rien » — une réponse que la chaîne a elle-même résumée en « je n'ai rien aimé de ce que j'ai vu ce soir » — avant d'ajouter : « Je dois être honnête, j'attends beaucoup plus de mes joueurs. »

Dans la même interview d'après-match, il a assumé l'inversion des reproches : « On a beaucoup mieux joué lors des trois premiers matchs qu'aujourd'hui. On a commis beaucoup d'erreurs, ça a été compliqué. C'est le football. Parfois, c'est injuste. On est contents, mais il faut s'améliorer. » Une formule qui dit l'essentiel : Paris n'a pas gagné parce qu'il a été meilleur, mais parce que l'adversaire n'a pas converti.

Interrogé sur ce petit score, inattendu entre deux équipes souvent opposées à plus de trois buts, il a classé la soirée : « C'est le pire de nos quatre matches pour moi. Même si on a gagné. » Puis il a rappelé sa lecture de la saison : « A la fin du championnat, tout s'équilibre. On a gagné trois points nécessaires dans une journée où il y a eu beaucoup de matchs nuls. »

« C'est rare de voir quelqu'un faire l'unanimité autour de lui »

Tout n'a pourtant pas été négatif dans sa prise de parole. Avant d'égratigner ses joueurs, Luis Enrique a salué l'hommage rendu à Éric Roy, entraîneur du Stade Brestois de 2019 à 2026, décédé le 17 juin 2026. « C'est très différent. L'approche du match a été très belle, parce que c'est rare de voir tout le monde être d'accord sur le même sujet. Où qu'il soit, Monsieur Éric Roy sera content de voir l'amour que tout le monde a pour lui. »

Le technicien portait un tee-shirt « KING ERIC » sur le banc, et la soirée avait commencé par cet hommage, en présence de Marquinhos et Luis Campos, avant que le football ne reprenne ses droits.

Ce que le match a dit, chiffres à l'appui

Le récit de la rencontre donne raison à l'entraîneur. L'ouverture du score est un modèle de transition : une talonnade de Dembélé, une finition immédiate de Ferran Torres à la 5e minute, sa sixième réalisation en cinq matches officiels avec Paris. Ensuite, Paris a reculé. Safonov a repoussé une tentative contrée de Pathé Mboup (37e), détourné une tête de Kamory Doumbia (57e), puis sauvé les siens devant Mboup (87e).

Le poteau parisien a tremblé sur une frappe de Doumbia (50e), née d'une relance manquée de Nuno Mendes, et Willian Pacho a sauvé une balle chaude dans sa surface. Au classement, le PSG remonte au 7e rang avec 5 points : une victoire, deux nuls et une défaite, 6 buts marqués pour 6 encaissés.

Fait notable, les trois déplacements parisiens de la saison (Rennes, Lille, Brest) pèsent plus lourd que l'unique réception, perdue contre Monaco (1-2). Les notes complètes de la rencontre sont à retrouver ici.

Notre analyse : trois points, mais quelle progression ?

Analyse ParisUnited — ce qui suit relève de la rédaction, pas des faits rapportés ci-dessus. Le problème que pose ce match n'est pas le résultat : à la 4e journée, un PSG double champion d'Europe doit simplement engranger. Il est dans l'écart entre les deux visages affichés en quatre jours. Contre Bratislava, Paris a déroulé un 6-1, avec un triplé de Ferran Torres. À Brest, la maîtrise a disparu dès que l'adversaire a mis de l'intensité.

La colère de Luis Enrique n'est donc pas une coquetterie. Elle dit une exigence de niveau, pas de résultat. Le technicien a d'ailleurs répété que le débat sur ses gardiens n'existait pas pour lui, tout en ajoutant qu'il attendait « plus de tous les joueurs ». C'est précisément ce registre qui a été interrogé dans l'After Foot de RMC Sport : « J'ai trouvé la prestation très insuffisante », a jugé Walid Acherchour, pour qui « ce n'est pas normal de ne pas avoir de marge en Ligue 1 depuis le début de saison. »

Maxime Chanot, ancien international luxembourgeois, est allé plus loin : « J'ai le sentiment que certains joueurs en veulent un peu à Luis Enrique. La manière dont Zaïre-Emery a joué en deuxième mi-temps... j'ai l'impression qu'il en veut à Luis Enrique d'avoir été baladé arrière gauche, arrière droit, milieu défensif. » Il cite aussi Kvaratskhelia, « qui lui fait un peu payer le fait de ne pas avoir joué le dernier match », avant de prévenir : « Il ne faudrait pas que le management de Luis Enrique se retourne contre lui. »

Le Classique, une semaine plus tard

Ces questions n'auront pas le temps de mûrir. Le PSG se déplace à l'Olympique de Marseille, dimanche 20 septembre à 20h45 au Vélodrome, pour la 5e journée de Ligue 1. Un premier Classique de la saison, déjà chargé de sens : l'OM compte 3 points en quatre journées et n'a plus gagné depuis la 1re. Pour Paris, ce sera le premier vrai test de son début de saison.

Le dossier Achraf Hakimi reste ouvert avant ce déplacement. En conférence de presse, l'Espagnol s'est montré plus explicite qu'au micro de la chaîne : « C'est au niveau de l'adducteur, c'est une blessure mais je ne sais pas le niveau. » Le PSG doit déjà composer sans son seul latéral droit de métier : le point complet sur sa blessure est à lire ici.

Ensuite, le calendrier ne laissera aucune respiration : Manchester City et le FC Barcelone en Ligue des champions, selon RMC Sport. Autrement dit, un PSG qui gagne sans convaincre n'a pas fini de chercher son jeu — et Luis Enrique vient de le dire publiquement, devant tout son groupe.

Joueurs cités

Le match Prochain match du PSG Compositions probables, forme, face-à-face, cotes des opérateurs