Le Havre menait depuis la 18e minute vendredi soir. À la 26e, Achraf Hakimi, lancé par une longue ouverture de Lucas Hernandez, a pris le dessus sur son adversaire avant de servir Mika Godts, qui a égalisé d’un plat du pied droit. Le PSG a ensuite déroulé (1-5), et ce but était le deuxième du Belge en quatre jours.
Le premier datait de lundi, contre Lyon, pour sa première réalisation sous le maillot parisien. Deux buts en quatre jours ne font pas une saison, et ils ne règlent pas le dossier d’un transfert à 55 millions d’euros. Ils racontent pourtant une trajectoire, celle d’un joueur qui a attendu son tour sans bruit et qui vient de changer de statut dans la hiérarchie offensive parisienne.
Deux buts, deux rôles
Contre Lyon, Godts est entré à la 57e minute à la place de João Neves. Il a délivré la passe décisive sur l’ouverture du score de Senny Mayulu, puis il a inscrit le deuxième but parisien à la 84e. Trente-trois minutes pour peser sur un match, dans le rôle de joker qu’il occupait depuis son arrivée.
Au Havre, Luis Enrique l’a lancé d’entrée, pour sa deuxième titularisation de la saison après celle du 10 octobre contre Le Mans. Il est resté 71 minutes sur la pelouse, avec un but et une passe décisive sur le troisième but d’Hakimi (69e). Deux contextes, deux usages, et un même résultat : dans les deux cas, il a été décisif.
Le rendement, enfin
Les chiffres de la semaine disent l’essentiel. En neuf apparitions toutes compétitions confondues, Godts totalise 306 minutes, deux buts et trois passes décisives, soit une implication sur un but parisien toutes les soixante minutes environ. Sur un échantillon aussi court, la statistique vaut ce qu’elle vaut, mais elle contraste avec le vide des deux premiers mois.
Jusqu’à Lyon, il n’avait pas marqué une seule fois en 202 minutes. Sa titularisation contre Le Mans, le 10 octobre, avait même tourné court : la presse spécialisée avait retenu un ailier incapable de bousculer la hiérarchie établie. Ce soir-là, Paris avait gagné 3-1 sans qu’il pèse vraiment sur le match.
Le déclic lyonnais a suivi une fin septembre réussie avec la Belgique, où il a marqué son premier but international contre l’Italie. Entre les deux, il y a eu un mois de banc, trois matches d’octobre sans la moindre minute, et la patience d’un joueur de 21 ans qui découvre un club où la concurrence ne pardonne rien. Le détail de cette soirée lyonnaise, et la concurrence avec Mayulu, est dans notre analyse du 27 octobre.
La phrase de Luis Enrique
« Aujourd’hui, Godts a fait presque tout bien », a résumé l’entraîneur espagnol après la rencontre, dans la retranscription de CulturePSG. La formule est brève et elle tranche avec les semaines précédentes, où Luis Enrique lui demandait publiquement davantage.
Cette phrase ne fait pas de lui un titulaire. Elle dit qu’il a rempli le contrat d’un remplaçant de luxe dans un effectif dense, et qu’il a gagné le droit d’être jugé autrement que comme un simple joker de fin de match. À Paris, ce genre de promotion se gagne par séries, pas par un but.
Le vide laissé par Kvaratskhelia
Le contexte rend cette montée en régime plus utile qu’elle n’y paraît. Khvicha Kvaratskhelia souffre d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit, contractée le 20 octobre contre le FC Barcelone. Opéré avec succès le 27 octobre à Doha, il a entamé sa rééducation et sa saison est terminée. Paris est privé de son ailier gauche pour de longs mois.
Godts est l’un des rares profils de couloir gauche disponibles dans cet effectif. Il n’a pas encore le registre du Géorgien, ni son aptitude à éliminer seul dans un couloir, mais il occupe la même zone et il sort d’une saison à 17 buts avec l’Ajax. C’est exactement pour ce genre de relais que le club a payé.
Un record pour l’histoire
Son égalisation a aussi fait basculer une ligne de statistique. Selon le décompte de Foot Mercato, elle a permis au PSG de devenir le premier club de Ligue 1 à atteindre 100 buts en compétition officielle sur quinze années consécutives. Un repère d’autant plus singulier qu’il est venu d’un remplaçant devenu titulaire le temps d’un soir.
Villarreal, le test qui compte
Place à un match d’une autre nature. Le PSG se déplace à Villarreal mardi 3 novembre (21 heures) pour la quatrième journée de la phase de ligue de Ligue des champions, avec trois victoires en trois matches. Godts postule à une nouvelle titularisation, dans une rencontre où Paris devra sans doute faire plus avec le ballon qu’au Havre.
C’est là que son transfert sera vraiment jugé. Les 55 millions annoncés, dont 45 millions fixes et 10 millions de bonus selon The Athletic, n’ont pas été versés pour deux buts de fin octobre, mais pour ces soirées européennes où un ailier doit faire la différence. Il a cinq ans de contrat pour y répondre, et le temps joue pour lui.