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Godts et Mayulu, les deux entrants qui rebattent la question du temps de jeu au PSG

Les deux buts du PSG contre Lyon sont venus du banc, signés Senny Mayulu et Mika Godts. Un Titi et une recrue de 21 ans, deux trajectoires opposées, et une question que Luis Enrique n'a pas éludée : leur temps de jeu doit-il changer ?

Mika Godts sous le maillot de l’Ajax lors d’un match d’Eredivisie face au PSV.
Mika Godts sous le maillot de l’Ajax, en mai 2026, quelques semaines avant son arrivée au PSG. Photo d’illustration. · Crédit photo : DeFodi Images / Icon Sport

Le PSG a battu Lyon 2-0 lundi soir au Parc des Princes et repris seul la tête de la Ligue 1. Les deux buts sont venus du banc : Senny Mayulu à la 72e, sept minutes après son entrée, puis Mika Godts à la 84e, servi par Quentin Ndjantou. Le score, lui, a déjà été raconté. Ce qui reste à comprendre, c’est ce que cette demi-heure dit de deux joueurs que rien ne rapproche, sinon leur âge et leur place sur le banc.

Deux âges voisins, deux parcours opposés

Senny Mayulu a 20 ans. Il est né au Blanc-Mesnil, il a rejoint le centre de formation du PSG en catégorie U13 et il est devenu, en mai 2025, buteur lors de la finale de Ligue des champions contre l’Inter. Mika Godts a 21 ans. Il est international belge, il évoluait à l’Ajax et il a été recruté l’été dernier pour occuper un poste d’ailier dans un effectif déjà dense. L’un sort de la maison, l’autre d’un transfert. Leur point commun tient en une phrase : aucun des deux n’a encore de place stable dans le onze.

Godts, 202 minutes et aucun but avant Lyon

Jusqu’à lundi, la saison de Godts tenait en un paradoxe. Sept apparitions toutes compétitions confondues, une seule titularisation, contre Le Mans le 10 octobre, et 202 minutes cumulées sans le moindre but ni la moindre passe décisive. L’Équipe le décrit ce mardi comme « discret depuis son arrivée », un ailier « très attendu avec la blessure de Khvitcha Kvaratskhelia ». Contre Lyon, il est entré à la 57e à la place de João Neves. En trente-trois minutes, il a délivré la passe décisive sur l’ouverture du score et marqué son premier but sous le maillot parisien.

Mayulu, 18 minutes de Ligue 1 avant lundi

Le cas de Mayulu est plus simple à raconter, et plus cruel. Avant lundi, il n’avait disputé que 18 minutes de Ligue 1 cette saison, le 28 août à Lille. Une déchirure à la cuisse gauche contractée avec les Espoirs fin septembre, et le voilà de retour dans la rotation sans avoir eu le temps de s’installer. Entré à la 65e à la place de Ferran Torres, il a ouvert le score sept minutes plus tard, d’une frappe du droit à l’entrée de la surface.

Il a fêté ce but avec la célébration de Khvicha Kvaratskhelia, les mains posées sur l’avant-bras, comme un hommage au Géorgien blessé. « On est une équipe, on est tous très solidaires entre nous donc pour moi, pour nous, c’était important, a-t-il dit après la rencontre. On est tous derrière lui. »

Ce que Luis Enrique en dit

L’entraîneur parisien n’a pas esquivé la question, lundi soir devant la presse. « Ils méritent de jouer plus, évidemment, mais c’est difficile. Je suis content pour eux. Et je voudrais dédier à Kvara cette victoire. » Sur Godts, il a ajouté : « C’est un joueur ambitieux, avec beaucoup de qualités. Il a seulement 21 ans. »

Il a aussi rappelé la contrainte, sans la masquer : « la concurrence est très importante » et « les joueurs qui jouent savent que s’ils se relâchent juste cinq minutes, il arrive ». À propos de Mayulu et de Quentin Ndjantou, entré à la 81e, il a eu cette formule : « Ce sont des Titis, ils sont importants. » La porte est entrouverte. Elle n’est pas grande ouverte.

Trois matchs en huit jours pour vérifier

Le calendrier, en tout cas, ne ferme rien. Le Havre vendredi 30 octobre, Villarreal mardi 3 novembre en Ligue des champions, Troyes samedi 7 novembre : trois rendez-vous en huit jours, dont deux déplacements. Et un secteur offensif toujours amputé. Kvaratskhelia, victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit, est absent jusqu’à la fin de la saison. Ousmane Dembélé, Nuno Mendes et Marquinhos sont également à l’arrêt, selon Le Parisien.

Le classement ajoute une urgence immédiate. Avec 17 points, Paris est leader de Ligue 1, un point devant Rennes, deux devant Lille et Monaco. Dans un enchaînement de trois matchs en huit jours, la rotation cesse d’être un confort de fin de rencontre : elle devient une nécessité.

Un statut ne se décrète pas en un soir

Rien n’indique que Luis Enrique bouleversera sa hiérarchie dès vendredi. Godts n’a qu’une titularisation à son actif, Mayulu revient d’une blessure, et aucun des deux n’a encore enchaîné deux matchs pleins. L’entraîneur l’a répété : dans cet effectif, il est « difficile » de jouer davantage. Mais la séquence qui s’ouvre, avec ses absents et son rythme, ressemble à ces fenêtres où un statut se gagne plus qu’il ne se donne.

Mayulu et Godts ont répondu une fois. Le mois de novembre dira s’ils ont répondu pour de bon.

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