Luis Enrique n'a pas cédé au triomphalisme. « Bonsoir. Quand tu démarres un match de cette manière, que tu es très efficace dans le pressing et que tu es très efficace dans les occasions créées... On a marqué trois buts dans les 15 premières minutes, tout ça a changé le match et ça a été un match très différent par rapport à ce que nous pensions. » Ces propos ont été retranscrits et traduits par CulturePSG, mercredi 4 novembre.
Le déroulé lui donne raison sur le timing. João Neves a ouvert le score à la 9e minute, Désiré Doué a doublé la mise à la 12e, Senny Mayulu a marqué à la 13e et Fabián Ruiz a porté le score à 4-0 à la 17e. Quatre buts en huit minutes. « Le début de match, sans aucun doute. Après le 0-3, il n'y a pas d'équipe qui supporte ça », a ajouté le coach.
Il a ensuite tenu à ne pas transformer la soirée en récital. « Je n'aime pas ce type de résultat mais nous cherchons à respecter l'adversaire en jouant de la même manière tout le temps », a-t-il expliqué, en reconnaissant que les circonstances du match avaient rendu toute réaction de Villarreal très difficile.
La mentalité, plutôt que la manière
Interrogé sur les deux buts nés du pressing, Luis Enrique a désigné ce qu'il considère comme la vraie marque de son équipe. « Si je voudrais souligner une chose, c'est la mentalité qu'on a à jouer de la même manière quel que soit le stade, quel que soit le résultat. Et aujourd'hui, c'est un test, ça a été un test de l'ambition qu'a encore cette équipe, ces joueurs. »
Le technicien a prolongé sur le collectif. « Et ce que nous aimons le plus, c'est d'avoir ce type de performance et continuer à montrer à tout le monde qu'on a l'ambition et l'envie de continuer à gagner. » Sur le plan individuel, Fabián Ruiz a signé un doublé (17e, 50e) et les notes de la rédaction en ont fait l'homme du match, à 9,65.
Mayulu, « pas un symbole » mais un exemple
Le cas du jeune milieu a occupé une partie de l'échange. « Je ne dirais aucun joueur pour être le symbole. Le symbole, ce sont tous les joueurs qui ont eu des minutes pendant la saison et avec les blessures, les situations, la continuité et la programmation des matchs, tu as l'opportunité de montrer que tu as le niveau », a répondu Luis Enrique.
Il a cité Senny Mayulu « en particulier », mais aussi Quentin Ndjantou, David Boly, Lucas Beraldo et Dro. « Je suis sûr qu'ils ont le niveau », a-t-il insisté, en retenant surtout l'intensité mise à l'entraînement par ces joueurs, « pour être prêt le jour où tu en as besoin pour aider l'équipe ».
Le Top 8 ne vaut rien sans le titre
C'est sur ce terrain que le coach a le plus insisté, après une question sur les records et l'entrée dans l'histoire de son équipe. « Il n'y aura qu'un seul champion le jour de la finale à Madrid et l'objectif est d'y être. C'est très bien de se qualifier. Nous avons passé les deux dernières années en dehors du top 8. Je crois me souvenir que nous étions 11e et 15e et que nous avons été champions. Ça ne sert à rien de finir dans le top 8 si ensuite on n'est pas champion. »
Le raisonnement tient en une idée simple : la phase de ligue n'est qu'une étape. « En ce qui concerne la compétition, celle-ci ne commencera qu'en février ou mars. C'est ces mois-là qu'auront lieu les éliminatoires, et c'est lors de ces éliminatoires qu'il faudra montrer notre niveau. »
Au micro de Canal+, il avait tenu le même cap, un peu plus tôt dans la soirée. Sur une place dans le top 8 : « Je l'espère, mais ça dépend des performances dans les quatre prochains matchs. » Et quand on lui a annoncé une qualification déjà acquise dans le top 24 : « Je ne suis pas habitué à ça. Il faut faire attention. »
Un repère statistique est tout de même tombé. Selon les chiffres clés Opta relayés par Les Titis du PSG le 4 novembre, Luis Enrique est devenu le premier entraîneur à diriger 50 matches de Ligue des champions avec un même club français.
La colère sur les remplacements
La conférence n'a pas été qu'une leçon de calme. Interrogé sur les trois joueurs parisiens restés hors du terrain au moment des changements, alors que Paris menait 5-0, Luis Enrique s'est emporté. « Quant à cette histoire des trois remplacements d'aujourd'hui, c'est n'importe quoi ! En gros, qu'ils relisent clairement le règlement parce que c'est n'importe quoi. »
Il a visé le règlement, pas un arbitre en particulier. « J'aime bien respecter les arbitres, mais le règlement doit clairement couvrir toutes ces situations », a-t-il poursuivi, avant d'ajouter : « Quand j'ai vu trois de nos joueurs hors du terrain, mais qu'est-ce que c'est que ça, un match d'enfants ou... ? »
Reste une équipe qui compte 12 points sur 12 et qui a marqué 20 buts en quatre matches européens. Le message du soir est pourtant l'inverse d'un bulletin de victoire : Paris a gagné 6-0 à Villarreal, et son entraîneur a surtout parlé des mois de février et mars.