Encore entré en jeu, encore décisif. Dimanche au Vélodrome, Ferran Torres a remplacé Khvicha Kvaratskhelia à la 59e minute, avant d'ouvrir le score sept minutes plus tard : une tête sur un centre de Désiré Doué qui a fait taire le stade (66e). Le PSG a remporté le premier Classique de la saison (1-2) : l'homme fort de ce début d'exercice avait encore frappé en sortant du banc.
Sept buts en six matches, toutes compétitions confondues : à 26 ans, le champion du monde 2026 est déjà le meilleur buteur parisien de la saison. Entré en jeu à Rennes puis à Marseille, buteur à chaque fois, Ferran Torres s'est installé dans le rôle du supersub qui pèse — et relance une question : faut-il le titulariser pour les grands rendez-vous ?
Un joker qui change les fins de match
À Marseille, son entrée a transformé la seconde période. Avec Ousmane Dembélé qui a basculé à droite et Désiré Doué à gauche, Ferran Torres a apporté ce qui manquait avant la pause : de la présence dans la surface et des appels tranchants. Son but est celui d'un avant-centre : une course vers le premier poteau, une tête sous la barre.
Luis Enrique n'a pas caché son plaisir : le technicien a salué un « état de forme incroyable » et loué des appels de balle dévastateurs. Vitinha a résumé la pensée du vestiaire : « J'espère qu'il va continuer comme ça, il est en feu ! Nous devons tout faire pour atteindre ce niveau d'efficacité. Nous sommes très heureux de l'avoir. »
Sept buts en six matches
L'itinéraire dit tout. Le 23 août, entré à la pause pour ses débuts en Ligue 1, il signe un doublé en onze minutes (71e, 82e) et relance un PSG mené 2-0 à Rennes (2-2). Le 13 septembre à Brest, son but en début de match (5e) offre aux Parisiens leur première victoire de la saison en championnat (0-1).
Entre les deux, en Ligue des champions, un triplé en 26 minutes contre le Slovan Bratislava (6-1) et le titre de meilleur joueur de la 1re journée décerné par l'UEFA. Soit le premier triplé de sa carrière en C1, le sixième toutes compétitions confondues.
Avec huit tirs pour sept buts depuis le début de la saison, un ratio relevé par L'Équipe, l'Espagnol affiche une efficacité rare. Selon Maxifoot, seul Zlatan Ibrahimović a fait mieux sur les six premières rencontres d'un attaquant parisien, avec huit réalisations. « Il faut juste prendre sa chance, glisse-t-il en zone mixte. Parfois tu as de la chance et tu marques, parfois tu ne marques pas. La seule chose à faire, c'est de continuer d'essayer, encore et encore. »
« Ce n'est pas important de savoir si tu débutes ou pas »
Le principal intéressé refuse d'en faire une affaire personnelle. « Ce n'est pas important de savoir si tu débutes ou pas. L'important, c'est que quand tu entres sur le terrain, tu donnes tout pour l'équipe et tu essaies de l'aider », a-t-il expliqué après le Classique, en assurant ne pas avoir été déçu de débuter sur le banc. Reste que pour son premier Classique, c'est encore lui qui a débloqué la situation.
Et il a tenu à dédier la victoire aux supporters parisiens, privés de Vélodrome : « Je voulais juste remporter ce match pour les fans, pour nos supporters, qui n'ont pas pu être là. Cette victoire est pour eux. » La déclaration dit beaucoup du personnage : à 26 ans, l'ancien joueur de Manchester City et du Barça attend son heure sans jamais la subir.
Faut-il le titulariser ?
À son arrivée, RMC Sport le décrivait comme le « douzième homme » du PSG : un profil polyvalent, capable de jouer sur les deux ailes comme dans l'axe, appelé à remplir le rôle qu'occupait Bradley Barcola avant son départ. La suite a dépassé le script. Au Vélodrome, c'est lui qui a pris la place de Kvaratskhelia, quand Ousmane Dembélé, Ballon d'Or 2025 en léger retrait, glissait sur l'aile droite et Doué à gauche.
Une nuance, tout de même : titulaire à Lille le 28 août, il avait livré une prestation plus brouillonne, gâchant plusieurs occasions, comme le relevait RMC Sport. Cette irrégularité, la même qui l'a poursuivi au Barça, explique peut-être la gestion prudente de Luis Enrique. Elle a, jusqu'ici, plutôt bien servi le PSG.
« Il peut avoir ces deux casquettes-là : titulaire et remplaçant », résumait sur RMC Sport Edgar Groleau. Le calendrier d'octobre s'annonce lourd : quatre matches en dix jours à la reprise, entre Le Mans (10 octobre), Manchester City et Barcelone en Ligue des champions (14 et 20 octobre) et Strasbourg (17 octobre). De quoi réclamer un effectif à pleine charge — et offrir au numéro 9 de nouvelles occasions de bousculer la hiérarchie.
Et maintenant ?
Luis Enrique aime la rotation, et les quatre matches d'octobre diront vite ce qu'il en est. La question n'est donc pas de savoir si Ferran Torres mérite mieux qu'un rôle de joker, mais quand le technicien lui offrira un grand rendez-vous dès le coup d'envoi. En attendant, l'Espagnol répond à sa manière : chaque entrée pèse, et le compteur tourne. Supersub jusqu'à quand ? La réponse appartient à Luis Enrique.