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Droits TV : Nasser al-Khelaïfi visé par une enquête du parquet de Paris

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant le président du PSG pour prise illégale d'intérêts, révélée par L'Équipe le samedi 19 septembre. Les faits portent sur l'attribution des droits TV de la Ligue 1 en 2024, quand il cumulait les fonctions de président du PSG, de beIN Media Group et de membre du conseil d'administration de la LFP.

Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain, au Parc des Princes.
Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, au Parc des Princes lors de PSG-Nantes, le 14 mai 2016. · Crédit photo : Nolwenn Le Gouic / Icon Sport

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour prise illégale d'intérêts visant Nasser al-Khelaïfi, révélée par L'Équipe samedi 19 septembre et reprise depuis par l'AFP, Foot Mercato, Le Soir et RMC Sport. Le dossier porte sur l'attribution des droits télévisés de la Ligue 1 à l'été 2024, période où le président du PSG cumulait plusieurs fonctions. Aucune mise en examen n'a été prononcée à ce stade.

Une enquête préliminaire, pas une mise en cause

Le statut de la procédure compte autant que son contenu. Une enquête préliminaire est une phase d'investigation conduite sous l'autorité du parquet : elle ne vaut ni mise en cause formelle, ni saisine d'un tribunal. Les investigations ont été confiées à la Brigade financière anticorruption (BFAC), service spécialisé dans la délinquance économique, selon Le Dauphiné Libéré et RMC Sport.

L'origine du dossier est un signalement de l'association Anticor, déposé le 3 mars 2026 auprès du parquet de Paris. Anticor, association de lutte contre la corruption, reproche au dirigeant qatarien d'avoir joué de ses différentes casquettes pendant les négociations sur les droits du championnat de France.

Une réunion de juillet 2024 au cœur du dossier

Les faits visés remontent à l'été 2024. Anticor s'appuie sur une réunion consacrée à la validation de l'offre de beIN Sports pour les droits TV de la Ligue 1, à laquelle Nasser al-Khelaïfi a participé en juillet. À cette date, il est à la fois président du Paris Saint-Germain, président de beIN Media Group et membre du conseil d'administration de la LFP.

Selon l'association, il a usé de ces fonctions « pour tenter d'influer sur la décision du conseil d'administration de la Ligue en faveur de la société qu'il préside ». La formule est citée par l'AFP, Le Soir et RMC Sport. Aucune décision de justice n'est intervenue dans ce dossier.

DAZN, beIN Sports, puis Ligue 1+ : le dossier de 2024

Cet été-là, la Ligue 1 cherche encore un diffuseur après des mois de crise. Deux options sont sur la table de Vincent Labrune, président de la LFP : une chaîne dédiée au championnat, ou un partage entre DAZN et beIN Sports. C'est la seconde qui est retenue, rappelle Le Dauphiné Libéré : huit affiches par journée pour DAZN, une pour beIN Sports.

Les chiffres publiés à l'époque évaluaient l'accord à environ 500 millions d'euros par saison, dont 400 millions pour DAZN et 100 millions pour beIN Sports. Le mariage n'a pas tenu : la plateforme britannique s'est retirée après une saison, et Ligue 1+ détient depuis l'exclusivité des rencontres de première division.

« Absurde » pour l'entourage, « sans fondement » pour son avocat

Le camp Al-Khelaïfi conteste l'analyse. Selon son entourage, relayé par L'Équipe, le dirigeant n'exerce « aucune responsabilité opérationnelle ou exécutive » au sein de beIN. Le signalement d'Anticor est jugé « complètement absurde » depuis son dépôt, rapporte Le Figaro.

« Les allégations portées à l'encontre de Monsieur Nasser al-Khelaïfi sont sans fondement : ni juridique ni factuel », avait déclaré auprès de l'AFP son avocat, Me Renaud Semerdjian, en mars 2026. Le dirigeant soutient pour sa part que ce sont les clubs et les représentants de la Ligue qui ont insisté pour confier une affiche à beIN Sports.

Ce que l'enquête change, ou pas, pour le PSG

Sportivement, rien à l'immédiat : le PSG dispute dimanche 20 septembre au Vélodrome le premier Classique de la saison (20h45), et l'enquête vise le dirigeant, pas le club. L'ouverture d'une enquête préliminaire n'entraîne par elle-même aucune conséquence sportive.

Sur le terrain institutionnel, la question du cumul est déjà tranchée ailleurs. La proposition de loi sur l'organisation, la gestion et le financement du sport professionnel, adoptée définitivement par le Parlement en juillet 2026, interdit à son article 8 la double casquette de dirigeant de club et de membre du conseil d'administration de la ligue.

Le texte encadre aussi la redistribution des droits télévisés, avec un écart maximal de 1 à 3 entre le club le mieux doté et le moins bien doté. Le PSG, qui avait capté 243 des 727 millions d'euros des droits de la Ligue 1 il y a deux ans selon Le Dauphiné Libéré, devrait en toucher une part moins large.

Un dirigeant déjà au centre d'autres dossiers

Le dossier des droits TV n'est pas le seul point de tension. Le 11 février 2026, beIN Sports a devancé Ligue 1+ pour les droits de diffusion du Mondial 2026, ce qui a provoqué la démission de Nicolas de Tavernost, alors patron de LFP Média, qui a dénoncé « un manque de confiance structurel, notamment du côté de l'actionnaire du PSG » selon RMC Sport.

Le président du PSG est par ailleurs visé depuis 2025 par une information judiciaire pour travail dissimulé, ouverte après une plainte de son ancien majordome et confiée à un juge d'instruction en mai 2025. Cette procédure est distincte de l'enquête sur les droits TV.

L'enquête du parquet de Paris n'en est qu'à ses débuts et son calendrier n'est pas public. Pour Nasser al-Khelaïfi, la présomption d'innocence reste entière.

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