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OM-PSG : le Conseil d'État maintient l'interdiction de déplacement des supporters parisiens

Le Conseil d'État a maintenu, vendredi 18 septembre 2026, l'interdiction de déplacement des supporters parisiens pour le Classique entre l'OM et le PSG du dimanche 20 septembre (20h45, Vélodrome). Le juge des référés a rejeté la requête du Collectif Ultras Paris, qui contestait l'arrêté du ministère de l'Intérieur.

Supporters du Collectif Ultras Paris au Parc des Princes.
Des supporters du Collectif Ultras Paris au Parc des Princes. Le Conseil d'État a maintenu l'interdiction de déplacement des supporters parisiens pour le Classique du 20 septembre au Vélodrome. · Crédit photo : Icon Sport

Le Conseil d'État a tranché. Vendredi 18 septembre 2026, le juge des référés a rejeté la requête du Collectif Ultras Paris (CUP), qui demandait la suspension des arrêtés encadrant le déplacement des supporters parisiens à Marseille pour le Classique de la cinquième journée de Ligue 1, dimanche 20 septembre (20h45). Le match se jouera donc une nouvelle fois sans parcage ni supporters du PSG au Vélodrome.

Dans sa décision, le Conseil d'État estime qu'« il n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, que les décisions litigieuses porteraient une atteinte manifestement disproportionnée aux libertés fondamentales invoquées ». La formule est celle d'une ordonnance de référé : le juge ne tranche pas le fond du dossier, mais l'urgence et le caractère manifestement excessif — ou non — de la mesure contestée.

Un dispositif construit en deux temps

Deux arrêtés se superposent pour ce déplacement. Le premier, pris le 9 septembre par la préfecture des Bouches-du-Rhône, interdit aux personnes se présentant comme supporters du PSG — ou se comportant comme telles — l'accès au stade Vélodrome et la circulation ou le stationnement dans plusieurs arrondissements de Marseille, de dimanche 8 heures à lundi 2 heures.

Le second, signé le 16 septembre par le ministère de l'Intérieur, complète le dispositif : il interdit le déplacement des supporters parisiens entre les communes d'Île-de-France et Marseille, dimanche de minuit à minuit. C'est cette interdiction ministérielle que le Collectif Ultras Paris a choisi de contester en urgence.

Libertés invoquées contre risque élevé

Le CUP invoquait les libertés d'aller et venir, de réunion, d'expression et d'association. L'association estimait aussi que des mesures moins contraignantes étaient possibles : cibler individuellement les supporters violents, ou organiser un déplacement encadré.

Face au juge, le ministère de l'Intérieur a présenté une série d'incidents récents impliquant les deux camps. Pour le PSG : des affrontements entre ultras parisiens et messins en décembre 2025, des troubles dans le centre-ville de Monaco en mars 2026, ou encore une rixe sur une aire d'autoroute de la Sarthe en avril. Des incidents impliquant des supporters marseillais ont également été avancés.

Le ministère a surtout insisté sur « l'animosité ancienne et profonde » entre les deux publics, rappelant qu'en février 2026, à la gare Saint-Charles, des ultras marseillais avaient pris à partie des supporters parisiens qui se rendaient à Toulon. La Direction nationale de lutte contre le hooliganisme a classé la rencontre au niveau de risque maximal, 5 sur 5.

Le Conseil d'État retient « l'existence d'un risque élevé » de nouveaux incidents dimanche. Le juge considère que des interdictions individuelles ou un déplacement encadré ne permettraient pas nécessairement de réduire suffisamment ce risque, les forces de l'ordre devant par ailleurs sécuriser d'autres événements.

« Assez décevant » pour le CUP

« C'est assez décevant. Le fait qu'on soit incapable d'organiser quoi que ce soit et que nos voisins y arrivent, c'est un peu désespérant », a réagi auprès de l'AFP Me Cyril Dubois, avocat du Collectif Ultras Paris, citant en exemple l'organisation régulière de derbys à Londres. Il a ajouté : « On est reparti sur une saison supplémentaire sans Parisiens à Marseille, à un moment, il va falloir que ça s'arrête. »

Luis Enrique : « le sport est un instrument pour réunir les gens »

Interrogé sur le sujet vendredi, en conférence de presse, Luis Enrique a rappelé la difficulté du dossier : « Il y a trois ans que je suis ici, et ç'a toujours été un sujet très compliqué. Je pense que le sport est un instrument pour réunir les gens. C'est pour ça qu'on l'utilise dans l'éducation. »

L'entraîneur parisien a conclu sur ce qu'il espère voir sur la pelouse : « Ce que je voudrais dire, c'est que j'espère que tous les matches de football finissent de la meilleure manière, sans aucun signe de violence. »

Onze ans sans supporters parisiens à Marseille

Le déplacement des Parisiens à Marseille est interdit depuis 2015, les autorités faisant systématiquement état d'un risque de troubles à l'ordre public entre les supporters des deux clubs. Selon le ministère, le dernier OM-PSG auquel les deux publics avaient pu assister remonte à février 2018.

Les supporters du PSG devront donc suivre la rencontre à distance. Le détail du dispositif, arrondissements concernés compris, figure dans notre article sur l'arrêté préfectoral du 9 septembre.

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