Quatre journées, quatre victoires, douze points. À la moitié de la phase de ligue, le Paris Saint-Germain est seul en tête de la Ligue des champions, avec vingt buts marqués et cinq encaissés. Le 6-0 à Villarreal, mardi 3 novembre, a porté sa différence de buts à +15, la meilleure du plateau. Le rang est flatteur. Il est aussi plus fragile qu’il n’y paraît.
Quatre matches, vingt buts
Le parcours aller est presque parfait : 6-1 contre le Slovan Bratislava au Parc, 4-2 à Manchester City, 4-2 contre Barcelone, 6-0 à Villarreal. Paris n’a jamais été mené au cours de ces quatre rencontres et n’a encaissé que cinq buts, dont deux fois face à Erling Haaland. Le détail de la soirée espagnole est dans les chiffres du 6-0.
La répartition des vingt réalisations confirme l’absence de dépendance à un buteur : Fabián Ruiz en compte quatre, Ferran Torres, Ousmane Dembélé et Désiré Doué trois chacun, Vitinha deux. Lucas Hernández, Maghnes Akliouche, João Neves, Senny Mayulu et David Boly ont marqué une fois. Dix buteurs différents en quatre matches, pour une équipe qui n’a pas encore eu besoin de forcer son talent.
Le top 6 à mi-parcours
Le classement se lit en deux blocs. Paris et le Real Madrid comptent quatre succès ; le club espagnol est devancé à la différence de buts, +6 contre +15. Arsenal, tenu en échec une fois, suit à deux points. Trois équipes à neuf points complètent le top 6.
| # | Équipe | Pts | J | Diff. |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Paris Saint-Germain | 12 | 4 | +15 |
| 2 | Real Madrid | 12 | 4 | +6 |
| 3 | Arsenal | 10 | 4 | +5 |
| 4 | Côme | 9 | 4 | +13 |
| 5 | Barcelone | 9 | 4 | +8 |
| 6 | Aston Villa | 9 | 4 | +6 |
Au-delà de la sixième place, la densité est le vrai enseignement de cette première moitié. Neuf clubs comptent neuf points, du 4e au 12e rang : Côme, Barcelone, Aston Villa, Manchester City, Liverpool, Bruges, le Sporting, le Betis et Dortmund. Manchester City et Liverpool occupent les 7e et 8e places, les deux dernières qualificatives directement pour les huitièmes de finale. Ce n’était déjà qu’une histoire de buts après la 2e journée, comme on l’expliquait dans le point après City.
Trois points d’avance, pas plus
Le matelas parisien se résume à trois points. Le 9e, Bruges, totalise neuf points, soit trois de moins que Paris. Une défaite lors de la 5e journée, combinée à des victoires des poursuivants, pourrait suffire à faire sortir le PSG des huit premiers. C’est le paradoxe d’un leader invaincu : à douze points sur douze, il n’a pas encore sécurisé l’essentiel.
Les quatre matchs qui restent
Le programme retour est désormais connu dans son intégralité. Paris reçoit l’AS Roma le mercredi 25 novembre à 21h00, puis se déplace à Aston Villa le mardi 8 décembre, à la même heure. En janvier, il enchaîne un déplacement à Côme le mercredi 20 et la réception de Galatasaray le mercredi 27, toujours à 21h00.
Le déséquilibre saute aux yeux. Les deux réceptions concernent les deux adversaires les moins bien classés : Rome est 20e avec quatre points, Galatasaray 18e avec six. Les deux déplacements mènent chez deux membres du top 6 : Aston Villa, 6e avec neuf points, et Côme, 4e avec neuf points et dix-neuf buts marqués.
Autrement dit, les six points les plus accessibles se jouent au Parc, et les deux rencontres les plus dangereuses à l’extérieur. Sur la phase aller, Paris avait déjà battu deux membres du top 8, Manchester City et Barcelone, mais aussi deux équipes de la seconde moitié, Bratislava et Villarreal. Le retour est comparable, avec un détail qui compte : les deux gros se présenteront hors de France.
Lens et Lille au fond du classement
Le contraste avec les autres clubs français est brutal. Lens pointe au 33e rang avec trois points et une différence de buts de -12, après sa défaite 1-9 à domicile contre Côme, la pire de son histoire en Coupe d’Europe. Lille est 35e avec un point. Le Slovan Bratislava ferme la marche avec zéro point en quatre matches. Les deux clubs nordistes doivent engranger sur les quatre dernières journées pour éviter une élimination dès la phase de ligue.
Ce que garantit la première place
Le format est connu : les huit premiers filent directement en huitièmes de finale, les clubs classés de la 9e à la 24e place passent par des barrages en février, les 25e à 36e sont éliminés. La première place actuelle vaut donc plus qu’un symbole : elle vaut deux matches de moins en février, dans un calendrier déjà chargé entre Ligue 1 et coupes.
Reste une question que le classement ne tranche pas : la valeur réelle de cette entame. Deux des quatre victoires ont été acquises contre le 36e et le 28e de la phase de ligue, Bratislava et Villarreal ; les deux autres contre Manchester City et Barcelone. Le test véritable commence le 25 novembre contre Rome, puis à Villa Park. D’ici là, Paris aura retrouvé la Ligue 1, avec la réception de Troyes le 7 novembre, et le débat sur son niveau européen restera ouvert.