L’Etihad Stadium avait lancé la soirée par un feu d’artifice et une animation sons et lumières. Le PSG a prolongé le spectacle à sa façon : un récital de transitions, trois buts en trente-deux minutes, et une première dans l’histoire du club, un succès à l’Etihad (4-2), mercredi, pour la 2e journée de la phase de ligue de la Ligue des champions.
Une première période de folie
Le Parisien a consacré un récit à cette « première période de folie » et l’a résumée d’un titre : « Ça roulait tout seul ». En trente-deux minutes, les hommes de Luis Enrique ont transformé l’affiche en démonstration, et certains spectateurs ont commencé à quitter l’enceinte après le troisième but.
Tout est parti d’une action de dix passes, du poteau de corner parisien à l’angle de la surface adverse : Désiré Doué a armé une frappe qui a surpris Gianluigi Donnarumma au premier poteau (0-1, 13e). 99 secondes plus tard, il trouvait la tête d’Ousmane Dembélé au second poteau, au terme d’un long une-deux entre les deux hommes (0-2, 15e).
Le troisième but est venu d’une feinte : Warren Zaïre-Emery a laissé filer le ballon pour Vitinha, auteur du 3-0 d’une frappe du droit (32e). City, lui, n’avait cadré qu’un seul tir avant la pause, dans le temps additionnel. « C’est déjà difficile contre ce genre d’équipes à 0-0. Alors quand tu prends le premier but puis le second dans la foulée, c’est encore plus difficile », a résumé Enzo Maresca.
La bascule
« Je n’aime pas gagner 3-0 à la mi-temps, parce que tu penses que le match est gagné et un match de ce niveau n’est jamais gagné », a expliqué Luis Enrique. À la pause, Enzo Maresca a procédé à trois changements (Dias, Cherki et Doku sortis), et les entrées d’Ayyoub Bouaddi et d’Iliman Ndiaye ont redonné consistance à Manchester City.
Isolé avant la pause, Erling Haaland a réduit de la tête (1-3, 53e). Paris a répondu par Maghnes Akliouche, auteur du 1-4 d’une frappe que Donnarumma n’a pas su maîtriser (62e). Mais le Norvégien a encore frappé, en reprenant un centre en retrait de Bouaddi (2-4, 75e), et les Parisiens ont reculé, jusqu’à finir la rencontre à cinq derrière.
« On a souffert durant la deuxième mi-temps, beaucoup. Ils ont mérité de marquer plus de buts et ce match, avec moins de bonheur ou de chance, on peut le perdre », a poursuivi l’entraîneur parisien. Dans la tempête, Matveï Safonov s’est multiplié, et Ferran Torres a même manqué un penalty, stoppé par Donnarumma, à la 90e minute.
La machine à transitions
L’analyse de Goal résume la soirée d’une formule : une « machine à transitions ». Un 4-3-3 élastique, des relances volontairement risquées pour attirer le pressing, puis des passes en une touche pour sanctionner la ligne haute de City. La statistique qui dit tout : trois buts inscrits avec seulement 46 % de possession en première période.
Pour la première fois, Luis Enrique avait aligné le trio Akliouche-Dembélé-Doué, et le match lui a donné raison : 100 % de réussite sur les frappes, chacun des trois a marqué sur sa seule tentative. Doué a réussi 27 de ses 28 passes et, selon L’Équipe, sa frappe d’ouverture n’avait que 2 % de chances de finir au fond, celle d’Akliouche 5 %.
Avant le Barça
Cette première victoire à l’Etihad n’est pas anecdotique : avec dix buts en deux journées, Paris reste en tête de la phase de ligue, un total que seuls le Real Madrid (2013-2014), le Bayern (2019-2020) et Dortmund (2024-2025) avaient atteint sur leurs deux premières rencontres d’une campagne, selon Opta. Le Parisien retient un PSG qui « sort grandi d’un match complètement dingue ».
Sur son compte X, L’Équipe a résumé le sentiment général :
La presse étrangère n’a pas boudé son plaisir : Bild a relevé « la souffrance » de Pep Guardiola, contraint de suivre la rencontre en tribunes, quand la Gazzetta dello Sport a retenu un premier but « tout droit sorti d’un jeu de PlayStation ».
Place au sommet, désormais : avec six points et la même différence de buts que le FC Barcelone, le PSG reçoit mardi 20 octobre (21h00) le club catalan au Parc des Princes, pour un choc entre les deux premiers de la phase de ligue. « Ce n’est pas important d’être dans les meilleurs à ce moment de la compétition. C’est important de l’être quand arrive le mois de mars », a prévenu Luis Enrique.