La fête a commencé dehors. Deux heures avant le coup d’envoi de la dixième journée de Ligue 1, samedi 7 novembre, le Virage Auteuil a célébré ses 35 ans aux abords du Parc des Princes, rapporte Le Parisien. Chants, tambours, fumigènes, feux d’artifice et drapeaux : les abords du stade parisien ont pris des airs de soirée de gala, pour l’une des tribunes historiques du double champion d’Europe.
Le club a relayé la soirée sur son compte X dès 18h02, avec un gâteau et les couleurs parisiennes. Un message qui accompagne une journée entière consacrée à la tribune. « Ce sont les 35 ans du Virage Auteuil mais pas que. Ce sont 35 ans d’ambiance au Parc des Princes, de toute une ferveur », a résumé un supporter sur le compte X du PSG, cité par Le Parisien.
Un tifo « 35 » et un virage embrasé
La fête s’est poursuivie à l’intérieur du stade. Pendant l’échauffement, les joueurs parisiens ont porté un t-shirt célébrant l’anniversaire, une initiative soutenue par le président Nasser Al-Khelaïfi. Le Collectif Ultras Paris a ensuite déployé un tifo « 35 », comme les bougies d’un gâteau de tribune.
Au début de la seconde période, le virage s’est embrasé sous un déluge de fumigènes rouges, formant une épaisse fumée au-dessus de la pelouse, sans que le jeu soit arrêté. Sur le terrain, le PSG a gagné 1-0 grâce à Illia Zabarnyi, buteur de la tête à la 39e minute sur un service de Senny Mayulu.
Une tribune née à l’automne 1991
Le Virage Auteuil naît à l’automne 1991, quand le PSG version Canal+ cherche une alternative au Kop de Boulogne et à ses hooligans, raconte So Foot. Des discussions entre le club et des inconditionnels déjà installés à Auteuil accouchent des Supras, contraction de « supporters » et « ultras ». À l’aube de la saison 1991-1992, la tribune devient un virage à l’italienne, avec capos, tifos et chorégraphies, par contraste avec un kop d’inspiration anglaise.
Les groupes se succèdent et structurent la tribune : Lutece Falco, Tigris Mystic, Karsud. Auteuil grandit avec les résultats européens du PSG et revendique une mixité que ses anciens mettent en avant, « un vrai délire black-blanc-beur pas artificiel » selon l’un des fondateurs de la K Soce-Team, toujours dans So Foot. Au milieu des années 1990, les Supras comptent près de 500 membres.
Deux virages, deux cultures
Les deux extrémités du Parc racontent deux écoles. D’un côté le Kop de Boulogne, l’inspiration anglaise et ses débordements ; de l’autre Auteuil, l’inspiration italienne, les tambours et les tifos. So Foot le décrit comme le moteur de l’ambiance du stade et le principal pourvoyeur de supporters parisiens en déplacement.
Quatre semaines après le 10 octobre
Cette fête arrive quatre semaines après une soirée beaucoup plus tendue. Le 10 octobre, face au Mans, une banderole du CUP en soutien aux lycéens mobilisés avait été retirée par les stadiers, et le virage s’était vidé en plein match, avant une grève des encouragements en seconde période. Le récit de cette soirée est à lire ici.
Samedi, il n’était question que de mémoire et de fête. Elle pourrait avoir un prix : l’usage d’engins pyrotechniques est interdit dans les stades et pourrait valoir à la tribune une fermeture partielle pour le prochain match de Ligue 1 au Parc, face à Lorient le 28 novembre, écrit Le Parisien.
En attendant, les 35 bougies ont été soufflées deux heures avant le coup d’envoi, sous les drapeaux et les tambours. Le virage, lui, a repris sa place dans le paysage du Parc, trente-cinq ans après ses premiers chants.