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Stade du PSG : Sophie Taillibert s’oppose au projet d’agrandissement, le club répond

Un nouvel interlocuteur s’invite dans le dossier du futur stade du PSG : Sophie Taillibert, fille de l’architecte Roger Taillibert, s’oppose à la solution technique du projet d’agrandissement du Parc des Princes à 70 000 places, qu’elle juge trop destructrice pour l’œuvre de son père, selon Le Parisien. Le club a répondu le même jour qu’il n’existait « à ce stade » aucun projet architectural arrêté.

Vue générale du Parc des Princes lors d’un match du PSG.
Photo d’illustration : vue générale du Parc des Princes, dont le projet d’agrandissement à 70 000 places est contesté par Sophie Taillibert, la fille de l’architecte Roger Taillibert. · Crédit photo : Icon Sport

Un nouvel acteur s’invite dans le dossier du futur stade du PSG. Selon Le Parisien, qui publie mardi 6 octobre une interview de Sophie Taillibert, la fille de Roger Taillibert, l’architecte du Parc des Princes décédé en 2019, s’oppose à la solution technique du projet d’agrandissement présenté cet été par le club, qu’elle juge trop destructrice pour l’œuvre de son père.

« Préserver l’œuvre de mon père est ma priorité », déclare au Parisien cette neuro-oncologue installée aux Émirats arabes unis, qui revendique son statut d’ayant droit de l’architecte. Le projet parisien vise à faire passer la capacité de l’enceinte d’un peu moins de 48 000 à 70 000 places.

Un désaccord sur les portiques de Roger Taillibert

Depuis le début de l’été, Sophie Taillibert a participé à plusieurs réunions avec les dirigeants du club, au cours desquelles le projet lui a été présenté. Selon Le Parisien, elle estime qu’en démantelant la toiture, l’enceinte perd son identité. Le point de friction porte sur les 50 portiques autostables en béton précontraint qui structurent le stade, composés de mâts verticaux et de fléaux horizontaux en porte-à-faux.

« Le projet qui nous a été présenté prévoit la suppression des fléaux et de l’anneau technique. Des 50 portiques qui structurent le stade, seuls les mâts seraient conservés, comme une sorte de squelette... », explique-t-elle. « Il s’agirait donc d’une intervention extrêmement lourde, entraînant une déconstruction massive de l’ouvrage. C’est précisément à cette suppression des fléaux et de l’anneau technique que je ne peux pas donner mon accord. »

« Il faut comprendre que le Parc des Princes est une œuvre architecturale à part entière, dont l’identité tient autant à sa forme qu’à son système constructif », insiste-t-elle. Une position qui prolonge celle de son père : Roger Taillibert avait lui-même participé aux réflexions sur une précédente extension, à 60 000 places, en refusant que le stade perde son identité architecturale.

L’accord de l’ayant droit indispensable aux travaux

« En ma qualité d’ayant droit, mon accord est nécessaire dès lors que les modifications envisagées sont susceptibles de porter atteinte à l’intégrité architecturale de l’œuvre », prévient-elle. « Mon opposition n’est pas un caprice. En ma qualité de gardienne de l’œuvre de mon père, moralement, je me dois d’être cohérente et de respecter ses décisions concernant son œuvre. »

Elle ne s’oppose pas, pour autant, au principe d’une transformation du stade : « Nous souhaitons tous que le PSG reste au Parc des Princes et nous avons donc des points de convergence », souligne-t-elle. Elle demande seulement que les dirigeants prennent le temps d’explorer d’autres pistes, plus respectueuses de l’œuvre de son père.

Selon Le Parisien, le futur propriétaire du stade devra de toute façon obtenir son accord pour engager des travaux : à défaut, le début des travaux pourrait être bloqué par une procédure judiciaire pendant au moins dix-huit mois.

Le PSG assure qu’aucun projet n’est arrêté

Le club a répondu le jour même. Le Paris Saint-Germain indique au Parisien avoir entendu « les interrogations exprimées par Sophie Taillibert et aussi son attachement au maintien du Paris Saint-Germain au Parc des Princes ». « À ce stade, il n’existe pas de projet architectural arrêté », ajoute le club, qui dit vouloir « poursuivre le dialogue constructif engagé avec Sophie Taillibert ».

« S’agissant du Parc des Princes, l’enjeu est notamment de déterminer dans quelles conditions le stade pourrait évoluer afin de répondre au besoin d’agrandissement du club, tout en intégrant son identité à laquelle le club est attaché. Cela constitue un véritable défi architectural, patrimonial et technique », développe-t-il.

Le dossier doit en tout cas revenir sur la table dans les prochains jours : les comités de pilotage de Poissy, Massy et Paris sont programmés la semaine du 12 octobre, alors que le club doit choisir son futur stade à l’automne, entre un Parc des Princes agrandi dont il exigerait la propriété et une enceinte neuve en banlieue. Comme nous l’expliquions cette semaine, la Mairie de Paris défend de son côté un projet d’agrandissement à 70 000 places assorti d’un nouveau quartier.

Entre la Ville de Paris, les villes candidates et désormais la famille de l’architecte, le club doit composer avec un interlocuteur supplémentaire. Sa décision est attendue à l’automne ; le dossier du Parc des Princes, lui, s’est offert un nouveau rebondissement.

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