Le temps de la décision est arrivé. Les trois derniers comités de pilotage consacrés au futur stade du PSG se sont tenus la semaine dernière : Poissy le mardi 13 octobre, puis le Parc des Princes et Massy le vendredi 16. À leur issue, le club a publié un communiqué dans lequel il assure disposer « de nombreux éléments pour engager une phase d’analyse ». Les études de faisabilité sont terminées, la direction doit maintenant choisir.
Dans son édition de ce lundi, L’Équipe propose sa lecture du moment : « Si l’on devait se mouiller et donner un favori aujourd’hui, on miserait sur une finale Paris-Poissy, avec un avantage pour le Parc des Princes. » Le quotidien sportif parle d’un « choix du cœur ». Rien n’est officiel : le PSG n’a désigné aucun site et son communiqué insiste sur l’absence de « choix préétabli ».
Paris-Poissy, une finale qui se dessine
Cette projection repose sur un constat : les trois sites présentent des inconvénients, mais les deux villes candidates ont multiplié les signaux d’envie. La Ville de Paris et celle de Poissy ont affiché leur volonté d’accueillir l’enceinte du champion d’Europe. Massy avance une approche plus rationnelle, en cherchant d’abord à savoir ce que le projet apporterait à ses habitants, selon L’Équipe.
Le Parc des Princes garde une carte que personne ne peut lui retirer : c’est le stade historique, celui du « choix du cœur », et son dossier paraît le mieux avancé sur le plan technique. Mais l’affaire a un prix. Pour agrandir et moderniser l’enceinte du 16e arrondissement, il faudra rénover et densifier les lignes 9 et 10 du métro. Le tramway T3 est également envisagé.
La facture RATP, l’argument qui bloque
Le chiffrage présenté par la RATP pour ces aménagements se compte en centaines de millions d’euros. Selon L’Équipe, la note est jugée exorbitante. Voilà pourquoi le retour au Parc, malgré son statut de favori, ne peut pas être présenté comme une évidence : le stade existe, mais les accès qui vont avec restent à financer.
À Poissy, les obstacles sont d’une autre nature. Le site de l’usine Stellantis reste le plus vaste et le plus libre. Le constructeur a ouvert la porte : un haut dirigeant du groupe était présent au dernier comité de pilotage et a confirmé que Stellantis était favorable à l’installation du club.
Poissy, deux écueils bien réels
Le premier est politique. L’élection municipale de Poissy, qui a vu la réélection de Sandrine Berno Dos Santos face à son prédécesseur Karl Olive (Renaissance), a été annulée par le tribunal administratif de Versailles. Un recours est pendant devant le Conseil d’État. Le projet reposerait donc sur une majorité dont la légitimité est contestée devant la justice.
Le second est ferroviaire. Le quai Talbot, ancienne desserte de l’usine Peugeot, devrait être réhabilité pour desservir le futur stade. Mais SNCF Réseau ne l’envisage pas avant 2040 et a émis des réserves. Un stade de 80 000 places sans accès ferroviaire à la hauteur, c’est un problème que le club ne peut pas ignorer.
Massy, le référendum qui pèse
Massy a des atouts, à commencer par un projet de nouvelle enceinte porté avec des partenaires privés, Carrefour et Altarea. Mais son maire, Nicolas Samsoen (UDI), s’est engagé pendant la campagne municipale à organiser un référendum pour savoir si sa population veut du stade du PSG. Cette promesse pèse sur le dossier et explique, selon L’Équipe, pourquoi la ville de l’Essonne semble un cran derrière.
La prudence du club s’entend : un projet de cette ampleur ne peut pas dépendre d’un vote local dont l’issue est incertaine. Une consultation peut se perdre pour des raisons sans rapport avec le stade, et le PSG cherche précisément à sécuriser son calendrier.
Le financement, la question qui décidera
Quel que soit le site retenu, il faudra répondre à une question simple : qui paie quoi ? Le PSG aimerait s’appuyer sur les contrats de plan État-Région (CPER), qui servent à financer les projets structurants entre l’État et les régions. Mais les fonds publics sont limités, et l’époque n’est pas aux grandes enveloppes.
C’est là que tout peut basculer d’un site à l’autre. Paris peut compter sur des infrastructures existantes, mais doit absorber la facture RATP. Poissy offre du foncier et un projet neuf, mais son accès ferroviaire est repoussé et son paysage politique incertain. Massy cumule un référendum et le coût d’une enceinte à construire.
La direction parisienne doit trouver des réponses « dans les deux mois à venir » pour finaliser son choix, écrit L’Équipe. Le club, de son côté, parle d’une sélection à l’automne 2026 qui « ne constituera pas une décision définitive ». Une manière de désigner un site prioritaire sans fermer la porte aux deux autres.
Ce que le club dit vraiment
Le communiqué publié le 16 octobre mérite d’être lu en entier. Le PSG salue d’abord « la qualité du travail accompli avec les collectivités, les services de l’État et les partenaires mobilisés », avant de souligner que « chacun présente des caractéristiques, des atouts et des enjeux spécifiques ». Puis vient la phrase clé : la sélection d’un site devra être suivie d’une « nouvelle étape visant à sécuriser les conditions nécessaires à la réalisation du projet ».
Cette étape, c’est le financement et les autorisations. Autrement dit, même si le Parc des Princes est désigné dans les prochaines semaines, rien ne sera encore signé. Comme nous l’écrivions la semaine dernière, un déménagement temporaire au Stade de France est même à l’étude dans l’hypothèse d’une rénovation du Parc. Le feuilleton du stade n’a pas fini de durer.