Le Parc des Princes attendait un choc, il a assisté à une démonstration. Le Paris Saint-Germain s'est incliné 0-4 face à l'OL Lyonnes, samedi 17 octobre, pour la 5e journée d'Arkema Première Ligue. Un score sévère dans la forme, limpide sur le fond.
Les Parisiennes arrivaient avec quatre victoires en quatre journées et un seul but encaissé en championnat, dans un choc au sommet qui devait livrer un premier verdict. Elles repartent avec cinq buts au passif, une troisième place au classement et la confirmation que l'écart avec leur rival lyonnais n'a pas été comblé.
Trois minutes pour tout changer
Le scénario s'est noué très vite. Sur la première incursion lyonnaise, Selma Bacha centrait depuis la gauche et Melchie Dumornay plaçait une tête piquée hors de portée de Katarzyna Kiedrzynek (0-1, 3e). Paris n'avait pas encore installé son pressing que le score était déjà ouvert.
La suite de la première période a pourtant donné un autre visage. Les joueuses de Paulo César ont pressé haut, récupéré en nombre, fait reculer l'OL. Naomie Feller a frôlé le poteau d'une frappe enroulée (31e), Sakina Karchaoui a vu son tir contré in extremis (34e). Le temps fort était parisien, le score ne bougeait pas.
Deux centres, deux têtes
Il a bougé juste avant la pause, sur le seul décalage que Lyon a su exploiter. Jule Brand centrait depuis la droite, Marie-Antoinette Katoto reprenait de la tête dans les six mètres (0-2, 39e). L'attaquante passée par le PSG avant de rejoindre Lyon en 2025 a marqué l'un des buts les plus lourds de la soirée.
Deux centres, deux têtes, deux buts : le réalisme lyonnais a tranché avec les occasions parisiennes restées sans conclusion. C'est toute la différence entre une équipe qui convertit presque tout et une autre qui a multiplié les incursions sans trouver la faille.
Kiedrzynek sort, le PSG se délite
Le retour des vestiaires a ajouté la mauvaise nouvelle à la mauvaise soirée. Touchée sur un contact, Katarzyna Kiedrzynek est restée aux vestiaires et Oliwia Szperkowska a pris sa place. La gardienne polonaise avait tenu son équipe dans le match, avec plusieurs arrêts dont un face à Salma Paralluelo juste avant la pause.
Les trois changements parisiens, dont les entrées de Jade Le Guilly et Jackie Groenen, n'ont pas modifié la physionomie. Dès la 48e, Dumornay résistait à la pression, servait Vicki Becho, dont la frappe était déviée par Thiniba Samoura et terminait au fond (0-3, 48e).
Le quatrième est venu d'un coup franc de Bacha, dévié de la tête par Wendie Renard et repris au second poteau par Salma Paralluelo (0-4, 59e). Quatre buts, quatre situations différentes, et une défense parisienne qui n'a jamais retrouvé ses repères après la pause.
Un classement qui se creuse
L'OL Lyonnes compte désormais 15 points sur 15, 31 buts marqués et 3 encaissés en cinq journées. Les Lyonnaises prennent seules la tête avec trois points d'avance et récupèrent au passage le statut de meilleure défense du championnat, que le PSG détenait avant la rencontre.
Derrière, le Paris FC, vainqueur 4-0 à Toulouse, revient à hauteur du PSG avec 12 points et passe devant à la différence de buts. Les Parisiennes reculent au troisième rang.
Il faut aussi mesurer la série. Cette défaite est la onzième consécutive du PSG contre les Lyonnaises, toutes compétitions confondues. La rivalité penche toujours du même côté, et le score de samedi n'a rien arrangé.
Ce qu'il faut corriger avant Montpellier et Manchester City
Le calendrier ne laisse pas de répit. Le PSG reçoit Montpellier vendredi 23 octobre en championnat, puis Manchester City le 29 octobre en Ligue des champions féminine. Deux rendez-vous pour répondre, dans deux registres différents.
Le premier point est défensif. Paris a encaissé quatre buts sur des situations qu'il gérait plutôt bien depuis le début de saison : deux centres venus des couloirs, une frappe contrée, un coup franc dévié à la tête. Surtout, le but de la 3e minute a offert à l'OL un confort qu'il n'aurait pas dû obtenir si tôt.
Le deuxième est offensif. Privé de Rasheedat Ajibade, opérée d'une fracture de la fibula, et d'Anaïs Ebayilin, victime d'une rupture du ligament croisé, Paulo César a aligné un trio inédit Feller, Lafontaine, Karchaoui. Paris a multiplié les incursions sans trouver la faille, et le banc n'a pas changé la donne.
Le troisième concerne l'entame. Deux fois, les Parisiennes ont concédé un but dans les trois minutes qui suivaient le coup d'envoi ou la reprise. Face à Manchester City, ce genre de retard se paie autrement plus cher.
Rien d'irrémédiable après cinq journées, et le PSG conserve un bilan de douze points sur quinze. Mais le soir où il pouvait prendre la tête du championnat, il a mesuré l'écart qui le sépare encore d'un rival qui n'a perdu ni un point ni son sang-froid.