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PSG : les coulisses de la reconversion de Lucas Beraldo au milieu de terrain

Un jour d'entraînement, Luis Enrique a demandé à Lucas Beraldo s'il avait déjà joué milieu défensif. Quelques mois plus tard, le défenseur brésilien du PSG convertissait le cinquième tir parisien lors de la séance de la finale de Ligue des champions. Son représentant raconte les coulisses de cette reconversion au média brésilien Trivela.

Luis Enrique lors d'un entraînement du PSG.
C'est à l'entraînement que Luis Enrique a un jour demandé à Lucas Beraldo s'il avait déjà joué milieu défensif. Photo d'illustration. · Crédit photo : Icon Sport

Recruté comme défenseur central en janvier 2024, Lucas Beraldo n’est plus tout à fait le même joueur. Le Brésilien de 22 ans, arrivé de São Paulo pour environ 20 millions d’euros, s’est transformé au fil de la saison passée en milieu défensif — jusqu’à disputer la finale de la Ligue des champions dans ce rôle. Dans un entretien accordé au média brésilien Trivela, l’un de ses représentants, Filipe Tancredi, raconte les coulisses de ce repositionnement impulsé par Luis Enrique.

« Tu as déjà joué milieu défensif ? »

Tout est parti d’une conversation, un jour d’entraînement. « Luis Enrique s’est approché de lui et lui a dit : “Lucas, tu as beaucoup de qualités. Tu as déjà joué milieu défensif ?” », rapporte son représentant. Lucas Beraldo a alors répondu qu’il avait déjà occupé ce rôle chez les jeunes — jamais chez les professionnels, mais il se disait prêt si le besoin s’en faisait sentir.

L’idée n’était pas totalement neuve. Avant même ses débuts chez les professionnels de São Paulo, Alex — l’ancien milieu de Palmeiras et Cruzeiro qui entraînait alors les moins de 20 ans du club — l’avait déjà testé un cran plus haut. Aujourd’hui entraîneur de l’Athletic, au Brésil, Alex a même envoyé un message à André Beraldo, le père du joueur et ancien défenseur : « On dirait bien que je ne m’étais pas tant trompé que ça, hein ? », raconte encore Filipe Tancredi.

De Nice à Toulouse, l’occasion saisie

L’arrière-plan est parisien : la concurrence s’est épaissie dans l’axe avec Willian Pacho puis Illya Zabarnyi, tandis que Luis Enrique cherchait un moyen de préserver ses pivots, Vitinha et João Neves, sur une saison à trois tableaux. L’occasion s’est présentée à Nice, juste avant la trêve de mars, quand Beraldo est entré en jeu après la blessure d’un coéquipier. Sa prestation dans le rôle du numéro 6 a convaincu.

Deux semaines plus tard, le 3 avril, l’Espagnol l’a cette fois lancé d’entrée face à Toulouse, pour la reprise de la Ligue 1. Le PSG s’est imposé 3-1 et son milieu du soir a été l’une des satisfactions de la rencontre. « Il a cette capacité à avoir de la continuité à un poste inédit. Il défend bien, il attaque bien. Je suis ravi d’avoir un joueur comme ça dans mon effectif », a salué l’entraîneur parisien après la rencontre.

La suite lui a donné raison : selon son entourage, il a été titularisé sept fois sur les douze derniers matches de la saison, chaque fois sur la totalité de la rencontre. Le point d’orgue est arrivé le 30 mai : entré comme milieu lors de la finale de la Ligue des champions contre Arsenal, il a converti le cinquième tir parisien de la séance, remportée 4-3, et le PSG a soulevé sa deuxième Ligue des champions consécutive.

« Aujourd’hui, il est milieu défensif, utilisé à 100 % »

« Il ne pensait pas devenir milieu défensif, mais à partir du moment où l’idée a émergé, il a saisi l’opportunité à bras-le-corps », poursuit Tancredi. « Aujourd’hui, il est milieu défensif, il est utilisé à 100 % à ce poste, il se bat pour une place au PSG comme milieu. Mais s’il faut jouer latéral gauche, il fait très bien. Et en défense centrale, il n’y a même pas besoin d’en parler. »

Cette flexibilité ne doit rien au hasard : selon son représentant, Luis Enrique a fait passer un message clair à son vestiaire — ses joueurs doivent être à l’aise dans trois positions, au moins. Beraldo, qui a aussi dépanné au poste de latéral gauche, jusqu’en sélection brésilienne, coche toutes les cases. « Il se sent très bien et aime beaucoup ce nouveau poste. Il est mû par les défis : il apprend et, surtout, il parvient à livrer des résultats », appuie son représentant.

Le club y voit d’ailleurs bien plus qu’un dépannage. Sa prolongation récente, officialisée dans la vague d’extensions de contrat du début septembre, a acté cette confiance.

« Quand on s’assoit à la table pour la prolongation d’un joueur comme Lucas, il faut comprendre si le PSG a un plan clair pour lui : ce que le joueur voit, ce que le club voit, et si les attentes sont alignées. Parce que ce qui ressemble à un rêve peut se transformer en cauchemar s’il est mal exécuté. Tout cela a été traité, pour que Lucas puisse continuer à avoir du temps de jeu, à se développer, à jouer », détaille son représentant.

« Ils nous ont toujours dit, à chaque moment des discussions, que Lucas fait bien partie des plans à long terme du Paris Saint-Germain », conclut Filipe Tancredi. Derrière l’anecdote, l’histoire dit aussi quelque chose de la méthode de Luis Enrique : chercher la polyvalence dans son effectif et faire confiance aux joueurs pour se réinventer.

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