Le décor est connu depuis mardi soir. Avant le coup d’envoi du choc de la 3e journée de Ligue des champions, le Collectif Ultras Paris a déployé en tribune Auteuil un tifo inspiré du film d’horreur « Massacre à la tronçonneuse » : un personnage masqué en maillot parisien, une tronçonneuse ensanglantée, et un écusson du FC Barcelone en train d’être découpé.
Sous l’image, un slogan : « Massacre à la parisienne ». Selon ESPN, des effets pyrotechniques imitaient les étincelles de la lame. Des banderoles insultantes visant le club catalan ont également été déployées pendant la rencontre, rapporte Foot Mercato.
Le Barça a saisi le délégué de l’UEFA
Un porte-parole du FC Barcelone a confirmé à Reuters que le club avait signalé le contenu du tifo au délégué de l’UEFA présent au Parc des Princes, après la rencontre, ainsi que plusieurs chants offensants entendus dans les tribunes. Selon Ouest-France, le club catalan comptait signaler le tifo dès la mi-temps.
Barcelone a également pris position publiquement, dans des déclarations transmises à la BBC. Le club y condamne fermement les incidents, juge les images profondément dérangeantes et estime qu’elles portent un message qui incite à la violence et à la haine dans le sport. Une lecture que le PSG n’a pas commentée.
Sollicitée par la BBC, l’UEFA n’avait pas répondu mercredi. Selon Mundo Deportivo, relayé notamment par ParisFans, le PSG serait visé par une procédure disciplinaire et une sanction financière serait attendue, sans qu’une fermeture partielle ou qu’un avertissement ne soit écarté. Aucune de ces informations n’a été confirmée par l’instance.
Le tifo avait été autorisé par le club
C’est le point qui fragilise Paris. Selon L’Équipe, cité par Reuters, le tifo avait été validé en amont par le club parisien. Les tifos doivent en principe être approuvés en amont par le club hôte avant d’entrer dans le stade. Foot Mercato ajoute que le déploiement avait même été annoncé au micro du Parc des Princes.
Ce cadre change la lecture du dossier. Le PSG avait refusé, quelques jours plus tôt, une banderole liée au mouvement social français lors de la réception du Mans. Il a cette fois laissé passer la mise en scène d’un écusson découpé à la tronçonneuse, à onze jours d’Halloween. L’argument de l’incident imprévisible devient difficile à tenir.
Ce que dit le règlement
Le texte mobilisé est l’article 16, paragraphe 2, point e), du règlement disciplinaire de l’UEFA. Il vise l’usage de gestes, de mots ou d’objets servant à transmettre un message provocateur inadapté à un événement sportif. Reuters rappelle que le montant de référence pour une première infraction de ce type est de 10 000 euros. Le club hôte reste responsable du comportement de ses supporters, même sans négligence démontrée.
Amende probable, tribune fermée beaucoup moins
À ce stade, l’amende est le scénario le plus crédible si une infraction est retenue. Le règlement ouvre une échelle plus large, de l’avertissement à la fermeture partielle, voire à des mesures plus lourdes. Mais rien, dans les éléments publiés cette semaine, n’indique qu’une fermeture de tribune soit à l’ordre du jour.
Un précédent donne la mesure. En 2025, après la finale de Ligue des champions contre l’Inter Milan, le PSG avait écopé d’une amende de 10 000 euros pour une banderole jugée inadaptée à un événement sportif, selon Foot Mercato. L’article 23, paragraphe 3, permet aussi de retenir la réaction immédiate du club comme circonstance atténuante. Encore faut-il qu’il y ait eu réaction.
Un dossier qui tombe mal
Sur le terrain, la soirée a été réussie : le PSG a dominé Barcelone (4-2) et signé une troisième victoire en trois matches européens. Le club enchaîne avec la réception de Lyon en Ligue 1. Un dossier disciplinaire, même limité à une amende, s’ajoute à une semaine déjà chargée.
Pour l’instant, il n’y a donc ni procédure officielle ni sanction : un signalement, une instance qui examine, et un club qui n’a pas communiqué. La suite dépendra du rapport du délégué UEFA et de la qualification retenue.