Le but d’Illia Zabarnyi, à la 39e minute, a suffi au PSG face à Troyes (1-0, 10e journée). Ferran Torres, lui, attend toujours le sien. Titulaire samedi, l’attaquant espagnol a disputé 70 minutes, cadré quatre tirs et perdu deux face-à-face devant Hillel Konaté (38e, 67e). L’Équipe en a recensé un troisième à la 45e, plus une frappe hors cadre dans le temps additionnel de la première période.
Huit matches, zéro but
Le dernier but de Ferran Torres sous le maillot parisien remonte au 20 septembre, au Vélodrome. Entré en jeu, il avait marqué en 31 minutes contre Marseille (2-1). Depuis : Le Mans, Manchester City, Strasbourg, le FC Barcelone, Lyon, Le Havre, Villarreal et Troyes. Huit matches, aucun but, et un compteur qui interroge à mesure que le calendrier avance.
Le décompte des tirs cadrés dit le paradoxe. Foot Sur 7 en compte douze sans réussite depuis cette soirée marseillaise. Les feuilles de match SportMonks en recensent treize, dont quatre samedi. L’écart d’une unité ne change pas le constat : le volume d’occasions reste élevé, la conversion s’est arrêtée.
Car les occasions existent. Contre Troyes, Ferran Torres a buté deux fois sur Konaté, auteur de six arrêts. À Lyon, il avait cadré trois fois. Au Havre, deux fois encore. Luis Enrique en a fait son argument principal après la rencontre, préférant le volume au déchet.
Des débuts presque trop faciles
Le contraste avec son arrivée est saisissant. Recruté à Barcelone le 15 août, Ferran Torres avait signé un doublé pour ses débuts à Rennes, le 23 août, puis sept buts lors de ses six premières rencontres, dont un triplé à Bratislava (9 septembre). Sa série : deux buts, zéro, zéro, trois, un, un. Puis plus rien.
Selon Foot Sur 7, ses huit premiers tirs cadrés lui avaient rapporté sept buts. Les données SportMonks confirment le chiffre : deux réalisations à Rennes, trois à Bratislava, une à Brest et une à Marseille, pour huit tirs cadrés au total. Une efficacité devenue une exception statistique, et un point de comparaison inconfortable.
Ce que dit Luis Enrique
Interrogé sur la série de son attaquant, l’entraîneur parisien a choisi la dédramatisation. « Tout le monde était préoccupé par Mika Godts, maintenant, c’est Ferran. Ce sont des attaquants qui ratent et marquent des buts », a-t-il répondu, selon Foot Mercato et Foot Sur 7. Une manière de rappeler que la critique change de cible au fil des semaines.
Luis Enrique a ajouté sa doctrine, citée par L’Équipe : « Ce qui est une condition sine qua non pour moi, c’est que les attaquants continuent à avoir des grosses occasions. » Le raisonnement se tient : tant que Ferran Torres se procure des situations, l’entraîneur considère que le problème est conjoncturel, pas structurel.
Dans le vestiaire, le ton était plus collectif. « Il faut être un petit peu plus efficace pour marquer et creuser l’écart », a résumé Warren Zaïre-Emery, sans nommer son coéquipier. Le milieu parisien faisait aussi référence à sa propre tête qui a touché le montant (59e), sur un centre de Désiré Doué.
Mayulu, la concurrence qui monte
Le contexte a changé autour de lui. Senny Mayulu, 20 ans, a marqué lors de trois matches consécutifs avant Troyes : contre Lyon (26 octobre), au Havre (30 octobre) puis à Villarreal (3 novembre). À Vila-real, il était titulaire en faux numéro 9, à la place de Ferran Torres, alors qu’Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia manquaient.
Samedi, Mayulu n’a pas marqué mais a encore pesé : une frappe détournée sur la transversale (4e), un poteau (5e), et le centre à l’origine du but de Zabarnyi (39e). Sa série de trois buts en trois matches a installé une alternative crédible dans l’axe.
Et maintenant
La trêve internationale arrive au bon moment pour Paris, qui ne rejouera pas avant le samedi 21 novembre, à Nice (17h15, Allianz Riviera, 11e journée). Deux semaines sans compétition pour Ferran Torres, l’occasion de retrouver du rythme à l’entraînement et de travailler un geste qui lui échappe depuis sept semaines.
Le match de Nice dira si la pause a suffi. D’ici là, le débat parisien ne porte plus sur le talent de l’attaquant, mais sur sa capacité à redevenir décisif dans une équipe qui gagne sans lui demander de tout résoudre. Samedi, Paris a gagné 1-0 : le sujet est resté entier.