Huit mois après avoir quitté le FC Barcelone, Dro Fernández retrouve son club formateur. Le PSG reçoit les Catalans mardi 20 octobre (21 heures) au Parc des Princes, pour la 3e journée de la phase de ligue de Ligue des champions. L’occasion de mesurer ce que le milieu de 18 ans a réellement apporté depuis son arrivée, en janvier, pour 8 millions d’euros.
Son départ de Barcelone, en janvier, n’avait déjà rien d’anodin. Hansi Flick comptait sur lui, et le club catalan a vu partir un espoir formé à La Masia. Selon ESPN, Paris a même payé un peu plus que la clause libératoire de 6 millions d’euros pour devancer la concurrence, l’indemnité totale atteignant 8 millions.
Selon une enquête de L’Équipe publiée dimanche 18 octobre, le dossier ne se résume pas à des statistiques. Le quotidien sportif parle d’un « mystère » et décrit des crispations en interne, du centre de formation au vestiaire professionnel, autour du temps de jeu d’un joueur recruté très jeune et installé très vite.
Ce que Dro Fernández a montré
Le bilan brut, toutes compétitions confondues, tient en trois chiffres : 20 matches, 10 titularisations, 1 but. Pour un joueur arrivé à 17 ans en cours de saison, le volume n’a rien d’anecdotique. Luis Enrique l’a utilisé dans plusieurs configurations, parfois en sentinelle, parfois plus haut, sans jamais en faire un titulaire fixe.
Sa sortie la plus aboutie reste l’entrée en lice en Ligue des champions face au Slovan Bratislava (6-1), le 9 septembre. Titulaire, il avait disputé 90 minutes, délivré une passe décisive et récolté la note de 7,43 dans nos colonnes. Ce soir-là, il s’était présenté devant la presse pour évoquer un sentiment d’aller « bien mieux », « une grosse marge de progression » et l’envie de « continuer d’aider l’équipe dans les moments où je peux et dans les moments où on a besoin de moi ».
Le reste est plus inégal. Des entrées sans relief, des fins de match à gérer, et cette impression, partagée par plusieurs observateurs, d’un joueur dont la technique délicieuse ne se traduit pas encore en production. C’est le cœur du paradoxe décrit par L’Équipe : des promesses visibles, un apport frustrant.
Au centre de formation, un recrutement qui passe mal
C’est là que la crispation est la plus vive, selon L’Équipe. Plusieurs jeunes et formateurs du club estiment que l’arrivée de l’Espagnol a bouché des profils maison jugés aussi prometteurs. Le quotidien cite deux noms : Mathis Jangeal et Aymen Assab, 18 ans chacun, partis l’été dernier, le premier à Famalicão, le second à Monaco.
Le raisonnement se tient à l’échelle d’un centre qui produit des milieux en série. Recruter à l’extérieur, à prix modeste mais avec un statut, revient à fermer une porte en interne. L’Équipe ne parle pas de faute, plutôt d’incompréhension : la direction assume le choix sportif, l’académie le vit comme un signal.
Dans le vestiaire, la comparaison avec Mayulu et Ndjantou
Selon le quotidien, des questions circulent aussi chez les professionnels sur le traitement réservé à Dro Fernández, comparé à celui de Senny Mayulu (20 ans) et Quentin Ndjantou (19 ans). Le premier, formé au club, a dû attendre son tour. Le second, également issu de l’académie, compte très peu de minutes. Certains y voient un léger traitement de faveur.
L’argument avancé tient à une proximité : les deux Espagnols, le joueur et l’entraîneur, sont représentés par le même agent, Iván de la Peña. L’Équipe a d’ailleurs consacré un portrait à ce dernier, présenté comme « l’ami fidèle dans l’ombre de Luis Enrique ». Aucun élément public n’établit cependant un lien de cause à effet entre cette représentation commune et les choix de composition.
Un club qui reste patient
Face à ces échos, Paris ne s’alarme pas. Selon L’Équipe, les dirigeants se montrent patients et ne s’inquiètent pas de la situation, conscients qu’un joueur de 18 ans change de pays, de championnat et de statut en quelques mois. Le staff continue de l’intégrer, avec un temps de jeu réel mais encadré.
Le match de mardi offre un cadre idéal pour trancher sportivement. Dro Fernández y retrouvera le club qui l’a formé, huit mois après l’avoir quitté, dans un choc entre deux équipes à six points. Ce qu’il fera de cette soirée pèsera davantage que les débats internes.