Mustapha Badri, directeur général du groupe Al Mountakhab, affirme avoir été contacté dans les dernières heures précédant son vote du Ballon d'Or 2026 pour être dissuadé de soutenir Achraf Hakimi. Le journaliste marocain est le seul des 100 votants à avoir placé le capitaine du PSG en tête de son classement.
Dans un entretien publié samedi 31 octobre par Africafoot, il raconte ces sollicitations. Ses propos ont été relayés dimanche par RMC Sport et Le Figaro. Ni les personnes qui l'ont contacté ni le joueur cité ne sont nommés.
Un seul bulletin avec Hakimi en tête
Le jury du Ballon d'Or 2026 réunissait 100 journalistes. Un seul a attribué sa première place à Achraf Hakimi : Mustapha Badri. Son bulletin place ensuite Kylian Mbappé, Lamine Yamal, Khvicha Kvaratskhelia et Ousmane Dembélé, avec Harry Kane seulement sixième.
Le verdict final est différent. Harry Kane a été sacré le 26 octobre à Londres, devant Mbappé et Yamal, avec Rodri quatrième et Lionel Messi cinquième. Hakimi a terminé 13e, et Khvicha Kvaratskhelia reste le mieux classé des Parisiens, à la 6e place.
« Je n'ai pas cédé à ces sollicitations »
Il situe les faits « dans les dernières heures précédant le vote officiel ». Le juré préfère taire le nom du joueur concerné comme celui de ses interlocuteurs :
« Je vais révéler un secret à Africafoot et vous accorder une véritable exclusivité. Dans les dernières heures précédant le vote officiel, certaines personnes m'ont contacté pour tenter de m'influencer et me convaincre de voter contre Achraf Hakimi en faveur d'un autre joueur, dont je préfère taire le nom. Je n'ai pas cédé à ces sollicitations, mais cette expérience montre qu'il existe des tentatives d'influence autour de ce type de scrutin. »
« Une forme de lobbying »
Le journaliste élargit ensuite le propos aux groupes d'influence qui entourent, selon lui, ce type de scrutin :
« Comme je vous l'ai expliqué à propos d'Achraf Hakimi, il existe des groupes d'influence qui cherchent à contacter les journalistes et à orienter leurs choix. J'ai moi-même vécu cette expérience sans tomber dans ce piège. (...) C'est une forme de lobbying et de recherche de soutiens qui peut parfois conduire à des choix éloignés de la stricte logique sportive. »
Badri assume aussi la part personnelle de son choix : « Je ne vais pas le cacher : ma fibre marocaine a naturellement joué un rôle dans mon choix. Mais cela ne signifie absolument pas que mon vote manque d'arguments sportifs. » Il dit ne pas remettre en cause la légitimité du sacre de Kane, tout en estimant que d'autres joueurs méritaient davantage.
Le contexte des paris suspects
Ces révélations interviennent après une autre affaire. Le groupe Amaury, maison mère de France Football, a annoncé samedi avoir déposé plainte pour suspicion de paris frauduleux, après une possible fuite des résultats du Ballon d'Or. Selon RMC Sport, 12 comptes créés peu avant ont misé 264 000 dollars sur le quinté exact Kane, Mbappé, Yamal, Rodri, Messi, pour 200 000 dollars de gains, sur la plateforme Polymarket, interdite en France.
« L'intégrité du Ballon d'Or est une priorité absolue », a réagi le groupe Amaury, qui dit avoir ouvert des investigations. Rien ne relie publiquement, à ce stade, les pressions décrites par Mustapha Badri et cette plainte. Les deux dossiers sont distincts et aucune source ne suggère un lien entre eux.
Hakimi, 13e et capitaine
Achraf Hakimi, 27 ans, capitaine du PSG et des Lions de l'Atlas, termine 13e de ce Ballon d'Or, un an après sa 6e place de 2025. Vendredi 30 octobre, il a signé un triplé et deux passes décisives au Havre (5-1), le premier triplé de sa carrière.
Mustapha Badri estime que le Marocain « méritait d'être élu meilleur joueur de l'année ». Le classement, lui, ne change pas : Harry Kane reste Ballon d'Or 2026. Aucune enquête n'a établi à ce jour que le scrutin aurait été faussé, et aucune source ne dit que les pressions décrites ont privé Hakimi du trophée.