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Tuchel : la révolution continue. Partie 2, le chantier du milieu

Thomas Tuchel a été confronté à un début de saison des plus délicats. Un effectif en pleine déprime après sa deuxième élimination consécutive en huitièmes de finale de Ligue des Champions, un mercato décevant et les caprices d’un joueur clé de l’effectif ; on ne pouvait rêver pire entrée en matière. Pour couronner le tout, contrairement à ses prédécesseurs Tuchel hérite du groupe le plus relevé en phase de groupes de Ligue des Champions. Avec un milieu de terrain déserté et désertique, on ne donne pas cher des chances de ce PSG dans cette compétition. Six mois plus tard, la chance nous est offerte de nous remémorer ce début de saison et d’apprécier le chemin parcouru.

Souviens-toi l’été dernier…

Au début de la saison le PSG possède un effectif dominant défensivement et offensivement, mais le milieu de terrain est famélique tant numériquement que qualitativement. On y trouve Verratti hors de forme, Rabiot dont l’avenir reste incertain, Lassana Diarra qui semble complètement désintéressé de son métier de footballeur et un trio Angel Di Maria, Julian Draxler et Christopher Nkunku, qui sont tous les trois plus attirés par le but adverse que par la récupération du ballon. Bref, après la désertion de Rabiot, la friche se transforme en désert.

Marquinhos : l’homme providentiel

Marquinhos ; l’homme providentiel de l’entrejeu parisien

Malgré son désir de jouer depuis le début avec une défense à trois (qui nécessite quatre centraux de haut niveau), Tuchel va compenser la faiblesse de son effectif au milieu avec le renfort de Marquinhos. Cette compensation qui ressemble plus à du bricolage qu’à une réelle révolution tactique, elle est d’ailleurs présentée comme telle par la presse. Entêté et peut-être faute d’alternative, Tuchel persiste dans son idée et peu à peu les progrès apparaissent ; Marquinhos accumule de la confiance devenant plus serein balle au pied, plus précis dans ses placements, anticipe et reste toujours aussi solide dans les duels. Il réalise un grand match au Parc face à Liverpool qui permet d’entrevoir les huitièmes de finale au PSG. Puis il explose littéralement à Old Trafford en plaçant Pogba en détention provisoire pendant 90 minutes (et les cinq dernières dans les vestiaires). Non Marquinhos n’est pas (encore ?) le grand 6 dont les supporters rêvent nuit et jour, son potentiel à ce poste reste inconnu à ce jour. En comparaison avec ses rivaux européens, on peut désormais penser que le poste de numéro 6 n’est pas une force de ce PSG mais n’est plus une faiblesse non plus. C’est ça la révolution !

Une chose est sûre : pour réaliser ce tour de force en si peu de temps, il a fallu au moins trois ingrédients majeurs. L’entraineur : son audace, son instinct et surtout sa force de conviction. Le joueur : la confiance en son coach, sa capacité d’écoute et de remise en question. Et le TRAVAIL de tout l’effectif, pour la création d’automatismes. Tout cela a été réalisé à marche forcée, en prenant 20 points d’avance en championnat, en se qualifiant en étant premier de leur poule de Ligue des Champions et accessoirement en étant qualifié en demi-finale de Coupe de France. Chapeau !! Pour les supporters, être impressionné par son coach ; la révolution c’est aussi ça !!

 

Le double pivot: installé pour durer ?

On l’a vu, Marquinhos réalise de grandes performances en 6 aux côtés d’un Marco Verratti retrouvé. De retour de blessure, le « Petit Hibou » semble mieux physiquement, plus en jambes, concentré sur les objectifs. Sa complémentarité avec Marquinhos est embryonnaire mais d’ores et déjà les rôles sont répartis : Marquinhos, anticipe, bloque, va au contact, récupère et Verratti reste proche de lui en qualité de seconde lame, récupérer des ballons mêmes sales, les nettoyer et renvoyer tout beaux tout propres vers d’autres cieux. Dans un scénario idéal, oui ces deux-là devraient travailler ensemble longtemps.

Pour les accompagner, on peut imaginer deux solutions sur les côtés en fonction du profil des latéraux adverses. On pourrait voir Di Maria-Alves comme système préférentiel avec un milieu plus offensif côté gauche ou Bernat-Di Maria pour peser plutôt à droite. On pourrait également imaginer un système plus défensif avec Bernat et Alves. Il ne resterait alors plus que 3 places pour Cavani-Mbappé-Neymar et Di Maria.


Neymar : un rôle clé dans ce milieu !

La liaison Verratti-Neymar : la colonne vertébrale technique du PSG

Aucune équipe ne va loin en Ligue des Champions avec 3 joueurs qui se désintéressent totalement du travail défensif. Neymar, à son retour aura un rôle défensif prépondérant. Il va devoir créer le surnombre au milieu et rendre fluide la circulation du ballon entre la défense et le milieu adverse évidemment le plus rapidement  possible. Dans son nouveau rôle de 10, Neymar ne peut se permettre de disparaitre comme à Anfield ou au Parc contre Naples. Dans ce contexte, ses déclarations récentes et ses publications sur les réseaux sociaux sont des plus rassurantes. Bien sûr, en phase de possession la relation Verratti-Neymar doit être la colonne vertébrale de l’équipe.

Et Paredes ?

Leandro Paredes, dont la frappe de balle pourrait se montrer décisive en ligue des champions

Pour l’instant on sait peu de choses de Leandro Paredes. Il est très technique et possède une très belle frappe de balle, caractéristique qui manque cruellement à la palette du milieu parisien actuel. Son profil semble ressembler à celui de Verratti sans toutefois apporter autant de fluidité dans le jeu. Son jeu long semble supérieur à sa capacité à éliminer sur une passe dans un petit périmètre. Mais pour l’instant, sa forme physique actuelle apparaît insuffisante pour envisager le voir débuter un match de très haut niveau. Il semble donc être le remplaçant parfait de Verratti. Mais connaissant la capacité de Tuchel à faire progresser ses joueurs, il ne faut jurer de rien.

 

En conclusion

Devant Buffon, Tuchel semble privilégier un système à trois, composé de Thiago Silva, Kimpembe et Kehrer. Faute de remplaçant crédible au poste de 6, il est fort à parier que Marquinhos ne bougera plus de sa place au milieu dans les gros matchs. C’est sans doute à lui que pense Tuchel en premier au moment de composer son entrejeu. Pour l’accompagner, Verratti est tout désigné surtout s’il garde la forme qu’il affiche en ce moment. Sur les côtés de ce milieu à quatre, les options sont multiples ; des plus défensives aux plus agressives : Meunier, Alves, Draxler Di Maria à droite, Di Maria, Bernat et Kurzawa à gauche. On peut aussi imaginer une formation plus défensive comme observée à Old Trafford avec Bernat et Alves sur les côtés, ressemblant plus à un 5-3-2. Ce système pourrait correspondre à une approche prudente d’un match de haut niveau à l’extérieur ayant déjà fait ses preuves.

Suite et fin de ce point sur les évolutions tactiques et les forces en présence dans quelques jours. On présentera aussi des schémas types crédibles du PSG en fonctions de différents types d’adversaires.

Henri Lacoste

visuel en-tête : Graphic UNTD

crédit photos : Nine.prod x Paris United

Paris United

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