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Edito : Tuchel, de grosses interrogations

Malgré une belle semaine dernière (Real et Lyon), Thomas Tuchel n’a pas fait lever les doutes nés de sa fin de saison dernière. Les blessures et la gestion de l’effectif posent question.

Depuis le match retour et l’élimination face à United, on avait laissé l’Allemand perdu, tendu, finissant la saison avec un groupe plein de défiance sur son apport. Le début de saison mitigé, notamment en terme de jeu, était venu confirmer ces problèmes. Puis, il y a deux rencontres maitrisées et remportées face au Real puis Lyon. Mais voilà, Reims est venu remettre du doute.

Il y a déjà les problèmes de blessure. Depuis le début de saison, le PSG a vu passer par l’infirmerie Herrera, Sarabia, Cavani, Icardi, Mbappé, Draxler, Kehrer, Dagba, Kimpembe, et hier soir Choupo-Moting, qui a carrément joué blessé tellement il n’y avait plus de solutions au poste d’avant-centre. Le staff médical a changé mais les blessures sont toujours là. C’est un vrai problème.

A cause de tout cela, Tuchel adopte le principe de précaution avec abus. Mbappé s’entraine depuis près de dix jours, mais il ne joue toujours pas. Face à Reims, l’Allemand a laissé Marquinhos, Meunier et Di Maria sur le banc, et Gueye et Silva en tribunes. C’est trop. Dans beaucoup de clubs importants, les joueurs enchainent. Si Paris a peur aujourd’hui, qu’est ce que ce sera en février avant les matchs importants de Ligue des champions ? Certains ne joueront plus du tout en championnat ?

Hier soir, il a présenté une équipe tellement remaniée qu’elle fut en difficulté. Et c’est normal. Quand on change autant de joueurs, sans automatisme, il ne faut pas s’étonner qu’un jeune comme Mbe Soh vive une soirée très compliquée. Déjà, il est défenseur axial de formation et il a joué latéral. Mais surtout, il aurait sûrement été plus serein avec un Silva ou Marquinhos à ses côtés plutôt que Diallo.

L’autre problème vient de l’attitude de certains remplaçants. Paredes est en difficulté, ok. Mais il ne fait même pas les courses, le pressing. Il marche. C’est donc plus qu’un problème technique. Et que dire de Kurzawa, qui masquait ses faiblesses par quelques exploits offensifs et qui apparaît comme complètement perdu.

Enfin, on ne voit pas de continuité dans les principes de jeu. On a l’impression qu’il y a un style sans Neymar et un avec. Sauf que celui avec consiste à chercher en permanence le Brésilien au détriment de ce que le jeu voudrait. D’ailleurs, la déclaration d’après-match du coach parisien est étrange. Il a déclaré : « Je ne pense qu’on ait perdu parce qu’on a changé des joueurs ». Sous-entendu : « J’ai fait les bons choix, c’est de la faute des joueurs. » Il a ajouté que c’était facile d’être entraineur après les matchs. C’est vrai. Sauf que ça traduit une tension et surtout, j’ai envie de lui répondre : c’est vrai, mais c’est votre métier de mettre les joueurs dans les meilleures conditions et que les critiques font partie du métier. Parce que perdre, ça arrive, c’est le football, mais il faut aussi regarder ce qu’a proposé l’équipe. Et force est de constater que face à Reims, ce fut catastrophique dans le contenu.

Tuchel n’est pas encore en danger. Mais on connaît tous l’avis de Leonardo sur Allegri, sans club actuellement. Et ça ressemble fort à la première saison du directeur sportif qui avait laissé Antoine Kombouaré jusqu’à décembre avant de le remercier pour nommer Carlo Ancelotti. Alors, Bis repetita ?

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