Oeil du supporter

PSG-Lyon : je t’aime, moi non plus

Le PSG  accueille Lyon ce dimanche à 21 heures pour le compte de la 9e journée de Ligue 1. Si le match est souvent animé sur le terrain, il l’est tout autant dans les coulisses. Une sorte de « je t’aime, moi non plus » entre les présidents Nasser Al-Khelaïfi et Jean-Michel Aulas.  

On le sait entre les présidents du PSG et de l’Olympique Lyonnais, il y a une ambivalence dans les sentiments, un côté « je t’aime, moi non plus ». Lorsque Paris joue l’Europe ou un concurrent direct de Lyon en Ligue 1, le président rhodanien est derrière eux. Les autres jours, il n’hésite pas à critiquer le club francilien. S’il apprécie et respecte profondément son homologue, JMA ne cesse de blâmer le modèle économique du PSG. « L’important, ce n’est pas d’avoir un club riche en Ligue 1, c’est qu’il soit l’unique subventionné par un Etat et qu’il n’y ait plus de compétition », avait déclaré Aulas en août 2016 juste avant le Trophée des champions. Ce qui avait agacé Nasser Al-Khelaïfi : “ Nous, on parle sur le terrain.” Résultat de la rencontre ? 4 – 1 pour Paris.

Vives tensions

Le mercato 2017 restera, côté parisien, quelque chose d’exceptionnel. Il n’en fallait pas moins au président lyonnais pour répandre son fiel, notamment lors de la signature de Neymar. S’il a d’abord félicité le club, JMA poursuit ironiquement : “Bravo à Nasser pour la réalisation de cette opération unique dans le monde. Je suis très impatient de connaître le coût réel de l’opération.” Et lorsque la presse a interrogé courant septembre le président qatari sur les nombreuses sorties de ce dernier, il déclara sèchement : “Franchement, ce qu’il dit ou ne dit pas. Honnêtement, je ne l’écoute pas.”Quelques jours plus tard, Aulas affirme ne pas avoir reçu d’invitation de la part de Nasser pour les traditionnels repas d’avant match. Il semblerait bel et bien que les agissements du président de l’Olympique lyonnais aient fini par agacer son homologue. Mais JMA tente de calmer le jeu pour apaiser les relations avec le club de la capitale : “Si Nasser est irrité, je comprends, car c’est le jeu médiatique d’avoir voulu nous opposer, mais c’est fondamental que l’on s’entende bien pour défendre les intérêts des clubs français.”

Entre frustration et jalousie

Mais quelques mois plus tard, juste avant d’affronter le PSG fin janvier, JMA surenchérit sur le modèle économique de son rival lors d’une interview pour Le Parisien. Pour lui, les zones d’ombre ne manquent pas autour de QSI: “J’adore Nasser, c’est une personnalité attachante. Il a plein de qualités. Maintenant, le modèle qu’il représente, je le trouve dangereux pour le football français. On n’arrive pas à avoir des informations précises mais un budget annuel de l’ordre de 800 millions d’euros…  Neymar, par exemple, je ne sais pas s’il est salarié à 100% du PSG ou salarié en partie du Qatar pour la Coupe du monde.» Ce qui est sûr, c’est que les critiques d’Aulas sont les fruits d’une énorme frustration. Lui qui a vu son club dominé de la tête et des épaules le championnat au début des années 2000, ne supporte pas de voir un autre président lui voler la vedette.

Mais ce vendredi, à deux jours du choc entre les deux équipes, Aulas a remercié le club parisien. « J’ai eu récemment besoin du PSG du fait de sa compétence en matière de gestion des pelouses, a expliqué le président de l’OL au Figaro. J’ai demandé s’ils pouvaient nous déléguer leur « green-keeper » (jardinier) pour nous aider à résoudre nos problèmes de pelouse qui sont difficiles. Ils l’ont fait de manière ouverte et en gentleman. Chapeau à eux. » Le début d’une réconciliation ?

Mehdi Sefraoui

Paris United

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