à la uneAprès matchOeil du supporter

Prétention

La défaite au match retour face à Manchester United au Parc des Princes le 6 mars dernier va sans doute rester très longtemps dans les esprits des supporters parisiens. Cela étant dit, Paris United et la Gazette Tactique vous proposent de revenir sur ce match, d’essayer de décortiquer les aspects tactiques de la formation parisienne.

 Ce n’est pas un scoop : la défaite du Paris Saint-Germain est – une fois de plus – due à un manquement mental de la part de ses joueurs. Intrinsèquement, le Paris Saint-Germain a clairement surpassé cette équipe très diminuée de Manchester United (blessés, suspendus, etc). Cependant, de nombreuses erreurs tactiques ont été commises en dehors des erreurs de Thilo Kehrer et Gianluigi Buffon, qui ont offert un doublé à Romelu Lukaku.

 

Jouer très haut, jouer le pressing

Dès l’entame du match, le PSG a réussi à jouer très haut dans la surface adverse. A tel point que l’adversaire n’a pas été réellement dangereux sur toute la durée du match. Les Parisiens ont su rapidement étouffer les Mancuniens et jouer la récupération avec une très forte possession du ballon. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que Manchester United est une équipe qui sait jouer tout en étant dominée. Ils n’ont certes pas été décisifs sur tout le match en dehors des deux buts et du pénalty, mais ils ont su empêcher le PSG de marquer lorsqu’il était possible et ont tenté de tout donner sur les quinze dernières minutes.

Les Mancuniens avaient du mal à gérer la pression mise par les Parisiens, qui ont été capables de récupérer facilement le ballon, notamment grâce à Dani Alves et Julian Draxler.

La moitié de terrain mancunienne était complètement dominée sur la quasi-totalité du match, notamment grâce au pressing parisien. La Gazette Tactique nous donne le chiffre de 37% de ballons récupérés dans le camp de Manchester United (contre 16% dans le camp parisien). L’une des nouveautés du PSG version Tuchel est la « transition défensive », c’est-à-dire que les défenseurs vont se placer suffisamment haut dans le terrain adverse pour récupérer le ballon si l’attaque parisienne échoue. Voyez le placement des joueurs :

Comme dit dans la vidéo, le but est en grande partie d’anticiper une contre-attaque, l’un des forts des Reds Devils. Ce système de jeu où l’on doit à tout prix récupérer le ballon fait penser à la philosophie de jeu de Jürgen Klopp, grand ami de notre Thomas Tuchel et coach de Liverpool. En effet, dès la première perte de balle, le pressing est instantané.

 

Un souci défensif

Sur le pressing : ok. La récupération : ok. La possession : ok. Mais quid de la défense ? Les hommes de Thomas Tuchel ont peut-être un peu trop sous-estimé leurs adversaires, même s’ils sont supérieurs. Le désir de domination a pris le dessus sur les efforts défensifs. D’après La Gazette Tactique, les Parisiens ont misé sur la défense lors du match retour contre Liverpool sans se soucier de la domination. Cela a-t-il fonctionné ? Évidemment.

On pourrait presque imaginer que les joueurs ont dû se dire « Vous vous souvenez de ce qu’on a fait contre Liverpool ? Ça a marché hein ? Mais comme en face ils ne sont pas terribles, on n’a pas besoin de défendre n’est-ce pas ? » Que s’est-il passé au final ? Manchester United a profité des faiblesses défensives pour nous empêcher de jouer, malgré le fait qu’on les dominait nettement. Le jeu parisien est devenu confus entre des tentatives de récupération tardives et des pertes de balles inutiles. Ils étaient tellement en confiance qu’ils n’ont pas forcément jugé nécessaire de se tuer à défendre. Cela nous a vaporisés les espoirs d’une qualification en quarts de finale de la Ligue des Champions.

 

Des enseignements à tirer

Depuis notre œil de supporter nous savons à peu près ce qu’il faudrait faire pour gagner un tel match. Cela devait être une victoire facile, mais on ne réécrit pas l’Histoire avec des « si ». Le problème du Paris Saint-Germain actuel, c’est qu’il ne semble pas prendre conscience de ses erreurs depuis quelques années sur ces matches-là en particulier. De façon générale, l’équipe prend ses repères en phase de poules et réalise généralement une bonne prestation aux matches aller.

C’est le retour qui semble poser problème. Entre le spectre de la remontada et l’excès de confiance de certains, il paraît presque logique que l’équipe ait subi une fois de plus une telle désillusion. Si l’on devait faire un parallèle avec l’équipe de France de Didier Deschamps, championne du monde de 2018, nous avions une équipe qui favorisait la défense et le jeu en bloc resserré au « beau jeu ». Et finalement cela a payé, malgré les critiques. Évidemment, le niveau de la Ligue des Champions est très au-dessus de celui de la Coupe du monde, mais il n’y pas 36 possibilités pour gagner ce genre de matchs. Pas dans le football d’aujourd’hui en tout cas.

Pour l’heure, espérons que l’échec de cette année puisse rappeler à cette équipe du Paris Saint-Germain que rien n’est gagné d’avance, que ce ne soit pas une énième piqûre de rappel inutile et que l’équipe n’ait plus jamais à « acheter la peur ».

 

Loukman

Crédits vidéo : La Gazette Tactique