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L’écho des tribunes : UNE AMBIANCE HISTORIQUE

Emporté(s) par la foule, qui s’élance et qui danse une folle farandole : un huit-clos qui restera dans toutes les têtes, comme le refrain de Piaf. Le Collectif Ultras Paris a su mettre une ambiance de feu, le tout dans une discipline exemplaire pour ce huitième de finale retour de Champions League. 
3000 supporters présents selon les forces de l’ordre, 6000 selon les organisateurs. Et oui cela rappelle les manifestations. Si les rassemblements sont interdits, les manifestations ne le sont pas. Il serait compliqué pour l’exécutif de prendre une telle mesure dans le contexte politique actuel. Le CUP y a vu là une opportunité juridique et ça a fonctionné.
Plus les heures passaient puis la pression augmentait. Les premiers arrivent en fin, voire milieu d’après-midi. Le bus est escorté par une haie de supporters, dans un nuage de fumigènes, qui impressionne les joueurs dans le bus.

Le cortège se lance, un drapeau « le virus c’est nous » en tête. La peur d’une énième humiliation, certains joueurs suspendus ou malades, et pour clouer le tout un huit-clos. Ces facteurs négatifs se sont transformés en une énergie positive et dévastatrice aux alentours du Parc. Fumigènes, feux d’artifice, tout y est. Certains viennent avec des masques (très peu), d’autres se cachent le visage avec un tour de cou, et il y a ceux qui s’en moquent et qui se prennent dans les bras chaleureusement pour chanter.

A l’intérieur de l’enceinte, c’est un silence glacial qui a semble-t-il a marqué les téléspectateurs. Alors que la presse s’en était donnée à coeur joie: « PSG : Mbappé et les ultras, du divorce dans l’air ? » suite à la banderole au Parc contre Dijon « Kombouaré, Gino, Rai, c’était la rage de vaincre, Silva, Mbappé, Neymar, la peur de gagner ? Portez vos couilles ». Cette fois-ci une nouvelle banderole le mentionnait dans le Virage « Mbappé > Haaland ». Accompagnée de « jouez-comme des guerriers – qualifiez-nous – notre seul virus c’est le Paris SG ». Seul signe interne de présence des supporters, avec la diffusion d’images et de chants des supporters en direct durant l’entraînement, sur les écrans géants du Parc.
L’appel à l’extérieur a été très largement suivi, même Luis Fernandez, a fait l’honneur d’être présent, n’hésitant pas à brandir un fumigène:

Ce qu’on a vécu ce soir là dehors et sans doute plus fort que si on l’avait vécu dans le Virage. Les images des reflets rouges du béton du Parc des Princes ont le fait le tour des réseaux sociaux. Les chants commencent, la puissance vocale est monstrueuse. C’est compliqué de suivre le match, on vérifie les buts. Une fausse joie a lieu avec l’occasion ratée d’Edinson Cavani. Une fois que la première vague de célébrations a lieu, beaucoup se réunissent devant l’écran d’un téléphone portable de celui qui arrive à avoir du réseau (1 au kilomètre carré), pour vérifier l’action. On assiste à chaque but à une célébration en canon. Toutes les catégories de la société y sont représentées, la diversité, c’est ça la Paris-SG.
Puis vient la fin du match, on regarde les téléphones, on s’échange des messages, histoire de pouvoir faire profiter de l’ambiance, ceux qui n’ont pas pu venir assister à cette magie.
Un final en apothéose:  « Y’A LES JOUEURS », tout le monde se rue en bas du virage, Di Maria est debout sur le perron, le cliché est légendaire.

L’équipe n’est d’ailleurs pas avare de compliments, fière de son public. « L’accueil des supporters à notre arrivée au Parc des princes, nous a donnés une motivation exceptionnelle. Ce public est une partie prépondérante de l’ équipe. Il nous a donnés une force supplémentaire », lance Bernat. Pour Kimpembe : « On a été soutenu de la plus belle des manières, c’est un des plus beau moments de ma carrière parisienne ». Et Kurzawa lui est venu sauter avec la foule, espérons qu’il ne mette pas notre équipe en quarantaine.
Ce soir-là, le temps s’est arrêté. On a l’impression que le PSG avait gagné la finale de la Champions, ça court sur le boulevard, les voitures jouent le jeu, dans un concert de klaxons. De nombreuses personnes aux fenêtres chantent avec les supporters.
S’il y a un sentiment partagé ce soir, c’est de pouvoir dire « j’y étais ». Même L’Équipe a titré de manière positive sur le PSG « Tous ensemble » et consacre une double page « la voix du succès », c’est dire ! Et comme si ce jeudi n’était pas assez magique, André Villas-Boas enrage en conférence de presse, trouvant « scandaleux » ce qu’il s’est passé hier soir. Savourons.

Paris United

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