Le ClubOeil du supporter

Le mois de novembre est-il vraiment maudit ?

Depuis de nombreuses années, le mois de novembre est synonyme de crise au PSG. Que ce soit sur le terrain, ou dans les coulisses, le club s’enrhume avec la venue du froid. Cela est valable pour toutes les époques, tous les présidents et tous les membres du club. Même QSI ne déroge pas à la règle.

 

Tout supporter parisien connaît cette angoisse quand arrive le mois de novembre, le froid s’installe, les jours raccourcissent, la lumière s’estompe et surtout la crainte de la crise de novembre envahit l’esprit de tout fan du club de la capitale. Chaque mois de l’année est lié à un événement, noël en décembre, la galette des rois en janvier, la chandeleur pour février et pour le PSG, novembre est synonyme de crise.

Mais quand cette période noire a-t-elle commencé?

 

Novembre 1997, le mythe prend forme

Entre octobre et novembre 1997, le club va être secoué de toute part. Après l’affaire du « pénis gate » de 1995, Patrice Loko rechute début octobre. En dépression, l’attaquant s’enfuit en Normandie chez son frère. Il est plus tard mis dans un établissement spécialisé pour une cure de sommeil. Le 22 octobre, Christophe Revault, recruté pour remplacer Bernard Lama, touche le fond lors de Bayern-PSG (un soir de Ligue des Champions à Munich, une défaite cuisante 5 buts à 1 avec deux énormes boulettes du gardien parisien). Trois jours plus tard le jeune attaquant Marko Pantelic (19 ans), alors qu’il s’échauffe devant la tribune Auteuil lors de la réception de Lens, envoie un bras d’honneur à son entraîneur Ricardo qui refusait de le faire entrer. L’apothéose ? L’auto croche-pied de Fabrizio Ravanelli lors de la défaite du PSG face à l’OM à domicile (2-1). Le PSG perd sa place de leader à la fin du mois. La saison qui suit est pire. Arrivé à la présidence en juillet 1998, Charles Biétry vire tout le monde et installe Alain Giresse sur le banc. En octobre, le français est remplacé par Artur Jorge qui réalise un mois de novembre digne de ce nom : cinq matches sans aucun but, pour deux défaites et trois nuls.

Pour ceux qui ont encore des doutes sur ce mois maudit, la fin du siècle vient les confirmer. En tête du championnat à la fin du mois d’octobre 2000, le club se retrouve 12ème, début décembre. La raison ? Cinq défaites et deux nuls pour les hommes de Philippe Bergeroo.

En interne, Nicolas Anelka ne supporte plus son entraîneur et publie sur son site qu’il devrait jouer avec un meneur axial. La défaite à Sedan (5-1), le 2 décembre, est celle de trop.

Luis Fernandez revient sur le banc pour finir la saison.

 

Le mythe devient réalité

La saison 2002-2003 commence de fort belle manière. Ronaldinho est champion du monde et Marseille vient se faire écraser au Parc (3-0) fin octobre. De quoi passer novembre sereinement ? Que nenni. Défaites à Sedan, Lens, Monaco, face à Nantes à domicile et nul contre Sochaux au Parc. Sans parler des tensions entre Ronnie et coach Luis, alors qu’il est utilisé en deuxième attaquant, le Brésilien veut jouer en meneur. Novembre est bel est bien le mois maudit. Malgré un beau mois de novembre 2004 avec notamment deux victoires de suite face à l’OM, Vahid Halilhodzic, entraîneur pas content. La cause ? Un « traître » qui raconte aux médias tout ce qui se passe dans le vestiaire. « Il y a une taupe au PSG, avec Pedro (Pauleta), vous allez me trouver qui c’est, sinon, on ne s’entraîne pas » imposera-t-il à son capitaine José Pierre-Fanfan.

Les saisons 2006-2007 et 2007-2008 ne dérogeront pas à la règle. Deux défaites à domicile et deux nuls en championnat, un fiasco au Parc en UEFA face à l’Hapoel Tel Aviv (2-4), avec le drame qui s’ensuit (mort d’un supporter du PSG) et un nul contre la modeste équipe tchèque du FK Mlada Boleslav (0-0) en novembre 2006. Celui de 2007 sera pire. Après une énième défaite à Nice, Paris se retrouve 18ème, le 25 novembre.

 

Novembre plus fort que QSI

En 2011, QSI (Qatar Sport Investments) devient propriétaire majoritaire du club à hauteur de 70 %. Fin octobre, le club est leader avec 27 points. On se dit alors que même novembre ne pourra pas changer cette dynamique… Un nul à Bordeaux (1-1), une défaite à la maison face à Nancy (0-1) et une déroute au vélodrome pour le premier classico du Qatar (0-3) : le cauchemar de novembre ressurgit. Il sera identique la saison suivante.

Pourtant, après un mercato d’été des plus séduisants (Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Ezequiel Lavezzi, Marco Verratti, Lucas Moura et Gregory Van der Wiel), personne ne s’attendait à une nouvelle crise en novembre. Aucune victoire ! Les Parisiens sont battus deux fois dans leur jardin par Saint-Etienne (1-2) et par Rennes sur le même score, et font match nul à Montpellier (1-1). Depuis, les mois de novembre sont plutôt calmes du côté de la capitale. Mais attention, la vengeance est un plat qui se mange froid.

Mehdi Sefraoui

Paris United

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