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Le mérite de la défaillance

Lirrationnel et la honte se mêlent à un sentiment de dégoût quand il est question d’évoquer le désastre survenu hier soir, au Parc des Princes. Face à une équipe décimée par les blessures, le Paris Saint-Germain a encore une fois, était incapable de tenir son avantage de deux buts, obtenu brillamment lors du match aller. Le réveil des supporters parisiens est difficile et limpression davoir été trompé, annihile les émotions que cette formation avait laissé transparaître trois semaines auparavant.

Atmosphère cauchemardesque

Devant un public venu en nombre et conscient qu’une belle histoire européenne pouvait naître sous leurs yeux, les hommes de Thomas Tuchel entrent sur la pelouse pour une rencontre qui devait être une formalité, une confirmation.

Malheureusement, la défaillance mentale et l’incertitude latente ont transpiré dès les premières minutes avec l’erreur terrible de Thilo Kehrer, qui offre le droit de rêver aux mancuniens. Cette impression après seulement deux minutes de jeu, de revivre les échecs passés, va faire trembler les cœurs Rouge et Bleu, jusqu’au coup de sifflet final.

Malgré une nette domination technique et une égalisation rapide, le manque de confiance de nos principaux cadres fera basculer cette soirée dans une dimension parallèle. Celle qui a fait tant de mal au club durant ces deux dernières années, celle qui va encore une fois de plus éloigner le PSG de son rêve..

Car oui, la Ligue des Champions est une compétition pour laquelle le club de la capitale ne semble pas encore préparé. Outre l’aspect tactique et physique d’une formation, c’est la force des convictions qui permet à un collectif de se sublimer dans des matchs couperets.

Après la faute de main ahurissante commise par Gianluigi Buffon et l’aggravation du score de Lukaku, les démons du passé ressurgissent et la tension, déjà très palpable, devient insoutenable. Le sentiment et l’impression d’une incapacité à se rassurer dans la durée ont donné à ce match, aux allures de fête, une tournure dramatique, un cauchemar malheureusement déjà vécu.

Une impression appuyée dès l’entame du second acte avec une suite d’événements nous rappelant la traversée du désert subie face au Real Madrid, un an plus tôt. Mise à part la performance remplie de caractère, de joueurs tels que Marco Verratti et Juan Bernat, les autres joueurs parisiens semblaient déjà abattus alors que tout restait à faire. Nous n’avons jamais eu le sentiment que les hommes de Tuchel aient la moindre volonté de se sublimer afin d’accéder à un éventuel quart de finale. En témoigne, l’incroyable attitude de notre capitaine, incapable de relancer le jeu vers l’avant, préférant faire redescendre son bloc dans le dernier quart d’heure. Outre l’aspect mental, le fait de relancer continuellement un adversaire prêt à tout, explique en grande partie, cette défaite tragique et inqualifiable.

Encore une fois, le soutien indéfectible de ses supporters doit permettre au Paris Saint-Germain de se relever, de se dire les choses et de tirer un trait sur ses faiblesses.

Si la domination dans le jeu est déjà acquise, il convient aujourd’hui aux joueurs de dominer leur inconscient.