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Laurent Blanc : le modèle barcelonais

Incapable de passer les quarts de finale en Ligue des Champions avec le PSG, Laurent Blanc est remercié par QSI après trois saisons. Deux années plus tard, la situation du club ne s’est guère améliorée sur la scène européenne.

 

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Fin de la saison 2013, Carlo Ancelotti succombe aux sirènes du Real Madrid et quitte Paris. Incapables de trouver son successeur, et essuyant plusieurs refus (Fabio Capello, Rafael Benitez, André Villas-Boas), les dirigeants décident de jeter leur dévolu sur Laurent Blanc. Le journal l’Equipe n’hésite pas à qualifier l’ex-sélectionneur des Bleus de « 8e ou 9e choix ». Débordé par quelques joueurs perturbateurs lors de son passage en équipe de France, le Cévenol parait inapte à gérer les stars du PSG. Pourtant, aidé par son adjoint Jean-Louis Gasset, il va vite se faire accepter par le vestiaire parisien. Privilégiant le dialogue et en multipliant les entretiens avec ses joueurs, sa maîtrise de l’italien aidant, sa proximité avec les cadres de l’effectif se renforce. Zlatan Ibrahimović, Thiago Motta et Thiago Silva sont séduits. Et le plus gros problème en interne que Laurent Blanc aura à gérer ne viendra pas d’une de ses stars. Mais on y reviendra plus tard.

 

Entraîneur le plus titré    

Les leaders du vestiaire dans sa poche, le Président a réussi la première partie du travail. Reste à trouver l’alchimie sur le terrain pour réaliser les objectifs élevés du club. Adepte du 4-3-3 et de la possession de balle, Laurent Blanc instaure un jeu séduisant. Maîtrise totale du milieu de terrain, dédoublement de passes, défense qui ressort proprement le ballon, un gardien qui joue au pied : le jeu à la Barcelonaise est clairement utilisé. Et les trophées vont suivre.

En trois saisons à la tête du club, « Lolo » rafle onze titres. Trois L1, Trophées des champions et Coupes de la Ligue, et deux Coupes de France. Faisant de lui l’entraîneur le plus titré du PSG. Sur le plan individuel, le Cévenol remporte par deux fois le titre de meilleur entraîneur du championnat, en 2015 et 2016. Dans un entretien accordé à l’Equipe Magazine, Zlatan Ibrahimović encense le travail de Laurent Blanc et de Jean-Louis Gasset. « Avec Laurent Blanc, on a vécu une période positive, on a gagné beaucoup de choses. Il a fait en sorte que les joueurs restent eux-mêmes et puissent s’exprimer. Il imposait très peu de restrictions et il avait un très bon adjoint, un type vraiment fantastique. À deux, ils ont créé un jeu que j’ai rarement joué en club, qui m’a rappelé Barcelone. Alors oui, j’en parle peu, mais c’est parce que les choses se sont bien passées. C’est comme ça que ça marche. Quand c’est bien, on ne le dit pas, mais quand c’est de la m…, là oui. Et avec Laurent Blanc, je n’ai jamais eu de problème. On est partis ensemble, en fait, comme des champions, comme des gagnants ». Si Nasser Al-Khelaïfi a choisi Blanc faute de mieux et ne comptait pas s’éterniser avec, le coach a su rapidement changer la donne.

 

Le 3-5-2 dévastateur

Trois fois de suite, le Président n’a pas su passer le cap des quarts de finale en Ligue des Champions. Son échec le plus cuisant restera celui face à Manchester City en avril 2016 (2-2 au Parc, 0-1 à l’Etihad Stadium). Une erreur à chaque rencontre. La première, la titularisation de Serge Aurier au match aller. Ce fameux problème en interne. Dans une vidéo sur Periscope, l’Ivoirien n’avait pas hésité à insulté son coach de « fiotte » et sera mis à pied un mois. Laurent Blanc le pardonne et l’aligne donc à un moment ou personne ne s’y attend. Absent depuis deux mois et pas prêt physiquement, le latéral droit passe complétement à côté de son match. La seconde erreur, qui va lui coûter sa place sur le banc du PSG, sa composition inédite lors du match retour. Un 3-5-2 incompréhensible, en titularisant cette fois Aurier dans l’axe droit de la défense, qui va finalement plus perturber ses joueurs que ceux de Manuel Pellegrini. Alors qu’en février, il avait prolongé son contrat jusqu’en 2022, le Français est remercié quatre mois plus tard avec près de 22 millions d’euros d’indemnités de licenciement. On le sait, le football est cruel et la majorité des supporters ne retiennent de son passage que ce fameux quart de final retour. Mais depuis son départ, Paris a été éliminé deux fois de suite en huitièmes, et, pire, l’équipe peine à retrouver un fond de jeu.

 

Mehdi Sefraoui