à la uneOeil du supporter

IRRÉSISTIBLES

Certains ont pris trois jours de congés. D’autres se sont même mis en arrêt maladie. La plupart aujourd’hui ont le dos en vrac à cause des 20 heures de bus aller-retour. Ceux qui supportent difficilement les transports ont encore mal au ventre. Mais qu’importe. Le coeur lui est réchauffé. Après avoir ébloui Anfield en septembre, les supporters parisiens ont dominé Old Trafford ce mardi. Le théâtre des rêves, devenu en l’espace d’une soirée le théâtre des princes. Ils étaient 3700, dont 1600 ultras à avoir fait de Manchester leur capitale, d’Old Trafford leur chose, de leurs joueurs des soldats. Bus, Ferry, centre-ville, Tramway, cortège, même bordel. Un bien beau bordel. Celui qui fait qu’on aime le foot, celui qui fait que Paris est magique.

En Guise de fil conducteur, ce putain de refrain qui te file la chair de poule même aux chiottes du bar à la mi -temps. « Ne jamais rien lâcher, toujours encourager, le PSG Allez. Allez Alleeeeeez… ». Pas certain qu’il y ait une équivalence en France en terme de parcage visiteur. On s’en fout après tout.
Le plus beau dans tout ça ? Probablement les non-ultras, les supporters « lambdas » qui deviennent ultras le temps d’une soirée. Grâce au CUP, Thierry 54 ans et son fils Thomas 24 ans se mettent à danser la grecque. Popolopopo…. Popolopopo… Tout le monde est pote. « C’est ce soir tous unis que le virage va crier, PSG allez ! »

Si le PSG n’a pas encore complètement conquis l’Europe sur le terrain, c’est chose faite en tribune. Les Anglais, à qui on ne pourra jamais retirer leur amour, connaissance et culture du football, ne tarissent pas d’éloges à propos des supporters Rouge et Bleu.

Et puis il y a le reste. Draxler qui déclare n’avoir entendu que les supporters du PSG. Di María, conspué tout le match par le public mancunien, se réfugiant à sa sortie dans l’ovation du parcage parisien. Ce public a toujours soutenu ses joueurs. Draxler et Di María ne devaient même pas être titulaires en début de saison. Le second était même annoncé partant. Ils quittent Old Trafford victorieux d’une bataille. Si Manchester a terminé à 10, Paris a évolué à 12. Immense respect, encore et toujours, pour ces femmes et ces hommes, parfois aux revenus modestes, parcourant des milliers de kilomètres pour soutenir leur équipe. Manchester n’était qu’une étape, une parenthèse magnifique. En attendant le match retour, où les princes cette fois-ci, seront chez eux au Parc.

Clément Pernia