à la uneLes joueursOeil du supporter

Il est temps de lui restituer son trône

“Da Silva Santos Junior Neymar”. Un nom que je n’aurais jamais cru voir sur une feuille de match du Paris Saint-Germain. Et pourtant, depuis le 3 août 2017, c’est le cas. Un top joueur d’expérience, une voix et un exemple pour le vestiaire … tant de choses qui manquaient à ce club. Aujourd’hui, le Roi doit reprendre son trône.

L’arrivée d’un messie

Impossible pour moi d’oublier ce jour. Paris United avait déjà annoncé son arrivée, mais nous attendions avec impatience l’officialisation sur le compte officiel du Paris Saint-Germain. Ce fut le cas, à 21h46 le 3 août 2017. Après le désespoir de la remontada, l’espoir renaît enfin.

Sûrement l’une des plus belles vidéos qu’il m’ait été donné de voir. Depuis ce temps-là, le projet du Paris Saint-Germain reprenait enfin forme et nous l’avons tous senti. Ce que Neymar Jr apporte sur le terrain est considérable, il serait malhonnête de croire que « nous pouvons nous passer de lui ». Le vestiaire rouge et bleu, depuis le départ de Zlatan Ibrahimović, est orphelin d’un leader, d’une voix dans le vestiaire. Qui de mieux pour le remplacer ?

Sans suspense : Neymar Jr.

Nous avons réalisé un sondage il y a quelques jours, où nous vous demandions si le brassard de capitaine devrait être remis à notre numéro 10. Vous avez été plus de 11 500 à répondre et parmi vous, quasiment les trois quarts sont d’accord avec cette idée.

Que faut-il comprendre alors ? Il semblerait que la très grande majorité d’entre nous, supporters, aient compris l’idée que Neymar DOIT ÊTRE notre leader. Au-delà de la prestance qu’il peut avoir, mérite-t-il d’être notre capitaine ?

Absolument. Chaque grand club possède son leader : Messi au FC Barcelone, Ronaldo à la Juventus ou encore Sergio Ramos au Real Madrid … qu’importe ce que l’on pense de ces joueurs, ils ont en commun cette âme de chef, qui savent se faire respecter par leurs coéquipiers.

Un parcours hors-normes

Nous allons faire un petit tour dans le passé, à ses débuts chez nous. Ceux-ci sont fantastiques, autant en Ligue 1 que lors des phases de poules de Champions League. Comme expliqué dans un article il y a quelques mois, c’est un joueur bien plus collectif que ce que l’on en dit, qui va chercher la situation optimale soit pour marquer, soit pour passer. Cela va dépendre également de son positionnement, s’il joue en tant qu’ailier ou milieu offensif. En résumé, c’est un créateur de jeu.

Malheureusement, il faut croire qu’une malédiction nous frappe chaque année depuis qu’il est là. Après un parcours plutôt encourageant en Ligue des Champions 2017, scénario catastrophe : une fracture du cinquième métatarse droit, survenue lors du match contre l’Olympique de Marseille le 25 février 2018. Neymar manquera donc le match retour face au Real Madrid. Presque un an plus tard, rebelote à Strasbourg, Neymar Jr se blesse de nouveau le 23 janvier 2019. Cette année, il n’a pas pu jouer les deux matches de huitièmes de finale face à Manchester United. Ces faits étant énoncés, une question : comment se seraient déroulées ces rencontres si le Brésilien avait été présent ? Nous n’allons pas réécrire l’histoire bien évidemment, mais il est possible d’imaginer des scénarios différents, étant donné tout ce qu’il apporte sur le terrain.

Ce qui est certain, c’est que les défaites face au Real Madrid et Manchester United ont profondément affecté le joueur. Triste pour la défaite évidemment, mais triste également de ne pas avoir pu aider ses frères d’arme. Quoiqu’il en soit, nous savons que si un seul joueur se serait donné à 1001% sur le terrain, ça aurait été lui. C’est peut-être de ce type de personnes dont nous avons besoin, quelqu’un capable de motiver les troupes. Être expérimenté rime souvent avec un âge avancé, surtout dans le football.

Pour le coup, un exemple supplémentaire pour dire qu’âge et maturité ne sont pas liés.

Depuis qu’il est au Paris Saint-Germain, il a joué 55 matches – toutes compétitions confondues – et a marqué 52 buts. Rien que sur cette saison, il est impliqué dans 33 buts (dont 9 passes décisives) en 32 matches. Si l’on ne s’en tenait qu’à la Ligue des Champions, depuis ses débuts au FC Barcelone en 2013/2014, c’est 27 buts en 47 matches. Il a d’ailleurs été élu « Meilleur buteur » de la compétition lorsqu’il a remporté la coupe aux grandes oreilles en 2015. Que dire de ces statistiques, si ce n’est qu’elles sont hallucinantes pour un joueur qui a manqué coup sur coup la moitié de la saison ? Vous imaginez un peu s’il n’avait pas subi ces deux blessures ?

Mais assez parlé de chiffres, revenons à la personne.

« Un bon gars »

Beaucoup au club ne cessent de faire l’éloge du Brésilien, un être généreux et respectueux et qui, malgré les rumeurs, aime sincèrement Paris et compte bien y rester, écrire l’histoire. Je ne pense pas que nous réalisons vraiment à quel point nous avons de la chance de l’avoir en France – et surtout chez nous. Il paraît un peu enfantin dans sa façon d’être c’est vrai, mais jouit aussi d’une grande maturité et n’hésite pas à prendre la parole le premier, ce qui est plutôt rare chez les footballeurs de son âge. C’est ce qui fait sa personne finalement, quelqu’un de sincèrement gentil et innocent et surtout très joueur.

La façon de jouer d’un athlète est indubitablement dérivée de sa personnalité, on le voit lorsqu’il a la balle au pied.

Il en agace plus d’un, certes, mais en fait rêver beaucoup d’autres. C’est un joueur qui aime se lancer des défis, en réalisant des gestes improbables et en tentant de faire cavalier seul lorsque cela est possible. Pour lui, le football est un jeu auquel on doit prendre plaisir. Il va donc constamment chercher à faire la différence. Tout cela le rend finalement très régulier et très impliqué dans son jeu. L’une des choses que l’on pourrait lui souhaiter, ce serait de travailler encore plus sur son corps pour faire face à l’impact physique de la Ligue 1 – que Neymar lui-même et plus récemment Dani Alves ont reconnu.

Attention aux strasbourgeois !

Un bon nombre de personnes pensent te haïr, mais ils t’aiment. Beaucoup t’ont acclamé lors de la remontada, beaucoup t’ont dénigré lorsque tu es arrivé en France. Ne t’en fais pas, nous avons l’habitude de cette schizophrénie ! Malgré les critiques tu as beaucoup de soutien, même parmi nos concurrents en France. Dernièrement le coach du LOSC, Christophe Galtier, pour ne citer que lui, t’as défendu – avec classe – concernant la « claque » au supporter rennais qui a insulté l’équipe.

Malheureusement, la sanction est tombée et on espère toutes et tous une issue positive au renvoi en appel de la décision. Il n’y a pas besoin d’être supporter du Paris Saint-Germain pour admirer ta technique et ton sens du spectacle. Ta haine de la défaite et ton amour de la victoire se ressentent dans ton jeu et nous font du bien, à l’équipe et aux supporters. Ta hargne, ton expérience et ta rayonnante joie de vivre font chaud au cœur. Ne cesse jamais de nous impressionner et de te donner à fond sur le terrain. Nous connaissons ton envie de gagner et de faire grandir l’équipe. Ton implication sur le terrain et ta volonté de fer font qu’à mon sens, aujourd’hui, tu mérites largement le titre de capitaine.

Il semble cependant que, selon les propos de Thomas Tuchel, ce ne soit pas prévu pour tout de suite :

 « Il y a beaucoup de façons de montrer son leadership. Ney n’est pas le même leader que Thiago Silva ou Marquinhos. C’est un artiste, un créatif. Il peut être leader avec ses qualités sur le terrain. Il est courageux, il n’a pas peur, il joue toujours offensif. Je suis très satisfait avec Thiago Silva et Marquinhos en capitaines, donc je ne changerai pas. »

Quoiqu’il en soit, n’oublie jamais que tu es aimé à travers le monde. N’oublie jamais que tu es aimé des supporters. N’oublie jamais qui tu es. Tu es Neymar Da Silva Santos Junior, le futur du Paris Saint-Germain.

Vamos Paris ! Vamos equipe ! Que Deus nos abençoe e nos proteja.

Loukman

Crédits photo : Florence Pernet