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EDF : Mbappé, la fulgurance / Kimpembe, la souffrance

L’équipe de France a montré des visages très différents lors de cette trêve internationale, nos Parisiens aussi. Face à l’Islande (2-2) vendredi, Mbappé a sauvé la patrie en quatre minutes, rattrapant au passage les erreurs commises précédemment par Kimpembé. A côté de ses pompes, le titi parisien s’est loupé une nouvelle fois face à l’Allemagne (victoire 2-1) hier soir en provoquant un penalty, pendant que Mbappé s’éteignait de fatigue au fil de la rencontre. Le retour de Lloris dans les buts a logiquement renvoyé Areola sur le banc de touche. 

 

Mbappé : In-10-pensable, puis intermittent

Le 18 août dernier, au Roudourou, le PSG est mené 1-0 à la mi-temps face à Guingamp lors de la 2e journée de Ligue 1. Remplaçant, Mbappé rentre en jeu à la 46e minute de jeu à la pointe de l’attaque, transfigure l’équipe, plante un doublé et offre la victoire 3-1 aux Parisiens. Bis repetita vendredi dernier, au Roudourou toujours, mais cette fois c’est l’équipe de France qui est lamentablement menée 2-0. Face au manque d’inspiration et de solutions trouvées par ses joueurs, Deschamps fait rentrer Mbappé à la place de Griezmann en deuxième attaquant à la 60e minute. En une demi-heure, le Parisien métamorphose les Bleus, plante un « presque » doublé en 4 minutes en provoquant un csc (86e) et en transformant un penalty (90e), et permet ainsi à ses coéquipiers d’éviter une gênante défaite (2-2). Dynamiteur, omniprésent, aspirant un nombre incalculable de ballons et créateur d’espace grâce à des accélérations fulgurantes, Mbappé a brillé en 9 et demi autour de Giroud.

Repositionné sur son aile droite et titulaire face à l’Allemagne dans le 4-2-3-1 de Deschamps, le numéro 10 français est apparu plus émoussé au Stade de France. Moins rayonnant lorsque son équipe n’a pas la possession (43% pour les Bleus hier soir). KM10 a néanmoins envoyé quelques courants d’air, à Schulz notamment (9e) qu’il dépose sur la ligne de touche avant de parfaitement combiner en une-deux avec Giroud, et de centrer en retrait pour Griezmann sans succès. A la 40e minute, il est à deux doigts de pied de prolonger en taclant le joli centre piqué de Griezmann. Mené 1-0 à la pause, Deschamps change de système et passe en 4-3-3. Mbappé est téléporté sur l’aile gauche, où ses courses sont moins tranchantes et son influence amoindrie. Brouillon de fatigue, Mbappé se transforme en Mclaqué et sort en fin de match pour Dembélé (86e). Quelques minutes avant, il prend quand même le temps d’offrir le caviar du penalty de la victoire à Matuidi (78e) parfaitement trouvé dans la profondeur et fauché dans la surface allemande. On la compte comme une passe décisive.

 

Statistiques de Kylian Mbappé

 

Face à l’Islande                                  Face à  l’Allemagne 

30’ minutes jouées 86’ minutes jouées
27 ballons touchés 52 ballons touchés
4 tirs 1 tir
2 tirs cadrés 1 tir cadré
1 but (sur penalty) 0 but
13 passes 29 passes
92,3 % de passes réussies 79% de passes réussies
2 fautes subies 4 fautes subies

 

Kimpembe : des erreurs qui coûtent chères

Les supporters parisiens savent que Presnel Kimpembe a potentiellement un Umtiti dans chaque jambe. Pourtant, le « Maestro », titulaire en puissance au PSG, a montré ce week-end qu’il n’avait pas encore les épaules pour le costume de l’équipe de France, ni l’envergure du Barcelonais. Titulaire pour la deuxième fois sous le maillot bleu, Kimpembe a justifié face à l’Islande pourquoi il n’était que le numéro 3 dans la hiérarchie des défenseurs centraux français. Au côté de Varane en première période, puis de Zouma en seconde, il a d’abord failli dans les duels, là où il excelle habituellement. Pourtant sérieux et appliqué lors de la première demi-heure de jeu, il se fait bousculer comme un adolescent par Alfreð Finnbogason au poteau de corner à la 30e minute. Une perte de balle fatale puisqu’elle coûte l’ouverture du score islandaise à des Bleus bien pâlichons. Finnbogason, profitant de ce ballon volé, offre le premier but de la rencontre à Birkir Bjarnason (0-1). Huit minutes plus tard (38e), sur un corner défensif, Kimpembe se fait encore secouer par un viking, Ragnar Sigurdsson cette fois, qui remporte son duel de la tête au point de penalty. Heureusement, Lloris sauve la maison d’une triple parade. A la 58eminute, sur un nouveau corner islandais, laxiste et en retard au marquage, Kimpembe laisse Árnason tromper Lloris d’une somptueuse tête décroisée. Une nouvelle fois l’addition se paye cash (0-2) et le titi rend une copie bien loin de celles qu’il a l’habitude de rendre sous les couleurs parisiennes.

Recadré par Deschamps avant le match face à l’Allemagne, qui lui reproche notamment ses « sautes de concentration », PK3 est de nouveau aligné côté gauche de la défense centrale contre la Mannschaft. Mais rebelote, après 10 premières minutes honorables, il se rend coupable d’une main dans la surface sur un tacle glissé mal ajusté face à Leroy Sané (13e). Penalty transformé par Kroos (0-1) et nouvelle erreur pour le compte du jeune parisien. Déstabilisé, Kimpembe est méconnaissable. Fébrile dans les duels, mal positionné, pris de vitesse sur les contres-attaques allemandes en première mi-temps, le titi est dépassé et peut remercier Varane et Lloris de faire le boulot derrière. Habituellement propre dans ses relances, il a également pêché dans ce secteur de jeu et aurait pu coûter un autre but aux Bleus à la 67e après une énorme prise de risque dans l’axe, une nouvelle fois rattrapée par Hugo « la main ferme ». Un week-end en Bleu à oublier donc pour notre titi parisien suspendu pour les trois prochains matchs de Ligue 1, et qui devra se ressaisir avant la réception de Naples mercredi prochain.

 

Statistiques de Presnel Kimpembe

 

Face à l’Islande                            Face à  l’Allemagne 

90’ minutes jouées 90’ minutes jouées
99 ballons touchés 52 ballons touchés
88 passes 43 passes
92% de passes réussies 93% de passes réussies
0 tacle 0 tacle
1 faute commise 1 faute commise
0 tir 0 tir

 

Kerher et Draxler : à l’Est, rien de nouveau

La rencontre de Ligue des Nations de l’équipe de France face à l’Allemagne était également l’occasion d’avoir un œil sur nos deux internationaux allemands. Titulaire sur l’aile droite dans le 3-5-2 de Joachim Löw, Thilo Kerher (67 ballons touchés, 49 passes dont 80% réussies) s’est montré intéressant offensivement en première période, multipliant les centres (11e, 35e, 38e). Si on ne peut lui enlever son envie de bien faire, sa prestation a manqué de tranchant et de justesse. Souvent imprécis dans ses transmissions, son absence de grinta lors des phases défensives s’est révélée coûteuse, comme sur l’égalisation française de Griezmann où il laisse Hernandez centrer tranquillement. Pas sûr qu’il fasse beaucoup d’ombre à Meunier sur le flanc droit parisien avec ce rendement. Quant à Julian Draxler n’a pas dérogé à ses prestations parisiennes du moment : 15 minutes de jeu, quatre ballons touchés. Une entrée sans plat, ni dessert.

Thibault Girardet