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Des espoirs

Personne. Absolument personne, hormis les supporters de Manchester United, ne pouvait imaginer un tel désastre en ce 6 mars 2019. Tout était en place pour faire passer un cap au Paris Saint-Germain. C’était LE soir pour entrer de nouveau dans l’Histoire mais c’était dans le mauvais sens du terme. Et finalement était-ce si surprenant que ça, au vu des dernières performances du club à ce stade de la compétition ? Bien sûr que oui.

 

Cauchemar 

Je n’ai pas d’autre mot qui me vienne en tête aujourd’hui. J’aimerais me dire que ce n’était qu’un mauvais rêve, mais non, c’était bien réel. Les effets de la très courte nuit passée me le rappellent tout au long de l’écriture de ce papier. C’était plutôt une soirée alléchante sur le papier : un match qui semblait presque plié d’avance, des bons amis et quelque chose à se mettre sous la dent. Nous n’imaginions pas qu’un moment passé entre amis pouvait ainsi tourner au cauchemar.

Frustration, tristesse, colère, désarroi : tant d’adjectifs pour une soirée inqualifiable, mais aucun ne peut exprimer pleinement ce que l’on peut ressentir en tant que supporter. Un sentiment revient assez souvent : la honte.Il ne s’agissait pas d’une « surprise » à proprement parler, même avec toute la confiance que nous pouvions avoir avant le match. J’imaginais moi-même Bernat en héros du match. Cela aurait pu être le cas sans la main « imaginaire » de Kimpembe. Imaginaire, ou tout du moins « insifflable ». Nous payons peut-être aujourd’hui le prix des effets néfastes de la VAR, tant réclamée dans cette compétition.

C’était au final un match plus intense en émotions qu’en « beau jeu », surtout après la lourde erreur de Kehrer qui, à mon sens, avait déjà cloué le match. Simplement car les parisiens connaissaient l’importance de ce match : deux buts d’avance et à domicile. Je n’aurais jamais pensé revoir « l’’effet remontada » aussi tôt lors d’un match retour de Ligue des Champions. Même si nous avons cru à l’exploit, nous n’étions à l’abri d’absolument rien. « Mais non ne t’en fais, ça va les lancer dans leur match » me disait mon collègue. Il faut croire que les planètes ne comptent pas s’aligner pour le PSG.

 

Espoir

Lors de la remontada épisode 1 il y a deux ans presque jour pour jour, El Matadora fait graver le mot « Humilité » dans le vestiaire du Parc des Princes. Les années s’enchaînent et pourtant rien ne semble changer. Malgré tout, Thomas Tuchel a su apporter quelque chose de positif pour le vestiaire mais également pour nous supporters. Il a bien évidemment sa part de responsabilité, il est coach après tout.  Mais je ne pense pas qu’il soit le premier responsable de ce nouvel échec.

Ce qui me « rassure » quelque part pour cette défaite, si je devais avoir ne serait-ce qu’une once d’espoir, c’est qu’aujourd’hui on a le niveau Ligue des Champions. Les joueurs jouent de mieux en mieux, les paroles de l’Allemand semblent être prises en compte. C’est un aspect d’évolution qui me semble bien réel. Cette débâcle d’hier soir n’est due qu’à un manquement psychologique. Comme je le disais dans mon papier sur le sujet, le niveau intrinsèque de l’équipe – sur le papier – a rarement atteint un si haut niveau. Forcément, cela manquait d’un soupçon de Neymar et d’une pincée de Cavani. En tout cas, il faut néanmoins féliciter le coach pour avoir tenté de faire au mieux avec ce qu’il avait sous la main.

Pour ma part je garde toujours espoir, même si c’est une journée complètement noire. Il n’y avait pas grand-chose en face finalement. On a surtout perdu parce que nous avons sous-estimé une équipe qui sait jouer en étant dominée. On aurait même pu penser qu’ils le faisaient exprès à un moment donné. Malgré cela, rien ne devait nous empêcher de les « tuer ». Ce n’est plus le grand Manchester que nous avions connu.

Si j’ai bien réalisé une chose avec ces échecs à outrance lors de cette compétition, c’est que le Paris Saint-Germain a une saveur spéciale. Imaginezêtre éperdument amoureux ou amoureuse de quelqu’un, que cette personne vous trompe et que vous savez que ça pourrait arriver de nouveau. Mais vous êtes trop fiers et complètement sous le charme de cette personne, à tel point que la pire des « trahisons » ne pourrait vous faire changer d’avis. Pour moi c’est ça être supporter du Paris Saint-Germain.

 

Le destin joue contre nous. Aujourd’hui ne pourra difficilement être pire que demain. Mais il faut garder la foi. Notre heure viendra. Allez Paris.

 

Loukman

Crédits photo : The Independant