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Comment analyser l’épidémie de blessures au PSG ?

Suite à la déroute face au LOSC (5-1), Thomas Tuchel n’a pas mâché ses mots pour déplorer les nombreuses blessures dont son équipe est victime cette saison.

 

C’est une constante qui force l’inquiétude sous l’ère Qatarie. Année après année, la seconde partie de saison du PSG est synonyme de blessures à répétition qui ponctionnent l’effectif qualitativement et quantitativement. La récurrence des indisponibilités conduit à s’interroger sur les méthodes d’encadrement du club. Surutilisation des joueurs, préparation physique dysfonctionnelle, failles de la politique sportive et contexte inédit sont autant d’éléments contribuant à éclairer les raisons de ce phénomène.

« C’est la dixième fois cette saison que l’on a pas 16 joueurs valides ». À peine voilé, le message du coach allemand à l’attention de ses dirigeants est sans appel. Déplorant le manque de profondeur de l’effectif à sa disposition, la déclaration n’a pas manqué de faire réagir après la défaite du PSG sur la pelouse du dauphin nordiste. Depuis plusieurs mois en effet, la liste des joueurs qui viennent garnir l’infirmerie ne cesse de s’allonger : Edinson Cavani, Thiago Silva, Thomas Meunier, Angel Di Maria, Marquinhos, sans parler de l’absence prolongée de Neymar, qui devrait bientôt faire son retour. Si les blessures constituent des impondérables du sport de haut niveau, on remarque qu’elles demeurent résiduelles dans la plupart des effectifs européens.

Des joueurs en surrégime ?

Pour une bonne partie de l’infirmerie (Thomas Meunier, Ángel Di María, Edinson Cavani Marquinhos), les blessures sont d’origine musculaire. Joueur le plus sollicité par Tuchel cette saison avec 38 matchs disputés, Marquinhos se situe néanmoins, en terme de temps de jeu, légèrement en dessous des standards d’autres profils européens. À titre de comparaison, Virgil Van Dijk et Gérard Piqué ont tous deux disputés 43 rencontres cette saison, Aymeric Laporte 44, tandis que Clément Lenglet totalise le même nombre d’apparitions que le Brésilien sous le maillot du Barça.

Concernant Ángel Di María, régulièrement affecté par les blessures, ses 37 apparitions cette saison le place loin derrière des joueurs comme Raheem Sterling (45 matchs), Philippe Coutinho (46 matchs) ou dans une moindre mesure Sadio Mané (43 matchs).

Facteurs multiples

Si les carences de la préparation physique ne suffisent pas expliquer l’épidémie actuelle, force est de constater qu’une partie des internationaux, dont Thomas Meunier, ont rejoint tardivement le groupe à l’issue du mondial en Russie. La gestion au cas par cas des retours a pu altérer l’efficacité de la préparation physique dont on mesure pleinement les conséquences aujourd’hui. Une fois encore, la plupart des grands clubs européens ont été confronté aux mêmes problématiques sans pour autant que ce paramètre affecte la santé des groupes.

Le cas d’Edinson Cavani s’apparente davantage à une erreur de gestion du staff parisien. Blessé en février face à Bordeaux, l’Uruguayen a réalisé un retour prématuré au Parc des princes face à Manchester United le 6 mars dernier. Pas suffisamment affuté, El Matador rechutait quelques jours plus tard lors d’un entraînement.

Outre la récurrence des blessures, le club de la capitale a vécu l’une des saisons les plus complexes de son histoire récente. Hors-terrain, les exigences du fair-play financier, notamment pour amortir les transferts de Neymar et Mbappé, ont eu pour conséquence un manque de consolidation de l’effectif à des postes clés lors du dernier mercato. D’autre part, le « Rabiot gate » et la résiliation de contrat de Lassana Diarra en février ont pu contribuer à réduire encore un peu plus l’effectif à la disposition de Thomas Tuchel.