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Capitaine Neymar

Paris outragé, Paris Martyrisé. Paris doit désormais se libérer. S’extraire de l’environnement puant qui l’entoure, de joueurs à l’attitude lamentable et de dirigeants incompétents. La défaite contre Rennes est celle de trop, mais pas la dernière si les choses ne changent pas, si les mentalités n’évoluent pas au PSG. Dans cet effectif, trop de joueurs sont dans une zone de confort, sans crainte pour leur place, leur portefeuille et leur avenir dans la capitale. Cela ne peut plus durer, au risque de multiplier les déconvenues, intensifier le désamour avec les supporters, et donc tout perdre. Contre Rennes, Draxler a une nouvelle fois réalisé une prestation plus proche de la faute professionnelle que d’une finale de coupe. Toujours au milieu, Paredes est une énigme et Verratti ne progresse plus. Pire même, l’Italien ne porte plus l’équipe et n’a rien d’un leader. Mbappé est passé à côté de sa finale et Kimpembe a encore montré ses limites. Alors que reste-t-il ? Marquinhos et Bernat sont au rendez-vous et demeurent « fiables » comme aime tant le dire Tuchel. Dani Alves, malgré les très, trop nombreuses critiques à mon sens, a été à la hauteur et tente d’insuffler un véritable esprit combatif manquant à cette équipe. Mais bon, en France, on a décidé de le traiter de vieillard, de « cramé ». Ceux qui le pensent ne disent pourtant rien sur le vrai niveau de Meunier, Kimpembe et tant d’autres. Et puis il y a Neymar.

Avant Rennes, le Brésilien n’avait que 45 minutes dans les jambes depuis sa longue blessure. Il a pourtant été le seul à disputer une finale digne de ce nom. Neymar a 1000 défauts, on le sait et il le sait certainement. Mais il y a des signes qui ne trompent pas et dans le contexte fragile dans lequel évolue le PSG, il semble être le seul capable de porter cette équipe. Déterminé, organisateur du jeu puisque les milieux ne le font pas et agilité technique retrouvée, Neymar s’est aussi comporté comme un leader dans une rencontre où les dix autres parisiens, encore une fois, ont subi le scénario tragique qui se dessinait lentement, sous nos yeux. Les coups reçus et son agacement face à la passivité de ses partenaires lui ont même donné la force d’effectuer quelques replis défensifs, certaines fautes même, et de redescendre au niveau de Verratti pour réaliser le travail d’élaboration du jeu que le milieu italien ne parvenait pas à faire. Dans l’esprit, il est le premier à encourager ses partenaires après l’égalisation et le seul à soutenir Areola après son penalty. On ne devrait même pas souligner ce genre de choses, mais elles sont le symbole d’un dysfonctionnement criant d’une équipe au sein de laquelle Neymar surnage.

Poussons la logique encore plus loin et oublions un instant ses blessures hivernales. Le Brésilien a été recruté 222 millions d’euros pour être la tête de gondole d’un projet pharaonique. Thiago Silva est un capitaine contesté et Marquinhos, avant la séance de tirs aux buts, se voit obligé de demander à son compatriote quelle décision prendre lors du tirage au sort. Dans le jeu, tout passe par Neymar. Ses partenaires le recherchent en permanence et dans chaque but ou presque, il est impliqué. La prédominance Neymar est évidente, et bien qu’on essaie à longueur de journée de nous faire croire que le vrai leader du PSG, c’est désormais Mbappé, c’est Neymar qui décide, pilote et représente aujourd’hui le club. Il est venu pour ça après tout. Impressionner, gagner et faire briller le PSG. Il ne reste qu’à lui confier le brassard et le suivre, pour continuer d’espérer.

Clément Pernia