L'équipeOeil du supporter

Bilan à la mi-saison

Après la première partie de saison, c’est l’heure du bilan. Je reviens sur ce qui m’a plu, et moins plu. 

 

Les points positifs : Tuchel

Je commence avec la grosse satisfaction de la phase aller : THOMAS TUCHEL. Arrivé en début de saison pour remplacer Unai Emery, l’Allemand fait l’unanimité. En dehors du terrain déjà. Sa bonne humeur, ses interviews d’après-matches, son français : sa personnalité a séduit tout le monde. Avant même sa prise de fonction, Tuchel avait rencontré Neymar pour le mettre en confiance et lui expliquer qu’il serait au cœur du jeu. On voit le résultat aujourd’hui. S’il sait adopter la manière douce et paternaliste avec ses joueurs, il sait être sévère et les recadrer lorsqu’ils sont à la faute. Kylian Mbappé et Adrien Rabiot en ont fait les frais. Arrivés en retard à la causerie avant le match face à Marseille, les deux joueurs commenceront le classique sur le banc.

Sur le terrain, il a réussi là ou son prédécesseur a échoué : imposé son style, sa patte et ses idées. Sans revenir en arrière au bout de quelques semaines. C’est ainsi que le technicien a utilisé plusieurs tactiques en début de saison, n’hésitant pas à changer de schéma d’une période à l’autre. Ce qui a permis aux joueurs de travailler et d’améliorer leurs connaissances tactiques. Et à Tuchel d’instaurer petit à petit son 3-5-2. Avec un seul milieu défensif de métier (Rabiot s’écartant au cours de la saison), l’entraîneur parisien a dû innover pour trouver des solutions en attendant le mercato. Et de quelle façon ! Il décide d’installer Marquinhos en milieu défensif au côté de Verratti.

Si l’affaire a été non concluante lors du premier match face à Liverpool en septembre, il en est tout autre trois mois plus tard. En plus des gros progrès du Brésilien à ce poste, c’est le nouveau visage affiché des joueurs offensifs, et donc de toute l’équipe qui est à l’origine du succès de Marquinhos au milieu. On en reviendra plus tard dans l’article. Pour finir avec ce premier point positif, Thomas Tuchel n’a pas peur de faire appel aux jeunes issus du centre de formation, notamment Moussa Diaby et Stanley Nsoki. Même si personnellement, j’aimerais voir le défenseur plus souvent. Leader et invaincu de Ligue 1, premier de sa poule en Ligue des Champions devant Liverpool et Naples, la première partie de saison est quasi parfaite. Et Thomas Tuchel y est pour beaucoup. Malgré la présence de Neymar et Mbappé, le véritable patron est bel et bien le coach. « Top, top,top. »

 

PSG vs Liverpool

Depuis le début de saison, Tuchel a transformé ses joueurs en leur insufflant un nouvel état d’esprit. Revenons sur le cas Marquinhos. Son évolution à son nouveau poste coïncide avec l’évolution du PSG au cours de la saison. Tout le monde a remarqué la différence de prestation du Brésilien entre le match aller face aux Reds et le retour. Mais c’est toute l’équipe qui a changé de visage, et plus précisément les joueurs offensifs. Tout le monde presse, en commençant par Cavani et Mbappé et le bloc peut suivre. Neymar et Mbappé, qu’on voyait très rarement, pour ne pas dire jamais, défendre, ont radicalement changé d’attitude et les milieux défensifs ne sont pas livrés à eux-mêmes. « L’esprit d’équipe, qui faisait parfois défaut dans certains matches, les 5 derniers mètres pour le pressing, le retour défensif, les couvertures… Cela paraissait désorganisé non pas par manque de connaissance tactique, mais par cette nonchalance un peu, et là cette année il y a un coach qui met l’accent énormément sur ça. Il n’y a pas de secret, le seul moyen de gagner des matches et de belle façon, c’est de le faire en équipe », affirmait récemment Thomas Meunier.

Le match qui résume tout cela, est bien celui face à Liverpool au Parc, qui est le tournant de cette saison. Les saisons précédentes, on avait l’habitude des paroles avant les gros matches, pour n’avoir aucun acte le moment venu. Mais ça, c’était avant. Les scènes de joie et de communion avec les supporteurs après la rencontre le prouvent : quelque chose a changé cette saison.

 

Paris se rebiffe

 Si tout se passe bien sur le terrain, et qu’on a enfin trouvé un entraîneur qui se fait respecter, les dirigeants parisiens ont enfin décidé de montrer les crocs en coulisses ! D’abord, Nasser Al-Khelaïfi a repris de volée en personne Javier Tebas lors du tirage au sort de la Ligue des Champions en août. Durant près de 5 minutes, le dirigeant qatari a réprimandé le président de la Ligue de Football Espagnole. Javier Tebas ne cessait d’accuser le club de la capitale d’enfreindre les règles du fair-play financier, la pilule Neymar ayant du mal à passer… Début octobre, le PSG a saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pour contester l’examen approfondi de son cas dans le cadre du fair-play financier.

Après les transferts de Kylian Mbappé et de Neymar, l’UEFA avait ouvert une procédure pour savoir si le FPF avait été respecté. Le dossier avait été classé en juin dernier avant d’être rouvert trois mois plus tard. Dernière contre-attaque en date, dans un communiqué intitulé « L’Équipe, média de désinformation », le club s’attaque (enfin) au quotidien, pour le plus grand plaisir des supporteurs. Pour les dirigeants, le papier ne contient que des « allégations totalement erronées, ridicules et uniquement de nature à recréer un climat de grandes tensions entre le Club et ce média ». Mais le club a décidé de frapper encore plus fort. Depuis quelques semaines, les journalistes de l’Équipe sont interdits d’accès aux conférences de presse. Pourvu que ça dure.

 

Le point négatif

Seule ombre au tableau dans cette première partie de saison, la gestion du cas Adrien Rabiot. Je ne vais pas me faire des amis, mais si la plupart des supporteurs en veut au joueur, de mon côté, j’en veux plus à la direction. Comment peut-on laisser un joueur de ce niveau arriver à terme de son contrat ? Comment ne pas avoir anticipé le coup cet été ? Nasser était persuadé de pouvoir le garder. Il s’est terriblement trompé. Où je peux en vouloir au milieu de terrain, c’est d’avoir laissé entendre qu’il allait prolonger. Pour le reste, c’est du business, comme dans n’importe quel autre métier. Peut-être s’est-il lassé de la Ligue 1 et veut tenter une nouvelle expérience ? Quoi qu’il en soit, cela prouve encore une fois que le club appartient aux fans. Les joueurs passent, nous, restons du début à la fin.

 

Mehdi Sefraoui

Crédits photo : leparisien.fr

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