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Adrien Ras-le-bol

11 décembre 2018, stade Marakana de Belgrade, 83èmeminute, Thomas Tuchel lance Adrien Rabiot. Une dernière fois ? Depuis cette date, les relations entre Adrien Rabiot et son club se sont considérablement détériorées. Suscitant au mieux un ras-le-bol, au pire une haine viscérale, l’évolution de la situation procède d’une construction largement imputable au titi.

 

« T’as ça dans le sang »

Comprendre la haine que suscite Adrien Rabiot parmi les supporters du PSG implique une analyse des raisons de cette colère. Retour en septembre. Au terme d’une après-midi ensoleillée, un PSG séduisant vient à bout d’un étonnant promu, galvanisé par sa victoire contre le voisin marseillais : le Nîmes Olympique (2-4). Dès la fin du match, devant un parcage bouillonnant et – comme toujours – fourni, Adrien Rabiot, mégaphone en main communie avec les siens. Alors que les débats autour de sa prolongation de contrat alimentent déjà la presse, des caméras de J + 1 captent un échange entre le numéro 25 et des supporters. « Reste avec nous »; « T’es un putain de parisien, t’as ça dans le sang, t’es le seul parisien ». Que faire de plus ?

Délesté de son maillot qu’il vient d’offrir au parcage, Rabiot, compréhensif, à l’écoute et souriant, acquiesce face à l’attachement sincère d’une poignée de passionnés qui viennent d’avaler 700 kilomètres pour chanter une heure et demie. Naïfs ? Impossible à ce moment précis d’entrevoir la tournure que prendra ce qu’il convient désormais de désigner comme le « feuilleton Rabiot ». Et comme toutes les bonnes séries, elle doivent s’arrêter un jour, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait.

 

Point de non-retour

À la question posée par Paris United – plus de 20 000 réponses – le 16 janvier dernier sur Twitter : « Tuchel souhaite la réintégration d’Adrien Rabiot si le club ne recrute pas de milieu de terrain cet hiver : bonne ou mauvaise idée ? » vous avez été plus de 60 %, soit près de 13.000, à rejeter fermement l’alternative d’une réintégration. Concernant les 40 % restants, le « si » de notre question prend toute son importance. Comment être sûr que la perspective d’un retour d’Adrien Rabiot motiverait encore leurs votes en cas de recrutement d’un milieu de terrain cet hiver ? Cette éventualité laisse poindre la possibilité d’une réintégration par défaut, tout ce que l’on peut souhaiter de pire, au joueur comme au club.

S’il est impossible d’établir un profil précis des personnes interrogées, les résultats reflètent le sentiment de rejet généralisé qui anime une grande partie de la communauté parisienne. Les immixtions à répétition de Véronique Rabiot dans les négociations contractuelles altèrent la relation directe qui devrait prévaloir entre Rabiot et son club formateur.

Cette incapacité à prendre en main sa carrière contribue à forger l’image détestable que le joueur s’est bâtie au fil du temps. Un sentiment de dégoût croissant s’exprime désormais régulièrement et sans complexe. Les signes d’hostilités envers AdrienRabiot sollicitent tous nos sens. On entend les sifflets, au Parc face à Toulouse le 24 novembre dernier. On voit les banderoles, contre Orléans en Coupe de France, puis face à Nantes juste avant la trêve. Face à ce déferlement, comment imaginer la perspective d’un come-back pacifique ?

Le choix du caprice

Le cœur du reproche adressé à Adrien Rabiot est son mépris pour le club, bien plus que ses velléités de départ. Aucun joueur n’est ni indispensable, ni irremplaçable. Les supporters restent, les joueurs partent et l’institution perdure.

Lorsque Alphonse Areola prolonge son contrat, c’est naturellement dans l’espoir de s’inscrire dans l’histoire du club. Mais c’est également par respect pour l’institution. Il garantit alors un revenu financier au PSG en cas de départ. Qui peut affirmer aujourd’hui qu’Alphonse Areola dispose d’une meilleure position, de davantage de garanties qu’Adrien Rabiot à son poste ? Face à la concurrence de Buffon, de Trapp en d’autres temps, aux rumeurs concernant une arrivée d’Oblak, Areola aurait pu choisir la voie du caprice. Il n’en est rien.

L’indispensable départ

Réduit à s’entrainer avec la réserve depuis peu, Adrien Rabiot a décidé de saisir la commission juridique de la LFP. Triste épilogue à un conflit qui n’aura que trop duré, l’instance devra déterminer la réalité des manquements du Paris Saint-Germain, au regard des modalités contractuelles qui lient le club de la capitale au titi.

Un constat s’impose néanmoins : le cas Rabiot divise. Doit-il partir, doit-il rester ? Ces interrogations nocives, ces débats incessants, clivent les amoureux du club et ne doivent pas contribuer à remettre en cause la nécessité de placer l’institution au-dessus des logiques individuelles et carriéristes. C’est là, malgré nos divergences et nos désaccords la source de notre union. L’amour d’une ville, d’un club et d’un maillot.

Comme le confiait Thiago Silva lors d’une interview donnée à Téléfoot pendant le stage à Doha : « Je crois qu’Adrien Rabiot c’est fini ». Il est temps de tourner la page, le chapitre suivant promet déjà.

 

Thomas Gropallo

Paris United

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