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Thomas Tuchel – Antero Henrique : Une cohabitation échouée

Un air glacial règne dans les couloirs du Paris Saint-Germain… L’espoir n’est plus de mise pour Coach Tuchel. Le mercato est bel et bien terminé et les résultats laissent à désirer. Après des dizaines de pistes évoquées puis aussitôt avortées, le PSG n’accueillera finalement qu’un seul milieu de terrain, Leandro Paredes.

Mercato sans doute raté si l’on demande à Thomas Tuchel, lui qui militait depuis très longtemps pour deux milieux et deux défenseurs. On ne peut que comprendre les inquiétudes du tacticien : Verratti sortait sur blessure à la cheville lors du match contre Guingamp (9-0),  Rabiot est toujours persona non grata au sein de l’effectif et Neymar est officiellement forfait pour le match contre Manchester. Les blessures, ou l’absence pour le cas Rabiot, pèse sur l’équipe et ne font qu’augmenter la tension entre le coach et la direction sportive du club. À quelques jours de la signature de Paredes, le coach craquait en direct à l’antenne du CFC. Comme il le dit si bien, s’il le prend avec rigolade c’est surtout pour ne pas pleurer. Et s’il ne trouvait pas le nouveau milieu argentin dans les couloirs, c’est en grande partie à cause d’Antero. Tout était prévu pour l’arrivée du joueur mais le directeur sportif souhaitait renégocier certaines clauses du contrat, telles que les commissions, pourtant déjà réglées auparavant.

En plus de Paredes, une deuxième recrue avait aussi été promise à Tuchel. Les pistes de Weigl et Gueye étaient pourtant en bonne voie mais la direction a vite déchanté. L’un ne voulait pas vendre son joueur et l’autre demandait au moins 40 millions pour céder son milieu sénégalais. Quant à Acosta, évoqué pour être la doublure de Neymar, la piste a disparu aussi vite qu’elle a émergé. L’Argentin était l’idée d’Antero, idée jamais validée par l’entraineur parisien. Tuchel avait un autre profil en tête, Pablo Sarabia, milieu offensif évoluant au FC Séville avec une clause libératoire fixée à 22 millions. On le sait, le transfert ne s’est jamais fait. Bilan : Tuchel est, une fois de plus, déçu du travail d’Henrique. Le coach parisien dira même en conférence de presse avant le match contre l’Olympique Lyonnais : « Je ne pense pas que les derniers jours soient les meilleurs pour trouver une solution ».

Cette mésentente entre les deux hommes ne datent pas d’aujourd’hui, on ne vous apprend rien. Nous l’expliquions déjà dans le Tome 2 du livre “Révélation d’une Révolution” : l’entente entre l’allemand et le portugais n’a jamais été au beau fixe. L’un clame haut et fort qu’il faut un milieu depuis bien longtemps, l’autre pense argent. Car oui, il faut un milieu mais on est au PSG ici. Lorsque l’on foule la pelouse aux côtés de Verratti, Neymar ou Mbappé, il faut assurer et il faut être prêt…vite. Le tout a évidemment un prix et le club ne peut pas se permettre de s’offrir un Pogba ou un Kanté, du moins pas tout de suite. Tuchel et Henrique sont aux antipodes et cela se ressent dans leur vision du jeu et des besoins de l’équipe. Par exemple, lorsque le coach évoque son besoin d’un défenseur axial et d’un latéral gauche, le directeur sportif pense qu’un simple défenseur central gaucher est suffisant. On aurait pourtant tendance à croire que l’entraîneur serait plus qualifié pour définir les besoins de l’équipe…

Dès son arrivée à Paris, Tuchel a dû faire face à un directeur sportif hostile et clairement pas ravi de cette nouvelle recrue. Soucieux de maintenir son autorité en haut de la pyramide, il n’est pas prêt à se laisser détrôner par l’ancien coach de Dortmund. « Ce n’est pas un Allemand qui va commander. De toute façon, il a un moins bon palmarès qu’Emery. Les joueurs ne l’écouteront pas » retrouve-t-on dans le livre. Pas de chance, Thomas Tuchel a plutôt l’air de se faire respecter dans le vestiaire parisien. Dès l’été dernier, les relations se tendent. Le tacticien avait déjà fait part de ses besoins au milieu et en défense. Le directeur sportif avait proposéAxel Witsel, piste rapidement écarté par le coach selon Antero. S’il on en croit Tuchel, le profil lui convenait parfaitement mais le directeur sportif n’aurait pas fait le maximum pour finaliser le joueur. Dommage, le milieu n’attend pas et s’en va signer au Borussia Dortmund. En attendant, le fair-play financier pèse sur le club et les options deviennent limitées. Tuchel n’attend personne et n’hésite pas à court-circuiter Antero sur certains dossiers. Avant sa nomination officielle, l’entraîneur rencontrera lui-même les représentants de Julian Weigl, pressenti il y a quelques temps pour rejoindre les rangs parisiens cet hiver. Transfert impossible à l’époque, en raison du montant. Le club allemand ne demandait pas moins de 72 millions d’euros au PSG. Hors le club avait un budget total compris entre 50 et 70 millions d’euros.

Petit budget, petit mercato. Tuchel s’inquiète…Il essuie les défaites lors de la tournée estivale en Asie (3-1 face au Bayern de Munich, 5-1 face à Arsenal) et aucune recrue “intéressantes” est annoncée pour venir renforcer son effectif. Kanté, Ndombele, Fabinho, Milinkovic-Savic…beaucoup de piste abandonnées ou restées sans suite. On se souvient notamment du cas Boateng. Les négociations avec l’international allemand étaient entamées, le Bayern était enclin à laisser partir son joueur et avait fait des offres à Paris, Boateng avait placé le PSG en tête de ses priorités, tout allait pour le mieux… jusqu’à ce qu’Antero intervienne ou n’intervienne pas plutôt. Le Bayern attend une offre du club parisien qui ne vient pas, silence radio. Il faudra attendre jusqu’au 25 août pour que la direction sportive se manifeste. Tout semble alors réglé, le bavarois se réjouit de sa venue et commence à prospecter la capitale pour y trouver un pied à terre. Seulement l’offre finale du PSG est formulée le 30 août 2018. Le montant n’est pas le problème, 40 millions, le Bayern accepte, mais c’est le timing qui dérange. Le club bavarois prévoyait de combler la perte de Boateng par la venue du défenseur français, Benjamin second poteau Pavard. Mais à la veille de la clôture du mercato, le transfert est alors avorté et Boateng est contraint de renoncer au PSG. Belle gestion du temps de la part de notre directeur sportif… Cela ne passera pas inaperçu aux yeux des dirigeants du Bayern, qui ne tarde pas pour charger Antero dans les médias via son président Uli Hoeness : « Je conseille au PSG de changer de directeur sportif » déclare t-il. « Cet homme ne peut pas être la figure de proue de ce club. Si le PSG veut devenir un grand club à l’échelle mondiale, il ne peut pas se permettre d’avoir un tel directeur sportif. » 

Encore une fois Tuchel est déçu et ne comprend pas la gestion de la direction parisienne. Il n’hésite pas à appeler directement Doha pour se plaindre de ce mercato fantôme avant de prendre directement les rênes. Il fait venir Thilo Kehrer sans se soucier de l’avis du directeur sportif. Ce dernier n’aura qu’à signer en bas de la page pour finaliser le transfert. Un sacré coup dans l’égo du Portugais. L’organisation au PSG est un problème et il est difficile de le cacher. L’agent Jorge Mendes n’avait pas hésité à pointer cette instabilité du doigt. “La parole du lundi n’est pas la parole du mardi” avait-il affirmé. Certains agents de joueurs, sous contrat ou contactés, ne souhaitent plus passer par Antero et préfère s’adresser directement à Nasser. Malgré les deux énormes transferts de 2017, Henrique est vivement critiqué, même en interne. Si son remplacement n’est pas acté pour l’instant, l’italien Andrea Berta est de nouveau contacté par Doha afin de savoir ses disponibilités. Les deux hommes étaient déjà en concurrence avant l’arrivée d’Antero au PSG. D’autres noms circulent également en interne. Celui de Barry Hunter par exemple. Le recruteur de Liverpool bénéficie d’un appui de taille, Pini Zahavi, qui oeuvre pour le faire entrer dans l’organigramme du PSG. Mais la concurrence ne s’arrête pas là. Arsène Wenger est également évoqué depuis un certain temps. L’ancien entraineur d’Arsenal, proche des qataris et de Tuchel, est régulièrement envoyé à la direction sportive du Paris Saint Germain. Cependant, l’alsacien ne souhaite pas collaborer avec Antero Henrique. L’arrivée encore incertaine de l’alsacien entrainerait le départ sine qua non du portugais.

Si le mercato d’été était jugé raté pour beaucoup, celui d’hiver n’a pas meilleure mine. La réintégration de Rabiot au sein de l’effectif est désormais souhaitée par Tuchel, qui va tenter de faire pression sur la direction. C’est dans les prochains jours que l’on mesurera le poids du tacticien allemand et que l’on verra surtout qui a le dernier mot au sein du Paris Saint-Germain.

visuel en tête : Graphic UNTD