à la uneArticleL'équipeLe ClubLes joueurs

Paris souffre, mais c’est normal

Le PSG souffre en ce moment, que ce soit dans le jeu ou physiquement. Mais ce n’est pas un hasard et les parisiens ont des circonstances atténuantes, notamment à cause de la FFF et la LFP, auteurs d’un calendrier complètement absurde.

Paris souffre physiquement et ça se voit. Dans le jeu, dans le rythme des matchs, on sent des parisiens incapables de se surpasser, de courir avec intensité. Les blessures sont un autre indicateur de cette souffrance, même si, par le passé, le PSG n’a jamais été épargné par les absences. Mais les problèmes sont multiples et viennent d’un calendrier pensé en dépit du bon sens.

Quand la Ligue 1 s’est arrêtée au moment du premier confinement, il y a eu des débats, des recours, qui ont obligé les joueurs à rester concernés. Puis, quand on a compris que, quoi qu’il arrive, ça ne reprendrait pas définitivement, on était déjà au mois de mai. Les joueurs ont donc eu quelques jours de vraies vacances. Mais pendant cela, il fallait quand même reprendre assez vite pour ne pas arriver à la reprise au niveau zéro.

La coupure mentale a donc été le premier problème. Au lieu de se dire, « on ne pense plus à rien et on reprendra tranquille », les parisiens n’ont jamais coupé mentalement en pensant à la reprise, aux deux finales de coupe, qui sont arrivés à peine quatre semaines après le premier entrainement et, évidemment, le Final 8 de Lisbonne. Couper mentalement, c’est une nécessité pour un sportif de haut niveau.

Ensuite, le staff a décidé de miser sur une préparation basée sur l’explosivité et pas sur l’endurance comme lors d’une préparation classique. Il fallait être prêt pour les deux finales et surtout la Ligue des champions. Si une présaison classique dure six semaines, et que les premiers matchs servent à peaufiner, c’est qu’il y a une raison. Si on considère qu’il faut entre huit à dix semaines pour commencer à être bien, c’est qu’il y a une raison.

En plaçant les deux finales de coupe nationale dès le 23 juillet, Noël Le Graët n’en a eu que faire. Il a donc obligé les parisiens à faire une préparation tronquée et inadaptée au calendrier qui allait suivre. Parce que pour rattraper le temps perdu, placer les matchs des sélections nationales, les joueurs doivent enchainer les matchs tous les trois jours. En temps normal, les quatre premières semaines de compétition, il n’y a qu’un match par semaine. Cela permet de continuer à travailler le côté athlétique. Là, avec tous ces matchs, les joueurs ne font que de la récupération.

Merci Noël Le Graët

On voit d’ailleurs ce problème dans tous les clubs qui ont participé à la coupe d’Europe en août. Le Real, le Barça, City, tous souffrent en ce moment. Un seul club passe au travers des gouttes, c’est le Bayern. La différence, c’est que la Bundesliga a repris plus tôt, dès le mois de mai et qu’elle a fini en juin. Les joueurs ont alors bénéficié de deux semaines de vraies coupures puis ils ont eu quatre semaines complètes pour se préparer pour le Final 8. Alors peut-être que les allemands paieront en février – mars leur calendrier, on verra, mais, en attendant, ils sont compétitifs.

Kurzawa, un des meilleurs joueurs sur la pelouse à Istanbul, avait des jambes. Il l’a dit lui-même « j’ai profité de ma longue suspension pour me faire une préparation athlétique ». Il n’y a pas de hasard.

Paris va souffrir jusqu’à décembre, avec des hauts et des bas, peut-être un match où ils seront bien puis deux où ils manqueront de jus. En attendant, il va falloir limiter la casse, tant sur le plan des résultats que sur celui des blessés. En espérant que le club de la capitale passe la phase de poule et se qualifie pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, la trêve hivernale, cette saison, est, elle aussi écourtée. Le scénario idéal serait que le PSG possède assez d’avance en championnat pour couper vraiment, reprendre par une bonne préparation quitte à ne pas être performant lors de la reprise (un match de coupe de France dès le 2 janvier puis championnat le 6) pour arriver au top en février – mars.

Thomas Tuchel et le PSG peuvent remercier le président de la FFF car ils vont donc devoir essayer de garder une équipe compétitive, en gérant les blessés, en s’aidant du turn-over, tout en espérant que les joueurs ne soient pas trop utilisés en sélection, et tout cela en ayant des résultats, dans un calendrier de fou. Bon courage.

Paris United

GRATUIT
VOIR