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Pembélé: Laissons-lui un peu de temps

Timothée Pembélé a donc joué 45 minutes à Brest. Même s’il a souffert défensivement, il a montré de la disponibilité offensive. Mais que c’est dur d’être un jeune au PSG.

Au PSG, on est schizophrène : on veut voir des jeunes formés au club évoluer en équipe première mais on les juge sur trente minutes. Et Pembélé ne fait pas exception à la règle.

Utilisé par Thomas Tuchel lors de la première partie de saison, le jeune titi a été plutôt intéressant, notamment au poste de latéral droit. Depuis l’arrivée de Pochettino, il n’avait plus joué, en plus victime du Covid il y a quelques semaines.

Samedi soir, à Brest, il est entré à la mi-temps à la place de Tilo Kehrer. Il a alors montré quelques lacunes sur le plan défensif, dans une période où le PSG subissait. Offensivement, il a été disponible et même s’il n’a pas été forcément servi, il a fait les bons appels, les bons déplacements.

Personne n’a jamais dit que Pembélé méritait plus que Kehrer ou Dagba de jouer. Personne ne sait s’il réussira à s’imposer au PSG. Mais personne ne sait non plus s’il va échouer. Pour cela, il faut qu’il joue et c’est, pour l’instant, trop peu le cas.

Pour qu’un jeune progresse, voire s’impose, il faut plusieurs choses. Déjà, qu’il ait des qualités indéniables au poste où il sera utilisé. Il faut également qu’il entre dans un contexte favorable. Ce contexte ça peut être un match maitrisé par l’équipe, tant au niveau du score que du contenu, mais c’est aussi une sérénité transmise par le coach et ses coéquipiers.

Quand on a 18 ans, on peut vouloir trop en montrer en se disant que ce sera notre seule chance. En sur-jouant, on se trompe alors : on se jette sur un ballon quand on devrait se maitriser, on tente une interception alors qu’on devrait juste cadrer. Résultat, on peut se retrouver mal placé et dépassé.

Des qualités offensives

Enfin, il faut que le joueur ne se sente pas menacé dès qu’il entre en jeu. C’est là que le rôle du coach est primordial. Quelle que soit la prestation du joueur, l’entraineur doit alors le calmer si la prestation est bonne pour qu’il ne se pense pas arriver, mais il doit aussi le rassurer si celle-ci est ratée et lui expliquer qu’il aura d’autres occasions, qu’il faut prendre son temps.

Le problème, c’est qu’autour du PSG, tout le monde est impatient. L’exemple de Mbe Soh est le plus marquant des dernières années. Utilisé contre Reims comme latéral droit, qui n’était pas son poste, dans une rencontre où Tuchel avait fait tourner la grande majorité des joueurs et donc avec une équipe sans rythme et sans automatisme, il était passé à côté de son match, mais comme beaucoup de ses coéquipiers ce soir-là (défaite au Parc des Princes 0-2). Malheureusement pour lui, le coach ne l’avait plus jamais repris dans le groupe.

Oui, Pembélé a encore des lacunes et c’est normal à son âge. Oui, il a aussi montré des qualités intéressantes, notamment sur le plan offensif. Et oui, ce n’est pas la meilleure saison pour se montrer ni pour le coach de faire des tests à cause du Covid mais aussi de la lutte pour le titre.

En général, mais encore plus en temps de crise économique, mieux vaut avoir deux trois jeunes formés au club qui n’ont rien à envier à des joueurs achetés entre 30 et 40 millions d’euros qui n’ont pas montré grand-chose non plus. Soyons patients et laissons les jeunes travailler pour éviter, comme pour Nkunku ou Diaby, de se dire que, finalement, ils auraient pu être utiles à l’équipe si le club ne les avait pas laissés partir.

crédit photo: PSG.fr

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