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[Info Paris U] Mbappé, les dessous d’un transfert record

Mbappé, les dessous d’un transfert record.
Si Kylian Mbappé est devenu officiellement un joueur du Paris Saint-Germain jeudi soir, cela fait en réalité un certain temps que le prodige de Bondy souhaitait évoluer à Paris. Les contacts entre les deux parties remontent à plusieurs années, par le biais notamment de Pierre Reynaud, ancien joueur du club et aujourd’hui recruteur au PSG, qui a suivi le joueur de ses 9 à 13 ans, et qui est revenu discuter avec lui ces dernières semaines. Un autre homme maintient également le contact avec l’attaquant depuis deux années : Marc Westerloppe, qui a rejoint le centre de formation du club parisien en 2013. L’ancien responsable de la formation du RC Lens connaît le jeune garçon depuis son très jeune âge, et il a aidé à un échange entre les deux parties, grâce à un contact téléphonique et des rencontres régulières, bien avant cet été. Ce dernier a toujours vanté les mérites de Mbappé au club de la capitale. Par la suite, Olivier Létang a pris le relai et garde à l’heure actuelle un contact avec la famille, qui a refusé le PSG par le passé quand Kylian souhaitait intégrer le club à l’âge de 12 ans. L’an dernier encore, le PSG a tenté de le récupérer mais le joueur a refusé car il souhaitait réussir à Monaco, ainsi que sortir par la grande porte.


De grandes institutions en colère

Il faut bien comprendre que le choix de Mbappé ne plait pas à tout le monde parmi les grandes institutions européennes, puisqu’on peut affirmer qu’il fait même l’unanimité contre le PSG. Le reproche principal des barons aux gros cigares est le manque d’éthique, ainsi que le non-respect des règles mises en vigueur par le FPF et l’UEFA. Dit autrement : quand on passe sa vie à écraser les autres, on n’arrive pas à comprendre comment on peut être écrasé.

Ami de Nasser Al-Khelaifi, Florentino Perez aurait par exemple bien voulu recruter Kylian Mbappé. Le président espagnol (tout comme son homologue Bartomeu) ont tenté d’enrôler le prodige parisien jusqu’au dernier jour du mercato, préparant même un jet privé. Sous l’impulsion de Jorge Mendes (représentant des transferts de l’ASM), un accord avait été trouvé mi-juillet entre Monaco et le club madrilène, mais sans l’aval du clan Mbappé, qui n’a rencontré Perez qu’une seule fois : au lendemain du match amical France – Angleterre (3-2). Contrairement à ce qui circule, il n’y a jamais eu non plus de rencontre directe entre Zidane et le clan MBappé, qui s’est fixé une règle d’or : pas de proposition financière sans accord sportif. Le forcing du PSG sur ce plan a eu raison des autres cadors européens (Barcelone, Real, Liverpool). Particulièrement actif cet été, Antero Henrique a délégué Luis Ferrer pour s’assurer un suivi quotidien avec le joueur et sa famille, et la stratégie parisienne a fini par fonctionner. Comme pour Neymar, le Paris Saint-Germain a absolument tout entrepris pour enrôler Mbappé. Le jour où Unai Emery est allé à la rencontre du joueur et sa famille, chez lui à Bondy, s’est notamment avéré décisif quant à l’envie de Kylian (Emery et Guardiola sont les deux coachs qui l’ont le plus marqué lors de ses rencontres). Le Français explique même à son entourage que le coach parisien « sent le foot », quand on l’interroge sur son choix. Le discours que l’entraîneur espagnol avait utilisé lors d’une table ronde en Espagne avait déjà touché le jeune prodige, en début d’été, ainsi que l’envie très forte de marquer l’histoire de sa ville natale et de rester en France, sa véritable et unique priorité depuis le début.


Le jeu de dupes de Monaco

Par ailleurs, le jeu trouble de Monaco (et notamment du service communication à partir du jour où Mbappé a annoncé en privé vouloir aller au PSG) ne devrait pas rester longtemps sous silence. Contrairement à ce qu’il laisse entendre pour se donner le beau rôle, l’ASM a mis en vente Mbappé depuis plusieurs mois, sans jamais lui faire de proposition de prolongation formelle (le seul aspect financier a été évoquée mi-juin) ; alors que le garçon n’avait aucune intention de partir, et qu’il avait même annoncé fin juin au Prince Albert qu’il comptait rester une année supplémentaire. Le natif de Bondy avait hérité du numéro 10, et la famille avait même changé de maison, payé avec un an d’avance ; preuve de son souhait initial de rester en Principauté. 
Le 19 juillet fut une date marquante pour Kylian, car le club monégasque – qui trouva un accord avec le Real, sans l’aval du clan Mbappé – fit comprendre au joueur qu’il serait transféré. C’en est trop pour la famille, qui commença donc a faire le tour des clubs (car Monaco leur avait demander de rencontrer Florentino Perez).
Le 29 juillet  le joueur avait tranché : ce sera le Paris Saint-Germain (la priorité du clan Mbappé était de rester mais ce n’était pas forcément réciproque). Par ailleurs, les dirigeants de l’ASM avaient demandé au joueur de ne pas prendre de risque sur le terrain, car sa blessure en fin de match contre Toulouse (1ere journée de Ligue 1) donna quelques sueurs froides dans les hautes sphères. Forcément, quand on s’apprête à récolter un tel pactole…

En réalité, si l’accord total entre Paris et Monaco est arrivé tardivement, cela peut s’expliquer en partie du fait que le club de la Principauté refusait de transférer le joueur au Paris Saint-Germain (sans compter l’aspect politique). Si Vadim Vasilyev a ensuite tout fait pour faciliter son transfert et placer l’attaquant dans les meilleures conditions, Leonardo Jardim – qui préférait lui aussi pousser le joueur au Real – a retenu Mbappé dans le groupe contre l’OM, en certifiant au vice-président monégasque que l’idée venait de Mbappé, du coup très remonté en l’apprenant (même s’il est resté professionnel jusqu’au bout). Il faut ajouter que les relations entre Kylian et son entraîneur n’ont jamais été idylliques, et sans l’intervention de Vasilyev il y a un an, Jardim aurait continué à préférer Germain et Boschilia, qui ont longtemps eu sa préférence quand le Français rongeait son frein à la Turbie. Tous ses entraîneurs de formation confirment pourtant en privé que MBappé a toujours fait preuve d’un sérieux total, malgré son jeune âge, et qu’il n’est pas rare de le voir sortir du centre d’entrainement en dernier…après être arrivé en premier. Enfin, et même d’accord avec Paris, l’ASM a tenté jusqu’au dernier moment de l’envoyer en Espagne, puisque les deux grands clubs ibériques (Real et Barça), qui discutaient mercredi encore avec Vadim Vasilyev, se sont livrés une véritable guerre en coulisses pour obtenir les faveurs du joueur et sa famille, qui n’ont jamais cédé.  Le volet financier a été abordé entre le clan parisien et la famille Mbappé (par le biais de leurs avocats) il y a quelques jours seulement. Pas avant et contrairement là aussi à ce qui circule dans le but de nuire.


Nike “impliqué” dans le transfert

L’autre point à souligner dans ce dossier, côté parisien, est le rôle clé de Nike, avec qui le néo-parisien est sous contrat. Pour la marque à la virgule, la venue de Mbappé dans la ville à la Tour Eiffel représente plus qu’un transfert. Les pontes de l’équipementier américain s’impliquent dans la stratégie à long terme du club, et souhaitaient ardemment voir une association entre Cavani (Am-Sud), Verratti (Europe), Mbappé (Europe et France) et bien évidemment Neymar (Monde), au sein d’une même équipe. L’attaquant de 18 ans bénéficiait même d’une clause de catégorie A, s’il évoluait avec une grande formation européenne sous contrat avec Nike. Coté communication, tout avait été ficelé côté PSG à l’avance, et les visuels de Kylian avec le maillot third, qui sont sortis vendredi sur le site officiel du club, ont été préparés il y a deux semaines. Pour le PSG, qui cherche autant à devenir une marque mondiale que la meilleure équipe sportive d’Europe, recruter Mbappé était donc plus qu’une priorité, mais une évidence. Surtout quand l’on sait que les négociations entre Nike et Jean-Claude Blanc ont débuté en avril pour une revalorisation de contrat.


Le Parc le fait rêver

Sportivement, Unai Emery considère Mbappé comme un attaquant pouvant couvrir tout le front de l’attaque. D
ans l’esprit du staff technique, il peut concurrencer Cavani, qui affiche souvent des limites techniques dans les grands matches, et ce même si son activité défensive est quasi irremplaçable. Mais c’est plus probablement sur le côté droit que le Français débutera son aventure parisienne, et Di Maria (qui pourrait être repositionné au milieu comme lors de sa dernière saison au Real Madrid), est le joueur qui a le plus à craindre de son arrivée sur le long terme. Unai Emery envisage bien d’aligner en tout cas l’attaque dont toute l’Europe parle : NeymarCavaniMbappé.

Enfin, Kylian rêvait de jouer au Parc des Princes. En privé, il explique que ce stade le fait vibrer, et sa volonté de faire briller la Ville Lumière lors de grandes soirées européennes existe chez lui plus que jamais. S’il adorait Ronaldinho petit, l’attaquant français est avant tout un immense passionné de foot, qui ne rate jamais un Clasico, et qui adore le jeu de Cristiano Ronaldo et Neymar. Luis Campos, l’ancien directeur sportif de Monaco, expliquait la semaine dernière sur RMC que l’énorme différence entre Mbappé et les autres prodiges français des 20 dernières années, est l’éducation des parents que Kylian a reçu. Comme il l‘explique lui-même, et s’il lui reste absolument tout à prouver, il est formaté pour le très haut niveau depuis son plus jeune âge, et l’amour de sa famille l’y aident particulièrement. Remporter le Ballon d’or est plus qu’un rêve, mais un objectif qu’il s’est fixé à long terme.

Alors qu’un match de l’équipe de France est prévu dimanche contre le Luxembourg, dans l’optique de la Coupe du Monde 2018, et qu’il est devenu jeudi le buteur le plus précoce des Bleus depuis Georges Lech, MBappé sera présenté au Parc des Princes mardi après-midi à 16 heures. Celui qui aime être surnommé « Le Petit Prince » – en référence à Saint Exupéry – et non la grenouille, surnom qu’il déteste -, pourrait même effectuer ses premiers pas sous le maillot du PSG vendredi soir face à Metz, avec le numéro 29, en référence au jour de la naissance de son petit frère Ethan. On a tous hâte d’y être.