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Portrait de Thilo Kehrer

Une des vraies surprises de ce mercato a été le transfert de Thilo Kehrer de Schalke 04 au PSG qui s’est conclu le 16 août dernier pour 37 millions d’euros. Alors que la tendance penchait plus vers un certain Boateng, c’est contre toute attente que le défenseur central de 21 ans rejoint la ville lumière. Zoom sur un profil atypique « made in Germany ».

 

Un couteau suisse allemand

Issu de la célèbre Schalke Academy, Thilo fait ses armes et signe son premier contrat professionnel avec son club formateur. Outre-Rhin, son potentiel est déjà reconnu. On reproche même au directeur sportif, Christian Heidel, de laisser filer une énième pépite, après les reventes notamment de Julian Draxler et de Leroy Sané.

Pour ses débuts en équipe première, il plafonne à 12 titularisations sur la saison 2016-2017. La suivante, il profite de blessures dans le secteur défensif de l’effectif pour doubler son temps de jeu (27 titularisations) et s’épanouir dans une défense à trois qui termine troisième meilleure défense au vu des buts encaissés (37 buts contre 36 pour Stuttgart et 28 pour le Bayern). Elu homme du match à 3 reprises lors de la saison 2017-2018, il termine avec Schalke 04 vice-champion de Bundesliga, derrière l’intouchable Bayern de Munich. Une première depuis 2010 pour le club qui n’a en revanche plus remporté le titre de champion depuis 1958.

En 45 matchs joués, le jeune allemand a occupé 8 postes différents. Ambidextre, il s’est illustré en défense centrale, il peut également occuper n’importe quel couloir et même évoluer au poste de sentinelle. Une telle polyvalence est une aubaine pour Thomas Tuchel, qu’on sait friand de stratégies dynamiques et de changements de compositions.

La compatibilité entre les deux allemands ne fait aucun doute quand on constate le niveau d’exigence de Tuchel en termes de polyvalence. Neymar qui passe du couloir gauche à l’axe, les défenseurs latéraux plus haut en 3-5-2, Marquinhos qui monte au poste de sentinelle. Le tacticien allemand exige de ses joueurs un niveau de résilience auquel Kehrer répond déjà. De fait, ce dernier arrive dans le groupe parisien comme un joker qui peut occuper la moitié des postes de l’effectif.

 

Une tête bien faite

Toujours plus loin dans l’adaptation, Thilo Kehrer parle aussi couramment français, langue maternelle de sa mère burundaise. Il a d’ailleurs choisi cette même langue en option du baccalauréat général qu’il a décroché en parallèle de sa formation en club. Sur le terrain, comme en dehors, le jeune allemand fait preuve de sérieux et d’une rigueur étonnante pour son jeune âge. En témoigne sa réaction, rapportée par Le Parisien, après une première prestation moyenne en rouge et bleu contre Angers (un carton jaune et un penalty provoqué, puis remplacé à la mi-temps) :

« Je sais que je ne suis pas encore à mon top niveau. Mon potentiel est supérieur à ce que j’ai pu montrer jusqu’à maintenant. Je peux être plus fort. Je ne me mets pas de pression. Je dois m’adapter à ma nouvelle équipe, aux nouveaux systèmes. J’ai confiance et je sais que je vais bientôt montrer pourquoi le coach et le club m’ont engagé. »

Depuis cette première mitigée, Thilo Kehrer semble doucement monter en puissance. Il a au total joué 6 matchs de Ligue 1 (dont une autre titularisation contre Nice) et est entré en jeu face à l’Étoile Rouge de Belgrade. Son match solide face à Lyon, ou il entre après le carton rouge de Kimpembe, a confirmé cette montée en puissance, et a laissé un aperçu plus clair de ses qualités de défenseur.

Le 9 septembre 2018, le jeune défenseur a aussi fait ses débuts en sélection dans un match amical contre le Pérou. Entré à la 72eminute au poste d’arrière droit, il fait bonne impression en apportant le danger dans son couloir.

Reste à de renouveler ce genre de performances en club pour espérer passer de simple joker à tôlier de cette défense parisienne. Il a la patience, le potentiel aussi, que sa saison commence !

Soufiane H