Le mercato

Bilan mercato : le milieu oublié

Le milieu oublié

Si le mercato vertigineux du PSG restera dans les livres d’histoire, en plus d’avoir fait rêver tous les fans parisiens du monde entier, une analyse plus rationnelle pousse ce matin tout supporter à ressentir le vertige. Le club parisien ressemble à ce jet-setteur dans la nuit endiablée, raflant les deux plus belles filles de la galaxie et qui, rentré chez lui en bien bonne compagnie, s’aperçoit qu’il manque un lit. Ici, ici encore, Paris ne fait rien comme tout le monde, oscillant quelque part entre la folie des grandeurs et la démesure du risque.

 

Pas de surenchère pour Fabinho

Et alors ? Rien de neuf sous le soleil, mes bonnes dames. En 2014, le PSG avait déjà balancé un missile de 60M sur David Luiz, pour s’amuser, quand le recrutement d’un joueur offensif s’imposait. Sauf que le monde a changé, que le PSG plafonne depuis trois ans, et que l’opportunité d’associer dans la même équipe les deux éventuels futurs meilleurs joueurs du monde, pour les trois ou quatre prochaines saisons, ne se représentera plus jamais. Et ce n’est pas l’entrée en jeu stellaire de Kylian MBappé hier soir contre les Pays-Bas – certes réduits à 10 et lessivés – qui changera notre opinion sur le phénomène français, encore impeccable en zone mixte. Quoi qu’il arrive cette année, Paris aura eu raison. Quel que soit le scénario qui suivra ce mercato, Paris aura eu raison. Que chacun ne l’oublie jamais.

D’autant que le club parisien pensait tenir avec Fabinho son joueur idéal. Si la vérité éclatera dans cette affaire, Monaco s’était mis d’accord le week-end dernier avec le PSG autour d’un transfert à 50M + 10 de bonus. Mais l’ASM ne voulait pas surpayer son remplaçant (Dendoncker ou William Carvalho), et devant les tarifs demandés par Anderlecht et le Sporting, a finalement demandé à Paris d’augmenter son offre pour le milieu brésilien, malgré l’accord de principe. Pris à la gorge par le Fair-Play Financier, le club parisien ne pouvait aller plus haut que la somme proposée, au risque de se faire prendre par une patrouille (UEFA) qui rêve de l’épingler, et qui va chercher dans les prochaines semaines une faille pour mettre le PSG dans le rouge. On en est là. C’est la suite logique du succès : plus élevé il sera, plus la haine et les coups bas il concentrera. On dira que c’est bon signe pour le Paris Saint-Germain, habitué de toute manière à vivre avec.

 

Meunier au milieu ?

Il n’en demeure pas moins que le non recrutement d’un milieu de terrain est un échec, qui sera certes compensé cet hiver (Wendel ou autre), vu que Paris possédait une enveloppe d’au moins 220M cet été, et qu’il n’en a dépensé que 160M (en retranchant les 75M de ventes). Si la partie décisive de la saison commencera en février pour le PSG, tout son problème sera de trouver des solutions d’ici là, et le staff technique en a bien conscience. Ces deux derniers jours, Antero Henrique a multiplié les contacts avec NZonzi, Danilo et Seri, sans succès. Nice et Paris étaient même tombés d’accord pour un transfert du milieu ivoirien, mais Ben Arfa, qui devait faire le chemin inverse, a fait capoter le deal suite à un dernier échange avec ses conseillers. Unai Emery va donc devoir faire preuve d’imagination dans les quatre prochains mois (dans un scénario résolument optimiste, 3 rencontres importantes seront au programme avec le Bayern deux fois, ainsi que Monaco – et aucun ne devrait être décisif). Pastore, Di Maria et Draxler peuvent-ils jouer dans un milieu à trois ? Les deux premiers l’ont souvent fait au cours de leur carrière, le troisième possède les capacités pour ressembler à Iniesta. En étant le capitaine de la Mannschaft à la Coupe des confédérations, Draxler a su passer un cap, et moins se cacher parfois sur le terrain – son défaut majeur. Elu meilleur joueur de la compétition déroulée en Russie, l’Allemand à la technique délicieuse pourrait profiter du fait de toucher plus de ballons au cœur du jeu, et Emery va devoir prendre exemple sur Guardiola, qui a su transformer beaucoup de joueurs au cours de leur carrière. Prometteur lors de chacune de ses entrées en jeu, Lo Celso pourrait aussi avoir son mot à dire, à moins que Thomas Meunier ne crée la surprise. Le Belge est un titulaire en puissance, et qui sait si le repositionnement de Fabinho au milieu pourrait donner des envies au coach du PSG. D’autant qu’Alec Georgen, le jeune arrière droit formé au club, bénéficie d’une cote élevée en interne, et qu’une progression dans une équipe forte peut être plus rapide qu’on ne le croit.

Une chose est certaine : le rôle d’Unai Emery sera primordial cette saison dans la réussite du Paris Saint-Germain. A lui de savoir être souple, créatif et surtout décisif dans les moments qui vont compter. Il n’y en aura pas beaucoup ? C’est la difficulté du challenge.