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La dernière ligne droite

A J-9 du quart de finale, les certitudes se font rares pour le PSG. Mais après quatre mois d’arrêt, il ne pouvait pas en être autrement. Le mental devra donc compenser les manques. Paris est-il armé ?

On attendait les deux premiers matchs officiels d’après Covid pour voir. Voir du football, évidemment, mais voir aussi dans quel état était le PSG. Et comme prévu, ce fut difficile. On avait évoqué cela dans de précédents papiers sur la préparation, et il est donc logique que certains joueurs aient manqué de fraicheur, de jambes, de jus.

Face à l’OL et Saint-Etienne, dans deux contextes différents, on a vu des choses inquiétantes. Mais entre les joueurs qui ne jouent pas à leur poste (Kurzawa, Marquinhos), ceux qui sont à court de forme (Di Maria, Icardi) et ceux qui déçoivent (Gueye), ça fait quand même beaucoup.

Vendredi, face à l’OL, Thomas Tuchel nous a encore surpris : retour de Marquinhos au milieu, positionnement de Kurzawa comme latéral droit.

La nouvelle tentative de relancer le Brésilien au milieu de terrain ne fut pas une réussite. Marquinhos apporte son agressivité, mais pour jouer, sortir des pressings, c’est trop compliqué pour lui. Et si Paris veut s’en sortir contre l’Atalanta, il ne pourra pas se reposer sur le seul Verratti. Si les Italiens réussissent à bloquer le petit hibou, le PSG n’aura alors pratiquement aucune autre solution pour contrer le pressing italien..

Ce qui interroge, c’est pourquoi avoir autant de milieu si c’est pour faire jouer Marquinhos à ce poste ? Herrera a trop souvent été blessé, mais il semble en forme pour cette reprise, pourquoi ne pas le faire jouer un peu plus ? Paredes a réalisé un très bon match contre Dortmund et une finale correcte et il a l’agressivité nécessaire à ce poste, en plus d’un très bon jeu long. On pourrait même se demander s’il n’est pas le joueur le plus Verratti compatible ?

Concernant Kurzawa, le coach ne l’a pas aidé en le positionnant comme latéral droit. On le sait, les gauchers ont un style particulier et ils utilisent très peu leur pied droit. Contre l’OL, on a vu l’international français avoir du mal à se positionner pour recevoir le ballon, à se mettre en position de centre, mais aussi à positionner son corps pour défendre.

Des méformes inquiétantes ?

Au-delà des aspects tactiques, la forme de certains joueurs fait peur. Di Maria, par exemple, semblait complètement épuisé dès le début du match, incapable d’accélérer, de changer de rythme. Comme face à Saint-Etienne, sur quelques contres, il n’a pas eu les jambes pour prendre le dessus sur son vis-à-vis.

Avec lui, Icardi a été transparent. Lui-aussi a semblé manquer de jambes, mais pas que. L’Argentin est un finisseur. Il ne sera jugé que sur ses buts. Pour ceux qui attendent de lui qu’il fasse du Cavani, c’est-à-dire défendre, multiplier les courses, dézoner, ce n’est pas du tout ce type de joueur. Et comme, autour de lui, Mbappé est blessé, Di Maria n’est pas prêt, que Neymar joue plus à l’intérieur du jeu, et que les latéraux ne centrent pas, ça va être très compliqué d’exister.

Pourquoi Sarabia n’a pas débuté ? Pourquoi ChoupoMoting ou Draxler n’ont pas été utilisés une seule minute lors des deux finales ? Que se passe-t-il avec Bernat ?

Le PSG est normalement programmé pour arriver en forme à Lisbonne le 12 août et s’est servi des deux finales comme préparation pour emmagasiner du temps de jeu. On espère juste que le programme sera respecté.

Dix jours de récupération pour l’Atalanta

En face, l’Atalanta va bénéficier de dix jours de récupération après avoir terminé officiellement la série A samedi soir, sur une défaite face à l’Inter, mais sur une très belle 3ème place. Les Italiens finissent, de très loin, meilleure attaque avec 98 buts inscrits, même s’ils ont semblé marqué le pas lors des dernières journées.

Les Bergamasques ont un avantage sur le PSG : ils ont joué 12 matchs officiels depuis la reprise. Ils savent donc ce qu’ils sont capables de produire en terme de jeu, d’effort, de pressing.

En revanche, ils ont semblé se gérer depuis qu’ils ont validé leur qualification pour la prochaine Ligue des champions. Quand tu te gères, tu perds en qualité. C’est un peu comme l’athlète qui se prépare pour un 10km et qui veut le courir en 35 minutes. Il s’entraine pour cela, mais si, à deux semaines de la course, il lève le pied pensant se gérer, il n’atteindra pas son objectif. Rappelons-nous le nombre de fois où le PSG a perdu des rencontres les semaines durant lesquelles il n’avait qu’une seule rencontre à jouer. La vraie question est : les Italiens ont-ils géré ou sont-ils à bout physiquement ?

Enfin, l’Atalanta, l’invité surprise de ces quarts de finale par rapport à son histoire, ne semble penser qu’au PSG depuis trois semaines. On le sait, jouer le match trop tôt, dans sa tête, c’est aussi et souvent un problème. On perd de la concentration et on gagne en nervosité à force de s’imaginer des actions, des buts.

Le mental sera déterminant

Finalement, peut-être plus encore que d’habitude, le mental devrait être déterminant. Entre une équipe pas (encore) prête et sans certitudes mais avec de grands joueurs et une histoire européenne, et une autre sans passé mais avec une progression sur les dernières saisons et un style de jeu identifié, c’est dans la tête que tout va se jouer. En tout cas, le club de la capitale a remporté les deux finales des coupes nationales et moralement, c’est toujours un plus.

Paris va jouer une dernière rencontre amicale, face à Sochaux, au Parc des Princes, mercredi à 19H (Bein 1), à 7 jours pile avant son quart de finale. Préparer l’Atalanta, peaufiner la préparation physique, donner du temps de jeu à certains joueurs ? Sûrement un peu tout ça à la fois. Mais on aura le temps d’y revenir.

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