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Un groupe de la mort pour renaître

Les fêtes de fin dannée approchent. Si une seule phrase devait sortir de linconscient collectif des supporters du Paris Saint-Germain, ce serait « Ouf ! ». Du moins, le temps de la trêve hivernale. Le vrai combat reste à venir, malgré ce « groupe de la mort » dans lequel était le Paris Saint-Germain. Cette première place est-elle le fruit dun miracle ?

 

Le 30 août 2018, le groupe C a été dévoilé pour les phases de poules de la Ligue des Champions 2018–2019 : Paris Saint-Germain, Liverpool FC, SSC Napoli et l’Étoile rouge de Belgrade. Ce groupe annoncé comme un « groupe de la mort » qui, sur le papier, semblait plutôt équilibré. Nous avions un PSG refait à neuf avec un nouveau coach, un Liverpool FC finaliste de Ligue des Champions 2017–2018, un Napoli avec un mental d’acier et une étoile rouge dite « imprenable » à domicile.

A la fin de la phase aller, le constat était le suivant : il fallait à tout prix se ressaisir, et vite. Les hommes de Thomas Tuchel devaient se mettre en tête l’enjeu des trois derniers matches : au mieux l’Europa League, au pire l’élimination. Ni l’un ni l’autre n’était une option, il fallait absolument finir au minimum deuxième du groupe. Ce n’était pas gagné d’avance et pourtant ils l’ont fait : le PSG a fini premier de sa poule en battant Belgrade quatre buts à un dans « l’enfer de la Marakana ».

 

Une phase aller inquiétante

La premier match à Anfield n’a été vraiment bon que du côté des supporters. La presse anglaise a d’ailleurs fait l’éloge du Collectif Ultras Paris, qui a su réaliser une prestation incroyable sur les bords de la Mersey. Concernant les hommes de Thomas Tuchel, le bilan est un peu plus mitigé. La prestation n’était pas à la hauteur du résultat de 3 – 2 pour Liverpool. Le score du Paris Saint-Germain en lui-même n’est pas « catastrophique » en soi, au vu du calibre de l’adversaire, mais ils ne sont jamais vraiment rentrés dans le match : il a fallu moins de cinq minutes aux Reds pour mettre les parisiens en déroute. Résultat : deux buts en 6 minutes à partir de la 30ème. Le match s’est terminé sur un but de Roberto Firmino dans le temps additionnel, qui a sapé tout espoir de ramener au moins un point à la maison. Le score de 3 – 2 a pu minimiser l’impact. Ce fut une erreur.

Ensuite, réception des joueurs de Vladan Milojević au Parc des Princes. Cette fois, le PSG a pu amortir l’échec avec un 6 – 1. C’est donc sans trembler que le club de la capitale a écrasé l’Étoile rouge. Le plaisir n’aura été que de courte durée au vu de l’ampleur qu’a pris l’affaire des soupçons de match truqué. Enfin, la réception des napolitains, qui s’est soldée par un 2 –2. Un match qui aurait pu être bien plus lourd de conséquences sans l’intervention de génie d’Ángel Di María à la 93ème, sauvant les Rouge et Bleu d’une défaite à domicile.

Au niveau comptable, le PSG s’en sort avec 4 points à l’issue de la 3ème journée. Le mental et l’envie de l’équipe n’y étaient pas. Thomas Tuchel quant à lui était furieux de ces résultats. Ces échecs ne sont pas sans rappeler les précédentes éliminations. Le manque d’envie et d’esprit collectif s’est fait ressentir tout au long de cette phase aller.

 

et finalement, ça va mieux

Il aura fallu attendre le match retour à Naples, un peu moins de deux semaines plus tard, pour voir le Paris Saint-Germain réaliser une belle prestation. Le résultat de 1 – 1 sur la pelouse italienne traduit cette fois un match plutôt équilibré : les parisiens ont enfin retenu la leçon et réalisé un bon match. A leur décharge, le SSC Napoli est une équipe très difficile à battre à domicile. Mais Paris méritait mieux cette fois-ci, avec Juan Bernat en héros. Deux choses regrettables sur ce match : le pénalty concédé sur une erreur de Thiago Silva et le pénalty oublié pour Juan Bernat. Paris a ramené un point, mais était loin d’être sauvé. Le coach allemand n’a pas hésité à exprimer sa colère lors des séances vidéos d’après match. Il a reproché à certains joueurs de « ne pas avoir du tout respecté les consignes ». Le capitaine brésilien a lui aussi exprimé son agacement quant au manque de rigueur tactique dont son équipe a fait preuve. Il fallait absolument faire la différence sur le prochain match ou c’était l’élimination assurée. Le discours du coach et du capitaine semble avoir été clair.

Vient alors le second match. Et quel match ! Paris a fait plier Liverpool dans son jardin. Cela n’a pas été fait sans mal mais le match était vraiment intense et avec une belle victoire au bout. Loin d’être parfait, mais de très bonnes choses en sont ressorties, notamment sur le pressing. Nous en parlions déjà avant le match, mais dès le départ Thomas Tuchel a donné des instructions claires à ses joueurs. Une rigueur qui ne s’est jamais vue auparavant mais qui a fini par payer : le coach a su communiquer son envie à tout le vestiaire et pour preuve, il n’y avait quasiment pas de mise en place tactique à faire.

Un match qui restera longtemps dans les annales du club en Ligue des Champions. Le mental sur ce match s’est traduit par le football : les joueurs ont enfin pris conscience de l’ampleur de ce match. Non pas qu’ils n’en n’ont jamais eu conscience mais pour la première fois depuis au moins le match PSG – Barça du 14 février 2017, Paris a su trouver le mental qu’il fallait pour faire tomber une grande équipe européenne.

 

11/12/2018 : FKCZ – PSG, 1 – 4, la libération

Il fallait que Paris puisse passer les phases de poules. Tout dépendait donc du résultat à Belgrade : il fallait absolument gagner ce match. C’est la raison pour laquelle, à l’instar du match retour contre Liverpool, le coach allemand se devait de préparer ce dernier match de manière très méticuleuse. Preuve de la rigueur et l’exigence du coach : après le match aller à Anfield, Thomas Tuchel a signifié que « c’était la dernière fois quils (le trio d’attaque, ndlr) [feraient] preuve daussi peu de rigueur défensive ». Cela était ensuite accompagné d’une importante préparation physique lors de la dernière trêve internationale ainsi que de longues séances vidéos, pour leur montrer de quoi est capable leur prochain adversaire.

Le club de l’Étoile rouge bénéficie d’un stade avec une ambiance extraordinaire qu’aucun club en Ligue 1 ne peut espérer au moins égaler. Aucun coach au monde ne dira que le SSC Napoli et – encore moins – le Liverpool FC sont de mauvaises équipes. Chacune possède ses qualités et la raison principale du nul de Naples et de la défaite des Reds est loin d’être dûe à une différence de niveau. Que reste-t-il comme explication ? La pression des Ultras de Belgrade entre autres.

Évidemment, le club de l’Étoile rouge a un niveau bien inférieur à celui du PSG (même inférieur à celui de Naples et Liverpool). Mais tout comme de nombreux clubs d’Europe de l’Est, c’est un jeu très collectif, où la moindre erreur peut-être décisive. Malgré une pression très intense et une ambiance si particulière, une ferveur qui dépasse l’entendement, les joueurs de Thomas Tuchel ont su garder leur calme et leur sang-froid. On ne peut pas minimiser ce match, même si Paris était clairement au-dessus d’un point de vue technique. Ce qui importe, c’est ce qui a été mis en place, la manière dont le pressing a été fait, le travail défensif des attaquants etc …

Au-delà d’un score logique et mérité, le PSG est finalement passé premier du groupe C.

 

Un bilan de ce début de saison en Champions League

S’il faut retenir une chose de ce « groupe de la mort », c’est le fait que Paris en est sorti grandi, plus fort. L’équipe ne s’est pas renforcée techniquement parlant, mais mentalement. C’est ce qui fait défaut à Paris depuis plusieurs années en Ligue des Champions. Il y a une forte corrélation entre les résultats sur le terrain et l’état d’esprit.

Pour la première fois de l’ère QSI, nous assistons à la renaissance d’une équipe chez les Rouge et Bleu. Thomas Tuchel a réussi là où Laurent Blanc et Unai Emery ont échoué : se faire écouter dans le vestiaire. Cette évolution ne s’est pas faite d’elle-même : le tacticien allemand, depuis son arrivée à Paris, expérimente sans cesse des systèmes de jeu différents, fait régulièrement tourner l’effectif et redonne une confiance aux joueurs oubliés. La rigueur et la dureté de lancien coach de Dortmund n’ont d’égal que sa proximité avec les joueurs. La cohésion de groupe est désormais bien réelle, Neymar Jr lui-même confie en privé qu’il est vraiment heureux de jouer à Paris et qu’il compte bien faire avancer l’équipe au plus haut niveau.

En d’autres termes, trois mois et un « groupe de la mort » ont suffi au coach allemand pour rebâtir une équipe laissée désavouée et au dépourvu au moment du départ d’Unai Emery en mai 2018. Cela faisait bien trop longtemps que les supporters parisiens ainsi que le club attendaient un tel moment. La venue providentielle du tacticien allemand transportera-t-elle l’équipe au plus haut niveau cette année ? Le temps nous répondra. En attendant, place à la trêve hivernale qui couvre le vrai défi de cette saison : les huitièmes de finale. Assistera-t-on à des démonstrations « Deutsche Qualität » face aux cadors Européens ?

Ce qui est sûr pour le moment, cest que Thomas Tuchel a réussi son pari. Ce nest pas dun coach avec un palmarès long comme le bras dont Paris avait besoin, mais dun leader capable dimposer son autorité dans un vestiaire de stars.

 

Loukman

Crédits photos : europe1.fr, ouest-france.fr

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