Résumé de match

Paris ne méritait pas mieux…

Dominé et malmené, le PSG n’est pas passé loin de ramener un point d’Anfield Road ce mardi. Mais Roberto Firmino a marqué dans le temps additionnel et brisé les derniers espoirs parisiens (3-2)

 

Pour sa reprise en Ligue des Champions, le Paris SG se frottait au très gros morceau de sa poule et dernier finaliste de la compétition, Liverpool. Un premier test européen pour Thomas Tuchel face à son mentor Jürgen Klopp, qui se voyait privé de Marco Verratti et Gianluigi Buffon, suspendus. Une rencontre qui n’a pas tardé à tenir ses promesses puisque dès les premières minutes, l’intensité était au rendez-vous. L’énorme pressing habituel des Reds se mettait en place rapidement et poussait les Parisiens à se retrancher dans leur camp.

Au bout de cinq minutes de jeu, les champions de France en titre étaient déjà acculés et subissaient les attaques foudroyantes de la bande à Mohamed Salah. Heureusement, le club de la capitale pouvait compter sur son gardien international français pour ne pas céder dans la tempête : la frappe de Virgil van Dijk (6′) et le tir de James Milner (8′) obligeaient Alphonse Areola à la parade.

Après une période sous oxygène, Paris sortait enfin de sa moitié de terrain et mettait en difficulté l’actuel deuxième du championnat anglais : Neymar, sur un bel enchaînement, sollicitait pour la première fois Alisson (15′).

Seulement, c’est au moment où le club de la capitale commençait à sortir la tête de l’eau que Liverpool ouvrait le score par Daniel Sturridge : après un centre venu de la droite renvoyé dans le paquet par Andrew Robertson, l’attaquant anglais, étrangement seul dans la surface, avait tout le loisir de placer une tête imparable (30′, 1-0). Et pour arranger les choses, Juan Bernat provoquait un penalty en fauchant Georginio Wijnaldum. Penalty sans contestation indiqué par l’arbitre turc Süneyt Cakir. James Milner ne manquait pas l’occasion et battait Areola, pourtant parti du bon côté (2-0, 36′). En six minutes, la formation de Klopp faisait complètement valser celle de son homologue allemand Tuchel, désorganisée et sans ressources. À l’image de Neymar, qui voulait faire la différence seul et s’entêtait dans des choix loin d’être judicieux.

Il fallait un ballon mal repoussé dans la surface par Andrew Robertson pour que Paris réduise l’écart avant la pause : sur un centre d’Angel Di Maria, le défenseur anglais de 24 ans voyait le cuir rebondir sur lui avant que Thomas Meunier n’en profite pour placer une volée limpide (2-1, 40′).

À la pause, le club français pouvait souffler de n’avoir qu’un but de retard.

 

L’égalisation au forceps, puis Firmino…

 

Les locaux reprenaient le second acte sur le même rythme et monopolisaient le ballon. Salah croyait donner un plus grand avantage aux siens mais son but était annulé pour une faute évidente : un essuyage de crampons en règle de Sturridge sur Areola, juste avant que l’Egyptien ne pousse le ballon au fond des filets (58′). Liverpool, bien au courant du faible travail de sape de Neymar et Mbappé, insistait sur les côtés. Que ce soit Robertson ou Trent Alexander-Arnold, les deux latéraux anglais profitaient des boulevards pour abonder la surface parisienne en centres. Sur l’un deux, Van Dijk remettait de la tête pour Salah qui ratait l’offrande (72′).

Côté parisien, on essayait tant bien que mal de ressortir les ballons pour s’extraire du déferlement rouge. Adrien Rabiot tentait de sonner la charge par plusieurs prises de balle, mais le « Duc » se retrouvait vite sans solutions. Une équipe coupée en deux, un lien rompu entre le milieu et l’attaque : Paris n’a jamais réussi à construire et proposer du jeu, étouffé par l’impact et la qualité des Reds. Les maux du PSG version LDC ressurgissaient à nouveau ce soir : son manque de caractère dans les grands rendez-vous, ainsi que sa faculté à déjouer loin de ses terres lorsque son adversaire y met l’engagement. Un Marco Verratti, maestro dans la maîtrise et l’accélération du jeu, aurait sûrement été précieux dans la machine à laver anglaise.

Il fallait à ce moment précis que le talent de ses stars s’expriment pour revenir dans le coup. Neymar, brouillon depuis le début de la rencontre, sortait enfin une action que les 2500 supporters parisiens présents au stade auraient voulu admirer plus souvent : une perforation plein axe pour servir dans le bon tempo son compère Mbappé. Contre le cours du jeu, Le PSG égalisait grâce à ses deux étoiles (2-2, 83′).

Comme si les Parisiens ne pouvaient échapper à la punition d’un match raté, ce sont les Reds qui avaient le dernier mot par Roberto Firmino, remplaçant au coup d’envoi dû à un coup reçu à l’oeil samedi contre Tottenham. L’attaquant brésilien de 26 ans se jouait dans la surface de Marquinhos avant d’envoyer une frappe croisée rageuse, sur le gong (3-2, 90+1′). Anfield Road rugissait. Le PSG, s’il a failli braquer la banque en ramenant un point à la maison, était assommé.

Pour les hommes de Thomas Tuchel, peu inspirés et perdus tactiquement ce mardi, la victoire sera essentielle à domicile contre l’Étoile rouge de Belgrade pour ne pas être distancés dans la course aux 8es de finale. Son unique bonheur de la soirée, le nul de Naples face au club serbe. Il faut parfois savoir se contenter de ce que l’on a.

@HugoCappelaere

 

Les notes des joueurs :

 

Areola (6) : Le meilleur parisien en première période avec pas moins de cinq arrêts dans les dix premières minutes. Malheureux, il ne peut rien sur les trois buts de Liverpool.

Meunier (4) : En difficulté face à la paire Robertson-Mané, il a souvent été en retard dans ses interventions. Il n’a pas été aidé par son partenaire de couloir Mbappé. Il a eu le mérite de remettre Paris dans la course d’une reprise du gauche opportuniste (40′).

Thiago Silva (6) : Impérial sur plusieurs interceptions comme face à Mané (19′), et pompier de service dans d’autres situations chaudes, il n’est pas exempt de tout reproche sur le premier but où son placement laisse à désirer.

                                               crédit : AFP


Kimpembe (6)
 : Tranchant défensivement, le néo-champion du monde a colmaté les brèches pendant les assauts répétés des Reds . L’un des meilleurs parisiens ce soir.

Bernat (2) : Pour son premier match en C1 avec ses nouvelles couleurs, il a été à la rue défensivement. Les dribbles de Salah et les centres à répétition d’Alexander-Arnold lui ont fait tourné la tête. Il commet la faute sur Wijnaldum qui coûte le penalty (34e).

Marquinhos (3) : Positionné au milieu en pointe basse, il a gratté quelques ballons mais a rapidement été submergé par l’intensité du milieu adverse. Limité dans l’impact athlétique et baladé par Firmino sur le dernier but.

Rabiot (4) : Dans la tempête, il a été le seul à tenter de ressortir les ballons proprement. A beaucoup couru pour compenser les absences de repli défensif de ses partenaires de devant. Bien trop seul au milieu.

Di Maria (3) : Positionné en milieu relayeur, il a peiné à exister. En manque de repères, il a paru étouffé par l’intensité. Son seul fait d’arme est d’avoir adressé le centre décisif pour le but de Meunier. Remplacé par Choupo-Moting (80e).

Neymar (3) : Redescendu souvent bas pour chercher des ballons en première période, l’ancien de Santos s’est enfermé dans des choix individuelles plutôt que de privilégier les solutions collectives. Une action de classe et une passe décisive, c’est bien trop peu pour un joueur de son talent.

Mbappé (4) : Ses éclairs ont été trop rares. Souvent pris par deux joueurs, il a peiné à sortir du marquage. Buteur et égalisateur, mais coupable de perdre le ballon aux abords de la surface sur le but de Firmino.

Cavani (3) : L’attaquant uruguayen a beaucoup couru et défendu, sans avoir une seule occasion à se mettre sous la dent. Remplacé par Draxler (80e), intéressant, qui a bien failli marquer sur un contre (87′).

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